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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 07:29
- Publié dans : Compétition et conséquences

Un choc culturel



    D'abord on proteste. « Ah non, on va se faire mal et on va se salir ! ». L'activité semble cruelle à ceux qui n'ont fait qu'entre-apercevoir par inadvertance les farouches batailles que la télévision livre parfois à un public béotien et parfois hostile.

    Puis, on s'inquiète de ce qui va arriver. La belle tenue rayée de bandes encore immaculées pourrait fort bien ne pas résister à l'herbe grasse de la plaine de jeu. Le magnifique tee-shirt, acheté à prix prohibitif aux couleurs d'un club de football riche à milliards, risque la déchirure dans les accrochages à venir. La chevelure gominée, pardon gélifiée ne supportera pas cet exercice ébouriffant et néanmoins décoiffant.


    Enfin, on s'indigne de devoir partager cette activité de contacts proches avec les indignes représentants du sexe opposé. Que les garçons se mêlent aux filles, que leurs corps se touchent, se lient, se poussent et se repoussent c'est totalement impensable. Dans un quartier où la mixité demeure problématique, le choc est plus violent qu'un bon plaquage cathédrale !

    Chacun au fond de lui-même craint cette terrible épreuve du contact physique. À longueur de journée, on entend la phrase rituelle : « Tu ne me touches pas ! ». Le Rugby vient casser cette distance fictive qui enferme dans une bulle d'indifférence aux autres celui qui exprime par cette réticence fictive ce terrible mépris de l'autre, qu'un quartier a érigé en dogme.
    Mais tous ces obstacles tombent à la première roulade, au premier contact advenu par surprise au détour d'un jeu anodin, au premier plaquage qui semble naître spontanément au cœur de la bataille enchantée. Ils se touchent, se repoussent et s'accrochent. Ils tombent se relèvent et recommencent.

    Il faut alors réfréner les ardeurs de ces guerriers en devenir. Ce sont de véritables casse-cous qui ne craignent rien ni personne. A ce petit jeu, les filles sont plus féroces encore que les garçons. Elles sont à un âge qui n'a pas encore ses pudeurs ni ses coquetteries affligeantes. Elles ont encore ce bonheur réjouissant à la pratique sportive qui s'envolera bientôt pour faire comme les autres !


    Ils s'affrontent, s'amusent, s'emportent et se réjouissent d'un jeu de liberté et d'exubérance. Ils avancent, esquivent, contournent ou traversent suivant leurs forces ou leurs faiblesses sans compter ni mesurer les plaintes et les bosses. La boue souille des vêtements avec lesquels ils  refusaient de s'asseoir par terre il y a quelques minutes encore.

    La magie de la balle ovale opère à chaque fois. Il est désolant qu'il n'y ait pas plus de terrain en herbe dans nos collèges urbains, pas plus d'occasion de sortir du gymnase et de son confort si commode, pas plus de volontaires pour proposer une activité qui concilie le collectif et l'opposition, la balle et le combat, l'évitement et l'affrontement, l'individuel et le collectif.


    Demain encore, ils reprendront le chemin du pré où l'on se roule par terre. Les premières pluies n'arrêteront plus ces enfants qui ne demandent qu'à jouer et ne se soucient plus de toutes les représentations qui les faisaient tant redouter ce jeu étrange.

    Bientôt, ils affronteront une classe d'un autre collège. Ils seront heureux et fiers de vivre cette aventure. Le Rugby doit n'avoir de cesse de revendiquer son slogan magnifique : Rugby - École de la vie !  -» dans les clubs comme dans tous les établissements scolaires.

    Pédagogiquement vôtre.
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