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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 07:15
- Publié dans : Carton rouge - Communauté : Les chroniques de la meute
Un patrimoine se partage.

Au maire d'Olréans qui a vraiment réconcilié la ville avec son fleuve
et qui doit maintenant mieux le partager et pas seulement l'exposer !



    Loin de la foule immense, massée sur les quais d'Orléans, bien au-delà de ce nombre insensé (600 000 spectateurs) qui n'a de sens que pour son affichage, un autre espace se proposait, où naviguer n'était pas rêve illusoire.

    Point besoin d'une file d'attente interminable. Point besoin de débourser le moindre denier. La Loire est fille sauvage et ne s'offre pas pour quelques pièces d'argent. Elle se donne à qui veut bien la prendre sur des bateaux de bois ou de résine, au bout d'une canne à pêche ou dans son onde redevenue claire.

    Aux mariniers, kayakistes, pêcheurs, nageurs ; ces gens libres qui la chérissent et la pratiquent, loin des flonflons du bal médiatique. Se joignent les promeneurs du chemin de halage, spectateurs réguliers de ce majestueux spectacle permanent.

    Des couleurs à chaque heure différentes, des oiseaux et des reflets, des plantes et des mouvances. Jamais la même, notre Loire se nourrit de l'amour de ce tout petit peuple ligérien qui déambule sur ses rives de janvier à décembre.
    Alors, à Combleux, une opération « ponts ouverts » fut improvisée pour les paisibles promeneurs des bords du fleuve. Pour un sourire, une poignée de main ou un doux baiser, pour des paroles d'encouragement ou un gâteau à la noisette, les passagers montaient sur des fûtreaux libres de naviguer au gré de leur fantaisie.

    À coup de bourdes, les mariniers réparaient la maladresse orléanaise qui privait ses voisins du fleuve, de la fête. Ils offraient un voyage découverte, un temps d'échanges et de partage. Il y eut des discours politique, dénonçant la vision excessive de la grande voisine, il y eu des encouragements sincères à tenir la barre sans renoncer, il y eu La Loire parlée, expliquée, contée.

    Sur le fleuve, un passeur de mots évoquait le héron cendré, cet impertinent pêcheur hautain, le cormoran vorace et envahissant, le retour du majestueux Balbuzard pêcheur. Il évoquait la maudite algue verte, l'épouvantable Silure, le merveilleux brochet, le goujon retrouvé et le gardon si discret cette année.

    La Marine contait son passé, son histoire de gloire et sa descente aux enfers au temps de la vapeur. Le marinier décrivait son amour du bateau en bois à la voile carrée, son attente de ce grand vent d'Ouest qui boude depuis ces années à treize lunes …

    Du bonheur et de la culture sans le Barnum d'un festival prétexte. Ce n'est pas parce qu'ils sont des milliers qu'ils ont raison, ce n'est pas parce que nous ne sommes qu'une poignée irréductible que nous avons tord. À contrario, la minorité ne donne pas le monopole de la Loire et la majorité peut tout aussi bien la comprendre vraiment.

    Il faudra que chacun fasse une part du chemin, éviter les bourdes de cette édition, contourner les écueils des basses-eaux, souquer ferme sur les principes. Le Festival de Loire devrait être une fête de la Loire et de tous ses acteurs, mariniers, pêcheurs, promeneurs, naturalistes et amateurs. La fête mais aussi la pédagogie joyeuse de cette merveille vivante qui coule si près de nous et qui ne demande qu'à être mieux comprise par ses voisins.
   
    Dimanche à Combleux, un moment d'utopie  se construisait dans l'impérieuse nécessité de ne pas abandonner le fleuve aux marchands, aux politiques et aux faiseurs de bruits dysharmonieux. Sur les quais, il devait aussi y avoir des braves gens qui partagent cette ambition humaniste de réconcilier l'homme citadin et son environnement naturel.

    Fasse que bientôt,  « La Loire vivante ! » réunissent ces hommes de bonne volonté

    Ligèrement vôtre.

Pour une Loire Consensuelle !


@ BR ....  Commentaire publié sur Libération.fr

J’ai parcouru de long en large pendant ces cinq jours, sous un soleil bienveillant ou nuitamment, les quais tant dans leurs parties piétonnières serpentant entre guinguettes et « marchands du temple » que sur les mauvais pavés près des bateaux et des multiples animations.

J’ai été bien sûr un peu assourdi par une hyper sono envahissante mais j’ai toujours trouvé des plages de relatif silence et rien ne m’obligeait à ne pas fuir les spectacles qui n’étaient pas de mon goût.

J’ai contemplé à quai ou sur l’eau les bateaux les plus divers que, comme la quasi totalité de cette foule que vous semblez mépriser, nous n’avons pas si souvent l’occasion de voir. En moi-même j’ai été reconnaissant à tous ces mariniers passionnés, restaurateurs ou constructeurs d’embarcations anciennes qui nous donnaient un si beau spectacle.

M’arrêtant à de nombreux stands associatifs j’ai eu tout loisir de satisfaire mon intellect et ma curiosité.

Je garde de belles images en tête, les quais animés, la ronde des toues, futreaux, chalands et autres sur cette Loire qui n’est pas que la vôtre et que l’on peut admirer et aimer autrement qu’à votre manière, un train de bateaux avec en arrière plan le soleil tombant dans l’eau, un beau feu d’artifice qui a émerveillé petits et grands.

Tout au long de ces cinq jours j’ai croisé beaucoup de gens qui, déambulant ou attablés, ne paraissaient pas bouder leur plaisir. J’ai aussi vu dans les espaces didactiques ou ludiques beaucoup d’enfants qui m’avaient tout l’air d’être intéressés et heureux.

Certes ce festival a ses défauts ; comme pour toute manifestation on peut toujours trouver un angle d’attaque pour la critiquer et vous n’y manquez pas.

Pourtant, et Dieu sait si je suis très loin d’approuver bien des projets de notre maire, en particulier en matière d’urbanisme, je pense que ce festival de Loire dont l’initiative lui revient est une bonne initiative.

Que cela ne vous empêche surtout pas de célébrer chaleureusement entre vous, en véritables amoureux libres et rebelles, notre Loire sauvage.

Mais gardez vous en affichant votre mépris pour ce festival de mépriser en même temps « ce flot tumultueux et pécunieux des spectateurs consommateurs avides, cette marée humaine qui s’agglutine aux échoppes, ce petit peuple ». Tout le monde n’a pas, loin de là, les moyens et la chance d’habiter en amont d’Orléans ce « petit village lové entre canal et Loire ».

La pureté est belle mais trop de pureté frise l’élitisme et isole surtout quand, comme il me semble l’avoir lu dans la presse locale, s’y mêle des histoires de gros sous.

Rédigé par : manuche | 28/09/2009 à 17:38

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