Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

À la mode de chez nous.

Sur un ton comminatoire ...



De petits drames se déroulent sous nos yeux sans éveiller en nous le plus petit intérêt, la plus petite trace de compassion. Il faut bien reconnaître que nous avons tant de préoccupations, que nous devons supporter tant de contrariétés, tant d'affronts quotidiens, tant de camouflets même dans nos existences privées ou professionnelles que nous n'avons plus guère de place pour l'indignation collective.

Pourtant la chose mériterait qu'on s'y attardât avec autant de sérieux que pour ce voile qui obscurcit notre faculté de raisonnement, notre capacité à discerner l'essentiel du dérisoire. Nous avons perdu, noyés que nous sommes sous un discours délirant, sur-abondant et si peu audible, nous avons perdu de vue dis-je, les petites nuances qui fondèrent autrefois la subtilité de notre dialectique.

La présidence Sarkozy a chamboulé l'ordre des valeurs temporelles, la structure de l'emphase et du tissu conjonctif. Je perçois aisément le trouble qui vous gagne, il en va de même pour le pauvre libelliste que j'essaie vainement d'être en ce lieu.

L'homme dans sa grandiloquence légendaire a aboli mai 1968, le mode conditionnel et le mode subjonctif. Bravo l'artiste, j'écris artiste et je pense autiste, allez donc savoir pourquoi ?
Il est normal que sous ce règne, la confusion des sentiments ait précédé le désordre de la conjugaison et l'approximation d'un vocabulaire qui a perdu de sa majesté !

Que l'homme manie fort mal les règles ou les usages ce n'est, somme toute, pas d'une importance considérable. D'autres en leurs temps torturèrent notre langue jusqu'à la voir assassinée dans la bouche d'un Georges Marchais qui  en abusa avec délectation.

A l'opposé de l'échiquier politique, Jean-Marie Le Pen use à merveille du  plus beau phrasé de la classe politique, il n'empêche que sa rhétorique peut choquer les cœurs, à défaut des oreilles. Mais tout cela n'a guère d'importance, ces personnages pour respectables qu'ils puissent être n'en sont point en situation de gouverner notre pays.

Notre Petit prince cumule toutes les fonctions, s'arroge tous les pouvoirs, se mêle de tout et s'emmêle du reste ! Sa parole est donc devenue Parole d'évangile, lui qui fut adoubé par sa sainteté Benoît XVI. Il en use avec une telle délectation que les erreurs commises affecteront durablement l'usage de notre langue.

Alors quand notre bon Prince, sans rire et sans plaisanter éradique les modes conditionnels et subjonctifs de sa panoplie de Zorro de l'Europe et de la France réunies, il ne se contente pas d'afficher son inculture grammaticale, il pause un principe de gouvernance.

Le conditionnel permettrait de suggérer une réaction du pouvoir judiciaire, d'induire des possibilités d'inflexion entre un projet et la loi elle-même après négociation et débat contradictoire, de fixer des limites à cette parole de majesté écrite en majuscules. Point besoin de toutes ces nuances inopportunes, il manie l'indicatif par courtoisie et l'impératif par envie !

Le subjonctif l'entraînerait dans un monde qui n'est pas le sien. Il n'y a plus d'espace entre ses désirs et la réalité. Il ne redoute rien et n'a pas besoin de nuancer son propos de vaines hypothèses, de suggestions porteuses de rêves ou d'illusions. Il lui faut du tangible, de l'immédiat et des projets qui se ploient sous sa volonté inflexible.

Il a simplifié la conjugaison française et nous lui en eussions promis une éternelle reconnaissance s'il eût décidé de la chose . Mais encore eut-il fallu qu'il le fît en toute conscience !

Participement vôtre

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Vigo 04/05/2010 20:18



lol !

C'est d'une bonne passe dans l'impasse qu'un pair déplace et chasse la crasse et place une trace qui sur ma face efface la casse des masses qui lassent et qui agacent et glacent la classe !

Classe que vous avez mon cher ami.

Et point de guerre lasse que je rigolasse ! :p


Quand à mon lieu de pollution cybernétique, quand vos chroniques sont ovales, ce sont mes humeurs qui sont sombres.



http://vigolax.blogspot.com/


 


Au plaisir cher ami...


 


Vigo.



BR 04/05/2010 21:17



Vigo


L'assonance quoique parfois dissonante permet quelques remarques grinçantes pour celui qui manque d'assurance. Nous usons du subterfuge, nous petits vermifuges que nos grands, transfuges de la
finances, méprisent avec constance.


Je reste coi devant votre entrée en matière, la manière m'agréée et le ton itou.


 


Bonne soirée à vous



Vigo 04/05/2010 13:44



Bonjour ici aussi cher ami...


Hum, à vrai dire, ce n'est pas tant la censure que je redoute, (d'autant plus que je n'y eu droit qu'une fois, et pour un message qui sommes toutes, le méritait en partie), qu'autre "chose", dont
je ne tiens même pas à parler autrement qu'en privé...


Pour m'exprimer, je m'exprime, j'ai moi aussi mon "petit blog" où je fais part de mes humeurs, et je prépare également, bon an mal an mon manifeste, sorte de pamphlet tantôt technique et puis
tantôt pathétique...


Si je viens converser ici, tout comme au comptoire des postiers, c'est pour papoter avec vous.


Car "borné" comme je suis, il est bien rare qu'un congénaire sache éveiller en moi,  l'envie simplement d'échanger.


J'ai d'ailleurs à ce titre une idée qui me trotte... Je vous en parlerais un jour, si tant est qu'elle veuille mûrir.


Amicalement,



Vigo.



BR 04/05/2010 16:59



Très cher Borné


Qui se ressemble se retrouve tôt ou tard sur un esapce de débat...


J'aimerais connaître votre espace personnel de nuisance puisque vous avez trouvé le mien. Ce n'est pas le bar des postiers, c'est l'estanquet, le petit arrêt après la rude bataille ovale, mais
ici aussi, on met des timbres et des tampons !


 


Que l'idée murisse, c'est justement la saison qui fait d'un joli bourgeon, un bon fruit à votre façon. J'attends d'un pied ferme en dessous de notre arbre à palabres.


 


À bientôt.


Fructivorement vôtre