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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 08:35
- Publié dans : A la lumière d'une chandelle. - Communauté : Secrets d'école

Sur un ton comminatoire ...



De petits drames se déroulent sous nos yeux sans éveiller en nous le plus petit intérêt, la plus petite trace de compassion. Il faut bien reconnaître que nous avons tant de préoccupations, que nous devons supporter tant de contrariétés, tant d'affronts quotidiens, tant de camouflets même dans nos existences privées ou professionnelles que nous n'avons plus guère de place pour l'indignation collective.

Pourtant la chose mériterait qu'on s'y attardât avec autant de sérieux que pour ce voile qui obscurcit notre faculté de raisonnement, notre capacité à discerner l'essentiel du dérisoire. Nous avons perdu, noyés que nous sommes sous un discours délirant, sur-abondant et si peu audible, nous avons perdu de vue dis-je, les petites nuances qui fondèrent autrefois la subtilité de notre dialectique.

La présidence Sarkozy a chamboulé l'ordre des valeurs temporelles, la structure de l'emphase et du tissu conjonctif. Je perçois aisément le trouble qui vous gagne, il en va de même pour le pauvre libelliste que j'essaie vainement d'être en ce lieu.

L'homme dans sa grandiloquence légendaire a aboli mai 1968, le mode conditionnel et le mode subjonctif. Bravo l'artiste, j'écris artiste et je pense autiste, allez donc savoir pourquoi ?
Il est normal que sous ce règne, la confusion des sentiments ait précédé le désordre de la conjugaison et l'approximation d'un vocabulaire qui a perdu de sa majesté !

Que l'homme manie fort mal les règles ou les usages ce n'est, somme toute, pas d'une importance considérable. D'autres en leurs temps torturèrent notre langue jusqu'à la voir assassinée dans la bouche d'un Georges Marchais qui  en abusa avec délectation.

A l'opposé de l'échiquier politique, Jean-Marie Le Pen use à merveille du  plus beau phrasé de la classe politique, il n'empêche que sa rhétorique peut choquer les cœurs, à défaut des oreilles. Mais tout cela n'a guère d'importance, ces personnages pour respectables qu'ils puissent être n'en sont point en situation de gouverner notre pays.

Notre Petit prince cumule toutes les fonctions, s'arroge tous les pouvoirs, se mêle de tout et s'emmêle du reste ! Sa parole est donc devenue Parole d'évangile, lui qui fut adoubé par sa sainteté Benoît XVI. Il en use avec une telle délectation que les erreurs commises affecteront durablement l'usage de notre langue.

Alors quand notre bon Prince, sans rire et sans plaisanter éradique les modes conditionnels et subjonctifs de sa panoplie de Zorro de l'Europe et de la France réunies, il ne se contente pas d'afficher son inculture grammaticale, il pause un principe de gouvernance.

Le conditionnel permettrait de suggérer une réaction du pouvoir judiciaire, d'induire des possibilités d'inflexion entre un projet et la loi elle-même après négociation et débat contradictoire, de fixer des limites à cette parole de majesté écrite en majuscules. Point besoin de toutes ces nuances inopportunes, il manie l'indicatif par courtoisie et l'impératif par envie !

Le subjonctif l'entraînerait dans un monde qui n'est pas le sien. Il n'y a plus d'espace entre ses désirs et la réalité. Il ne redoute rien et n'a pas besoin de nuancer son propos de vaines hypothèses, de suggestions porteuses de rêves ou d'illusions. Il lui faut du tangible, de l'immédiat et des projets qui se ploient sous sa volonté inflexible.

Il a simplifié la conjugaison française et nous lui en eussions promis une éternelle reconnaissance s'il eût décidé de la chose . Mais encore eut-il fallu qu'il le fît en toute conscience !

Participement vôtre

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