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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /Sep /2009 07:08
- Publié dans : Carton rouge

Arrêt image ou arrêt de mort ?

    Toulon reste en rade et son président, spécialiste de la bande dessinée se prend les pieds dans les câbles des caméras de Canal Plus. La faute à des arbitres vidéo qui introduisent le subjectif et la faillibilité humaine là on l'on croyait que la technologie triomphante allait installer définitivement l'objectivité et l'infaillibilité.

    Le Rugby a suivi son petit frère jeu à XIII en s'offrant le luxe de l'arbitrage vidéo pour son championnat élite. Là, où le football recule pour ne pas perdre l'universalité de ses règles, le rugby segmente, différencie et taille un règlement sur mesure à chaque contexte. Deux idées du sport se jouent dans cette bataille qui n'est pas simplement celle des anciens et des modernes, de la technologie face aux limites de l'homme.

    Il y a bien sûr quelques nuances et commentaires à apporter à ce débat qui a accaparé les spécialistes et les journaux sportifs.

    D'une part, le jeu à XIII a beau avoir la couleur du Rugby, la forme du Rugby et le goût du Rugby, il n'en demeure pas moins qu'il porte des différences essentielles qui facilitent grandement la possibilité de l'œilleton vidéo. L'absence des phases collectives clarifie et supprime ces tas obscurs d'où nulle vérité n'éclate sur le grand écran.

    D'autre part, la croyance magique dans le pouvoir du progrès emprisonne plus qu'elle ne libère celui qui sollicite le jugement numérique. Il se dissimule devant un outil qui a perdu son statut d'auxiliaire de l'homme pour s'imposer comme supplétif absolu. Ainsi, le doute ou l'erreur sont évacués du champ des possibles et la bataille fait rage quand le soupçon apparaît !

    Les arbitres, à l'image de notre société gouvernée par le principe de précaution, se couvrent, se protègent, s'exonèrent. Ils récusent tout risque d'erreur en ne prenant plus la moindre décision. Ils délèguent à d'autres, cachés dans le secret d'un vestiaire, cette lourde tâche de trancher.

    Le pauvre Saint Louis de l'écran ne dispose ni de la formation, ni des compétences techniques pour appréhender les limites de l'outil qu'il sollicite. De plus, il se trouve confronté à la nécessité d'interpréter, lui qui ne pensait qu'observer une vérité révélée. Le coup est terrible et personne n'avait osé imaginer pareille intrusion du doute dans ce domaine.

    De bonne foi, en cherchant à juger ces cas limites, un groupe d'individus va se scinder en deux opinions différentes. Personne ne voit tout à fait la même chose ou n'interprète les images de la même manière.

    Alors, redonnons à la vidéo sa place, si celle-ci demeure confirmée par nos instances législatives de ce jeu. C'est un autre point de vue qui ne devrait être utilisé que par le seul arbitre de champ à qui on a confié la lourde mais humaine responsabilité de diriger une rencontre. Dans un cas évident d'incertitude, il ferait appel aux images sans confier la responsabilité de trancher à un tiers.

    Quand on est responsable, on l'assume jusqu'au bout tout en se donnant aussi la possibilité de ne pas savoir. Le doute doit être intégré au protocole et annoncé comme tel. Même si les enjeux sont considérables, les sports demeurent des jeux  et la part de l'aléatoire donne sa noblesse à ces activités qui ne sont et ne seront jamais des sciences exactes. Dieu merci !

    Que monsieur Boudjellal se rassure, la roue de son infortune va finir par tourner, et, tôt ou tard, d'autres que lui se retrouveront dindons de cette mascarade. Les mirages ne se multiplient pas plus que les miracles.

    Objectivement vôtre.
   
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