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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 07:35
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares - Communauté : Le grand n'importe quoi !

Le dernier chemin.

Je quittai l'Hôtel Beauséjour du Lac d'Issares plein de reconnaissance pour un hôtelier qui pratique prix plus que raisonnable et accueil de qualité. S'il n'y avait eu que des adresses de la sorte, mon budget hébergement, nourriture eut été réduit de moitié. Je félicitai le patron pour sa politique tarifaire qui dénote singulièrement dans le paysage français. Il sourit d'un air goguenard, il préfère avoir hôtel et restaurant plein plutôt que de pratiquer le coup de bambou. Si vous passez par là, n'hésitez pas une seconde, l'adresse est excellente !

 


 

Les bonnes choses finissent toujours par se terminer. La dernière étape se profile sous cet horizon bouché. Un crachin fin et pénétrant, la brume qui recouvre le lac et pas un chat pour risquer de se mouiller en ma compagnie. Je prenais donc le chemin balisé pour me rendre, me disait-on au Mont Gerbier de Jonc en un peu plus de vingt kilomètres, une plaisanterie au regard des étapes précédentes !

 


 

Est-ce le goût de la performance, le désir d'en faire toujours plus, l'incapacité à rester longtemps sur un circuit fléché ? Je ne sais mais bien vite je me lançai dans un supplément au programme, un tour de lac avec quelques facéties routières pour prendre jolies photographies et donner piment à la chose. 

 


 

Une heure trente plus tard, je revenais à mon point de départ, me promettant pour cette fois de ne plus tenter le diable et ses marques rouges et blanches. Les panneaux affichaient vingt et un kilomètres mais du moins je ne risquai plus de me fourvoyer dans mes improvisations désastreuses. Il faut brider la bête quand c'est nécessaire.

 


 

J'avais fixé heure de rendez-vous à 15 heures au Mont Gerbier. Il ne fallait plus traîner en chemin pour tenir et non courir ; ce dont je serai fichtrement incapable avec jambes fatiguées et sac plombé. Il n'y avait guère que la marche à pas forcés pour reprendre les minutes perdues à faire des vilains tours à ma façon.

 


 

Je n'eus pas le loisir de me détourner de mon objectif. Pas de rencontre, pas de situation cocasse à narrer. Seul le paysage m'occupait l'esprit. Plus je montai, plus le vide se faisait grandiose : des prairies, des arbres, des vaches et des fleurs : mauves surtout qui tapissaient le décor à perte de vue. Mais comme le disait Martine : « Il faut être marcheur pour comprendre ! »

 


 

J'avançai du pas de celui qui compte à rebours avec la certitude du devoir accompli. J'évoluai entre mille et mille deux cent mètres. Un petit air frais maintenait la mécanique loin de la surchauffe. Tout allait pour le mieux et bientôt je vis cette dent de pierre plantée là pour donner une touche pittoresque à un paysage qui n'en manque pas pourtant.

 


 

La pluie refit son apparition pour confirmer le slogan local : « Le château d'eau de la France ». Il me restait trois kilomètres et j'allais les accomplir vêtu de cette cape verte qui me donne une allure de fantôme. Quand au détour d'un virage, deux hommes me hélèrent : « Vous prendriez bien un café ! ». Il fallait toucher le but pour me voir offrir pour la première fois du voyage cette boisson chaude qui souvent brise la glace !

 


 

 

Patrick et Henry se tenait à leur pas de porte. Une petite fermette en contre-bas de la route avec ce qui faut de bazar devant pour comprendre que c'est d'abord un lieu de vie. Le « finissez de rentrer » de belle mémoire ne tarda pas même s'il ne s'encombra pas du vouvoiement. L'intérieur n'avait rien à envier à l'extérieur et il fallait chercher place pour poser les pieds. Une vie intense sous ces murs à n'en point douter.

 


 

Henry avait bain de pied à prendre de toute urgence. Avant, il alla me chercher un flacon de propolis afin que je soigne ma lèvre coupée. Puis, sans autre forme de procès, il mis son pied dans la cuvette. Patrick me raconta son métier de couvreur, exclusivement de lauze. Petit à petit, il s'est constitué un stock pour voir venir. Que de vieilles lauzes pour refaire toiture comme autrefois …

 


 

Patrick va dans les bois pour y ramasser des mousses. Il complète son travail en incorporant le végétal au minéral. Ainsi, l'étanchéité est parfaite, la toiture dure plus de cent ans et s'il revoit ses clients, c'est uniquement pour partager un verre. Nous discutâmes aussi de la Loire, de la navigation à la grande voile carrée. Patrick avait grand peine à comprendre qu'il n'y ait qu'une allure ; « Vent arrière par vent de Galerne ! ».

 


 

Pendant ces palabres, Larry, l'amie Américaine de Henry, berlinoise d'adoption fit son apparition et par la même occasion un café à l'ancienne qui fut divin. Elle écrit et veut mettre en mot et en scène un petit fabliau pour donner à Henry le rôle de sa vie. Pour la circonstance, elle l'a vêtu d'une magnifique marinière rouge avec lacets bleus du meilleur effet pour ce personnage qui a une vraie gueule d'acteur.

 


 

Nous échangeâmes nos blogs avec Laurie devant les regards circonspects de ses deux compagnons qui n'ont pas encore et pour longtemps, je suppose, accès à cette modernité déplacée en leur charmante bicoque. Je les laissai pour en finir avec mon périple, heureux d'une nouvelle rencontre, de celles qui ne se sont font qu'à pied !

 


 

ReSourcement mien

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