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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /Sep /2009 07:51
- Publié dans : Fable - Communauté : Les rugbymens
Le midi olympique.

    Il est un temps pas si lointain où une fracture séparait le peuple du rugby dans d'en bas de celui d'en haut. Les premiers lisaient leur Jaune le lundi tandis que les autres, l'espéraient le mardi. Depuis, les messageries ont effacé une frontière qui ne parvient pas à disparaître dans la réalité de ce merveilleux sport.

    Il fut longtemps hebdomadaire et le passionné avait une relation exclusive à ce journal qui était le seul à lui parler du sport qu'il pratiquait. En tout cas, c'était l'impression que nous avions au delà de ce Fleuve Liger qui constitue dans l'imaginaire ovale, la frontière extrême.

    Chacun y cherchait son bonheur. Les expatriés allaient retrouver leur jeunesse, prenaient des nouvelles des veinards qui étaient restés au pays grâce à la balle ovale ou au piston d'un tonton. Les voyageurs de l'autre sens : Bretons perdus en Alsace ou Lorrains égarés en Charente s'enquéraient tout autant des amis d'antan. Les improbables sans accent, ceux qui avaient croisé par hasard ce virus aux rebonds si complexes, se donnaient l'air de rentrer dans la famille !

    Lire le Jaune, c'est un signe tribal qui autorise des rencontres, permet de lier la conversation autour d'un zinc de circonstance. Il indique tout autant qu'un œil tuméfié, l'appartenance à cette confrérie si peu discrète, jamais secrète, toujours exubérante des joyeux manieurs de la bechigue !

    Lire le jaune, c'est se démarquer des lecteurs de l'Équipe, immanquablement adorateurs du ballon rond, inévitablement premiers en tout lieu et surtout en tête de rubrique. Les pousse- citrouilles se sentent seuls au monde et l'existence d'un journal sportif qui ne parlent pas d'eux leur est insupportable.

    Lire le jaune, c'est se donner le droit de paresser quelques temps au bord d'un comptoir, un verre à la main. Il n'est pas sérieux d'acheter ce précieux messager pour s'en aller le lire, honteux et solitaire, au secret de son bureau ou de son domicile.

    Mais lire le jaune c'est surtout se confronter sans cesse à la frustration de ne point trouver informations de son pays. Le joueur ou le supporteur d'un petit club guette désespérément les pages régionales à la recherche de la petite brève qui réchauffe le cœur. La presse locale les ignore superbement et le jaune les oublie aussi !

    Mais acheter le Jaune, c'est une fois par mois se trouver confronter à cette abominable habitude de notre presse française. La vente forcée est devenue la règle et le Jaune n'a pas su éviter le piège. Le magazine apporte son surcoût d'un euro et fini aux oubliettes comme tous ses congénères supplémentaires.

    Mais acheter le Jaune c'est maintenant se poser la question de l'achat du vendredi. Le vert est encore jeune et n'a pas encore l'âge de raison et d'intérêt. Il est devenu un complément occasionnel, un achat exceptionnel qui ne rentre pas dans ce rituel magique de nos lundis matins. Il est bavard comme un magazine de foot, ne se penche que sur l'élite et se perd à chaque incursion dans le petit monde fédéral. Il exclut les séries territoriales et sa maigreur a bien du mal à justifier son prix !

    Lire le Jaune quand même, cette institution qui a célébré ses quatre-vingt bougies avec un supplément pour provoquer mon courroux et ma colère. Je hais ces papiers glacés, si froids que je n'ai pas le goût de m'y attarder. J'aime le papier qui se froisse, son format mal commode, sa couleur un peu pisseuse, il faut bien le reconnaître.

    J'aime le Jaune quand il ne me coûte que deux euros et qu'il aussi de nos petits clubs. J'espère que longtemps encore, il en sera ainsi !

    Rituellement vôtre.
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