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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 07:12
- Publié dans : A la lumière d'une chandelle. - Communauté : partage

Nicolas MECHERIKI, le peintre de l'effacement.


 


Entre Sully sur Loire et Gien sur la rive gauche, entre Loire et Sologne, un espace voué à la landes et à la méditation jusqu'à ce que l'homme décide de dresser les tours infernales de la centrale de Dampierre en Burly. C'est là, dans un domaine autrefois nommé « Bellevue » que Nicolas Mecheriki peint à la recherche de son Eden perdu.

Maître Jacques, artiste lui-même et capitaine de fûtreau en goguette nous y a conduit, pensant que son collègue tenait exposition en son domaine. Que nenni ! Nous avions une petite semaine d'avance et il fallut la conviction de aquarelliste pour que le peintre nous ouvre son atelier, dans le désordre d'une installation en cours.

 


La première impression rappelle ce que les deux pièces donnent à voir. Un ensemble confus de thèmes et de traitements épars, un joli fourre-tout figuratif entre natures mortes, paysages et portrait. Puis, petit à petit, le béotien effectue des classements, perçoit une cohérence qui s'impose à lui sans qu'elle apparaisse clairement à celui qui se cherche encore.

Les paysages s'effacent dans la brume, se cachent sous une pleine lune qui ne suffit pas à tout mettre en lumière. Les natures mortes acceptent des pans entiers de noir, des zones au delà de l'ombre quand le sujet même se partage entre clair et obscur. Les portraits n'ont pas encore pris ce parti pris de la dissimulation. Mais un auto-portrait de l'artiste interpelle par sa dimension psychologique, ce tourment terrible qui l'installe au cœur de la sidération.




Qui suis-je pour venir interpréter le travail d'un artiste reconnu ? Nous en avons discuté, l'homme ne goûte guère à la littérature qui s'installe dans la tête du créateur, qui impose ses vues au travers d'une pseudo analyse d'exégète. Je ne puis prétendre à ce travers, j'exprime simplement le ressenti d'un témoin oculaire, d'un visiteur qui vient avec ses propres fantasmes épier le travail d'un autre avec la jalousie diffuse de celui qui n'a jamais su dessiner !

Naturellement notre conversation évoque les références, les ressemblances, les inquiétudes ou les envies de l'homme qui peint. Les maîtres flamands sont convoqués pour la lumière, les bruns, les obscurs. Il n'y a pas besoin d'être spécialiste pour apprécier cette filiation, elle est évidente dans cette partie du travail de monsieur Mecheriki que je préfère. Il ne fait pas de doute que les bouquets se vendent mieux, mais la fleur me désespère quand la châtaigne, les nèfles ou l'oignon me ravissent, allez donc comprendre !

 

 

Puis l'artiste cite Ingres et son art du dessin. Sans doute pour se dédouaner de quelques petites imperfections dans ce domaine, sans naturellement en parler. Le langage est ainsi fait et au violon, l'homme préfère la viole ou le luth, il n'y a pas de comparaison possible. Mais tous ces modèles à moins qu'ils ne soient que références lointaines n'avaient pas le privilège immense de vivre au pied de la mort nucléaire qui sommeille.

De ci de là, dans quelques toiles point cette sourde menace, cette obsession menaçante aux lourdes volutes de fumée. Lointaines, discrètes, les tours de refroidissement se font de plus en plus prégnantes jusqu'à devenir le sujet principal d'une toile de l'apocalypse possible. Une nature morte dans toutes les acceptions de l'expression.



Nous quittons notre artiste tout à la préparation de son exposition. Vous ne manquerez pas de vous rendre en sa tanière pour débusquer le faux du vrai dans ce que je viens de vous dire de ma lecture très subjective de son travail. C'est pour vous pousser à la curiosité que je me suis permis ces quelques lignes qui n'ont d'autres ambitions que de vous prendre par la main pour rendre visite à Nicolas Mecheriki  : Exposition du 19 novembre au 11 décembre de 15H à 19H Atelier de Bellevue, Lion-en-Sullias (Loiret)

Renseignements sur son site.




Obscurément sien.

 

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