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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Nourrisseur plus que restaurateur !

Gavage pour les cochons de touristes …


Hélas, il y a 30 ans, jour pour jour, la voie fut ouverte par le premier
restaurant rapide d'iinspiration américaine qui s'installa en France.
Depuis, l'insipide s'est généralisé et la vraie gastronomie
est l'exclusivité des gros budgets.


    Étonnants Basques et autres peuples des zones touristiques de notre étrange pays qui respectent tant leur lointain passé d'éleveur qui l'appliquent sans  vergogne à la restauration estivale et néanmoins locale.

    La corne d'abondance gonfle plus leurs toques suffisantes que le front glorieux des traditions culinaires régionales. Tout n'est qu'apparence dans ce monde factice. Des lampions multicolores clignotent sur des façades fleuries. Le futur client y perçoit un signe de bienvenue alors que c'est sa future détresse qui s'inscrit en lettres de feu !
   
    Un menu agrémenté de quelques noms locaux vient semer la confusion dans son esprit alangui par son inactivité réparatrice. Ils ne sont malheureusement que prétextes à berner le gogo. Le local est identique du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest de ce pays qui se Mac Dolalise.

    La terrasse ouvre ses courants d'air pour accentuer l'effet « vacances ». Notre touriste affamé se doit de prendre l'air. Ça lui épargnera bien des effluves douteuses qui s'entrechoquent bien plus qu'elles ne se mêlent harmonieusement.

    La convivialité est maîtresse de ce cérémonial à la petite semaine. La bonne franquette cache l'incompétence dans le déplaisir manifeste de cohabitations insupportables. Les péroraisons du tribun de la tablée voisine s'affrontent aux innombrables sonneries numériques et aux niaiseries téléphoniques qui les suivent. La musique nécessairement de fond annonce déjà la guimauve qui sera au plat du jour.

    Un service jeune et nerveux. Deux qualités liées à l'âge d'un personnel absolument pas professionnel en parfaite adéquation avec l'équipe installée derrière ce qui leur tient lieu de fourneaux. Au pauvre assoiffé qui commande une bouteille, on pose un vin douteux sur la table sans prendre le temps de lui proposer une vérification gustative.

    Qu'importe, ici, point de millésimes ni de préoccupations œnologiques. Le vin n'est qu'une boisson de plus dans ces abreuvoirs d'occasion qui voient déjà la bière prendre la première place sur les tables des clients. Ils ont sans doute compris qu'elle leur apportera ce rôt réparateur qui facilitera une digestion qui s'annonce difficile.

    La commande est prise avec professionnalisme. On n'oublie pas de vous demander la couleur de votre steak. C'est bien la seule concession au lexique gastronomique? Mais il y a si loin du terme à la réalité qu'on pardonnera cette fausse note évidente.

    Il faut bien reconnaître que la viande rouge trône dans ce monde du rapide et du précipité. Curieusement, elle a pris son temps pour venir d'Argentine. Nos éleveurs apprécieront cette marque de solidarité dans une indifférence quasi générale.

    Les maraîchers ne sont pas mieux lotis par cette alimentation estivale. Les légumes ont disparu des assiettes et des suggestions de chefs qui ignorent tout de l'art d'associer l'animal au végétal. La pomme de terre sous sa forme moderne de la potatoes surgelée règne en maîtresse absolue du mauvais goût et de l'odeur nauséeuse.

     C'est malheureusement la seule note olfactive repérable en ces lieux où le plaisir des sens est réduit à peau de chagrin. Pour l'extraterrestre qui demande s'il y a un accompagnement différent, une alternative comestible à ce succédané de la patate d'autrefois, un livreur étonné suggère des pâtes ou du riz et ne comprend pas le regard navré du délicat !

    La suite sera du même tonneau pour les malheureux qui n'ont plus d'autre choix que de jeûner ou de subir. Le pain est d'une tristesse à pleurer. La croûte est molle, la saveur absente, la mie trop blanche, …
Avec un peu de patience, le client eut pu se voir gaver d'un pain congelé. Les boulangers aussi se retrouvent le bec dans la farine.

    Les desserts expriment à eux seuls la formidable diversité de nos campagnes. Pardon, c'était du temps où ils suivaient un plateau des fromages de nos Provinces et qu'ils poursuivaient ce tour de France de l'originalité et des saveurs. Tout cela est aboli par ces marchands qui ne proposent pas même une soupe !


          Frugalement vôtre.

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audrey 17/09/2009 20:41

Merci beaucoup de cette analyse, en effet, je ne comprenais pas pourquoi on mangais si mal même dans une auberge.
La recherche de productivité et de rapidité est vraiment navrante, plat fait rapidement, accueil trés sommaire voire froid, mais service plutot longué (nous avons une petite de 2 ans donc nous sommes un peu moins patient qu'avant mais je ne pense pas que nous éxagérons (30 min sans un regard = aurevoir)

BR 18/09/2009 07:22


N'hésitez pas à quitter ces tables de gavage où le client n'est qu'un numéro, où la boffe est toute préparée dans des sacs de congélation, où le micro onde a suppléé le piano.

Si vous passez dans le coin, je connais une bonne table : chez moi !
Tous les produits viennent du marché.