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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le principe de réalité.

Pour qui sonnera le glas ?

    Cette fois, la terrible sentence du principe de réalité va s'imposer à la Bande à Jules. Finis les entraînements sans enjeu, finis les oppositions pour de faux ; ce samedi s'ouvre enfin le bal de la vraie compétition !

    Dans la tête tourmentée du metteur en mots se télescopent les questions essentielles. En cinq semaines, avons-nous réussi à fédérer un groupe ? Avons-nous constitué cette Bande que nous appelons de nos vœux 'mégalomaniaques' ? Sommes-nous en mesure de présenter un ensemble cohérent et compétitif ?

    Construire à partir de différents clubs, c'est se confronter au choc des cultures locales, des mentalités indigènes qui sont l'expression plus ou moins marquée des personnalités des éducateurs qui participèrent à la formation des garçons.

    Accoler ou agglomérer ? L'entraîneur s'interroge sur l'identité supposée qu'il a réussi à imposer en cette trop brève préparation. Il voulait façonner une identité commune au-delà des différences individuelles. A-t-il dépassé le stade du patchwork pour obtenir une mayonnaise qui ne tombera pas aussi vite qu'une mêlée mal constituée ?

    Regrouper ou construire ? Jouer à XV ce n'est pas seulement réunir de façon numérique un nombre suffisant de pions. Il faut encore répartir sur cet immense échiquier les différentes pièces qui transformeront le puzzle en structure. Qui sera le fou ? (les candidats sont légion.) Qui deviendra le Roi ? (Là, c'est beaucoup plus difficile.) Quels seront les cavaliers ? A qui confier la défense de la tour ? …

    Le mouvement général des pions ne permet jamais d'attribuer les rôles complexes. La distribution des rôles titres ne se satisfait guère d'une collection hétéroclite d'individus. Pour devenir une équipe, il faut que chaque fonction soit occupée avec pertinence et utilité. Parviendrons-nous à confier à chacun un poste qui permettra à l'ensemble de remplir toutes les tâches qui se présenteront à l'équipe ce samedi ?
    La polyvalence a pu cacher les failles d'une préparation hâtive et certainement précipitée. La spécialisation va pointer les failles, les insuffisances et les lacunes. D'autant plus que le premier adversaire est fort de son expérience, riche de son passé commun, soudé par une homogénéité culturelle.

    Samedi, nous apprendrons du terrain. Les Julots réussiront-ils à transcender leurs différences, celles naturelles de leurs clubs d'origine, celles plus complexes des parcours personnels différents entre les apprentis des métiers de bouche pour la plupart et les lycéens aux cursus distincts. Celles encore moins évidentes des origines socio-culturelles.

    Faire de cet éclatement sociologique une force constituera le premier défi. Transformer tous ces égos en un cœur battant pour un seul  et même objectif en sera le second. Samedi soir, les premiers constats se feront. Qui de l'inquiétude du moment ou du fol espoir qui nous a réunis emportera cette première mène ?


    La Bande à Jules soulèvera des montagnes comme elle a su, depuis cinq semaines, avaler les défis physiques et mentaux, supporter ses aboyeurs de service et intégrer les difficultés pratiques. Samedi ne sera qu'une étape, espérons qu'elle affirmera d'entrée le caractère exceptionnel de l'aventure que nous sommes en train d'écrire.


     Supputativement vôtre.

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