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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /Sep /2009 07:34
- Publié dans : Ethnologie sportive - Communauté : Les chroniques de la meute
Une belle collection de griefs …
À qui vous savez …


    Un cri qui vient du fond du cœur a toujours de bonnes raisons pour surgir d'une bouche pleine de rancœur ou de courroux ! Hélas, dans notre belle Principauté d'Ovalie, il y a parfois dans nos clubs un être d'exception  qui mérite cette exclamation lapidaire : « Pauvre Type ! »

    À l'entraînement, il est le champion du monde de la spécialité. Celui qui sort des limites imposées pour accorder à ses partenaires des plaquages dévastateurs qu'il ne reproduira, d'ailleurs, jamais en match. Il mérite ce qualificatif justifié.

    Au rendez-vous matinal, notre homme est le spécialiste du retard redondant. Un coup de téléphone pour annoncer un problème forcément imprévisible. La régularité des contre-temps exaspère tous ceux pour qui la ponctualité est la règle mais personne n'ose l'accueillir de cette apostrophe méritée.

    Au vestiaire, notre homme pille la pharmacie. Il se sert en abondance et ne range jamais rien. Il se place au dessus des autres qui intérieurement lui attribuent cette agréable remarque.

    Pendant le match, d'un amas de joueurs, un désaccord survient qui devient éruption. De la confusion, quelques moulinets ponctuent la colère des hommes et notre fourbe, sournoisement, assène le coup de trop du pied opposé à celui qui lui servira à s'enfuir. Que lui dire d'autre ?
     Le match tire à sa fin. Notre vilain canard a quitté prématurément ses camarades. Il ne les attend pas et se réfugie sous  la douche pour cacher son mécontentement. Il se prélasse longuement sous le filet récupérateur pour priver  les siens de leur part d'eau chaude. Cette réflexion lui va comme un gant.
    Il se dépêche alors pour se rendre à la réception. Il s'empresse de dévorer tout ce qui passe sous sa dent non partageuse et se soucie fort peu de ne laisser que des miettes aux lambins du vestiaire. Que lui dire qui puisse éclairer son comportement ?

    Au comptoir, il se fait le spécialiste des abords de la pompe à bière. Il tient des propos généreux sur son apport sur le terrain et n'oublie jamais de s'en retourner au car avec un verre pour trophée pris à des hôtes qu'il ne respecte guère. L'insulte lui sied à ravir.

    Dehors le car klaxonne. Il est encore à pérorer. Il se soucie comme d'une guigne de ceux qui travailleront de bonne heure le lendemain. Il prend le seul temps qui a de l'importance à ses yeux ; le sien. Il ne partira précipitamment que parce qu'il oublie systématiquement de payer son dernier verre.

    Notre homme est enfin dans le car, ses exploits n'en sont pas pour autant achevés. Il méprise la loi Evin et se permet de griller quelques cibiches au fond, en prétendant naturellement qu'on ne s'arrête pas assez et qu'on ne le respecte pas. Il a toutes les audaces ce Pauvre Type exemplaire.

    La semaine, notre modèle vivant du mauvais goût et de l'égoïsme trouve le moindre prétexte pour oublier de se rendre à l'entraînement. Il se permet l'absence et refuse les convenances. Il n'avertit pas plus qu'il ne s'excuse pour respecter sa belle réputation.

    Le vendredi soir à l'annonce du groupe, il fait la gueule, se permet des commentaires désagréables et proteste contre sa mise à l'écart qui n'est injustifié qu'à ses yeux. Il se permet alors d'attribuer à son entraîneur, ce joli compliment qui lui appartient en toutes circonstances.
    Quand ses camarades se retrouvent pour un pot offert par l'un des leurs, il n'oublie jamais d'être de la fête. L'anniversaire à souhaiter, la naissance à célébrer, la promotion à arroser sont des passages obligés qu'il ne peut respecter, malheureusement, à cause d'impondérables imprévus et pourtant si prévisibles. Il ne se doute pas qu'il ne trompe plus personne et qu'on lui renvoie son éternel épithète dés qu'il a le dos tourné.

    Ce garçon détestable n'existe pas que dans les propos rancuniers d'un observateur de l'homorugbystus. Même s'il fait tache dans notre sport, il existe et j'en ai rencontré quelques uns tout au long  de ma carrière. Il est réfractaire aux codes communs, aux principes élémentaires de la vie sociale. Il accorde tant d'importance à sa petite personne, à son petit confort, à ses grands caprices qu'il est aveugle aux autres et sourd à cette exclamation qui l'accompagne comme son ombre : « Pauvre type ! ».
   
    Exemplairement vôtre.
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