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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 26 septembre 2009 6 26 /09 /Sep /2009 10:13
- Publié dans : Carton rouge - Communauté : Les chroniques de la meute
De l'amont vers l'étale !
    D'un côté, ce fleuve majestueux et sauvage, patrimoine mondial, s'écoule très lentement. Nous sommes en septembre, aux plus bas niveau d'un étiage fâcheux pour la gente municipale.

    De l'autre, c'est le flot tumultueux et 'pécunieux' des spectateurs, consommateurs avides. Nous sommes au pied du temple, et les marchands y tiennent encore la vedette !

    Sur les quais, la foule est moins dense. Il n'y a rien à manger, rien à acheter et les pavés sont inhospitaliers aux escarpins citadins. Des mariniers, parqués derrière des bandelettes de chantier, s'exposent au regard des curieux. Ils jouent à faire semblant, à faire « dans le temps » ! Ils remplissent une mission imposée par un précieux metteur en scène …

    Rive sud, on se désole. La petite Loire ensablée est privée d'animations. L'organisateur respecte l'oubli historique, illustré par ce Dhuy arrogant, détourneur des eaux au seul profit d'Orléans, la bourgeoise !

    Rue nord, une marée humaine s'agglutine aux échoppes. C'est le Festival de la Foire. Le bon fleuve n'est que prétexte à négoce et à spectacles, à publicités et à rencontres. Beaucoup se désintéressent totalement de la toile de fond. La foule attire la foule, le nombre suppose le nombre.

    Pour superviser cette masse mouvante, quelques officiels, juchés sur de curieuses trottinettes électriques, exaltent l'incontournable développement durable du haut de leurs miradors mobiles. C'est une mascarade de trop, une démonstration de nos élus qui, pour le symbole, affichent des gadgets onéreux et mal commodes.

    On embrigade à tour de bras. Des escouades de policiers se succèdent. Vagues inquiétantes et jamais rassurantes. La tenue martiale, l'arme ostentatoire, ils imposent le XXI ième siècle à ceux qui pouvaient rêver au temps passé. Pour l'occasion, on eût pu imaginer une tenue différente !

    Sur la Loire, quelques embarcations s'aventurent à quelques ronds dans l'eau. En grattant les bas-fonds, ils respectent le cahier des charges du grand ordonnanceur. La spontanéité n'a point sa place. Sur terre, l'inévitable speaker officiel, occupe l'espace sonore. Il commente, ratiocine, redonde à plaisir pour lutter contre ce fléau épouvantable : « le silence  ! » Il couvre même les efforts de rares chanteurs qui n'ont pas cédé à l'amplification.

    Quelques îlots associatifs redonnent de l'âme à la manifestation. Une belle équipe s'échine à offrir un espace préservé à la convivialité à visage humain. Une pause nécessaire dans ce tumulte oppressant.

    Un immense podium fait face au multiplexe. Les deux symboles d'une culture de masse se répondent en écho dans la même image de suffisance culturelle. Sur le côté, Polichinelle et Guignol sont tolérés pour satisfaire les enfants. Les autorités n'ont sans doute pas perçu le côté subversif de ces gentilles animations enfantines …

    Le succès est inévitablement au rendez-vous. Plus rien n'offusque la foule que l'on veut flatter. Pas même ces espaces intolérables dédiés à la moquette et aux VIP, placés au cœur même de la « fête ». L'élite n'a plus de scrupules à sabler le champagne devant le petit peuple.

    Un presque oubli pourtant, les lieux d'aisance sont dissimulés au regard et à l'accessibilité facile. Les fonctions naturelles sont presque mictions impossibles et la gente policière veille à ce que personne ne prenne  sa vessie pour une sirène !

    Trivialement vôtre.
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