Partager l'article ! À la mode de chez nous.: Sur un ton comminatoire ... De petits drames se déroulent sous nos yeux ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Sur un ton comminatoire ...
De petits drames se déroulent sous nos yeux sans éveiller en nous le plus petit intérêt, la plus petite trace de compassion. Il faut bien
reconnaître que nous avons tant de préoccupations, que nous devons supporter tant de contrariétés, tant d'affronts quotidiens, tant de camouflets même dans nos existences privées ou
professionnelles que nous n'avons plus guère de place pour l'indignation collective.
Pourtant la chose mériterait qu'on s'y attardât avec autant de sérieux que pour ce voile qui obscurcit notre faculté de raisonnement, notre capacité à discerner l'essentiel du dérisoire. Nous
avons perdu, noyés que nous sommes sous un discours délirant, sur-abondant et si peu audible, nous avons perdu de vue dis-je, les petites nuances qui fondèrent autrefois la subtilité de notre
dialectique.
La présidence Sarkozy a chamboulé l'ordre des valeurs temporelles, la structure de l'emphase et du tissu conjonctif. Je perçois aisément le trouble qui vous gagne, il en va de même pour le pauvre
libelliste que j'essaie vainement d'être en ce lieu.
L'homme dans sa grandiloquence légendaire a aboli mai 1968, le mode conditionnel et le mode subjonctif. Bravo l'artiste, j'écris artiste et je pense autiste, allez donc savoir pourquoi ?
Il est normal que sous ce règne, la confusion des sentiments ait précédé le désordre de la conjugaison et l'approximation d'un vocabulaire qui a perdu de sa majesté !
Que l'homme manie fort mal les règles ou les usages ce n'est, somme toute, pas d'une importance considérable. D'autres en leurs temps torturèrent notre langue jusqu'à la voir assassinée dans la
bouche d'un Georges Marchais qui en abusa avec délectation.
A l'opposé de l'échiquier politique, Jean-Marie Le Pen use à merveille du plus beau phrasé de la classe politique, il n'empêche que sa rhétorique peut choquer les cœurs, à défaut des
oreilles. Mais tout cela n'a guère d'importance, ces personnages pour respectables qu'ils puissent être n'en sont point en situation de gouverner notre pays.
Notre Petit prince cumule toutes les fonctions, s'arroge tous les pouvoirs, se mêle de tout et s'emmêle du reste ! Sa parole est donc devenue Parole d'évangile, lui qui fut adoubé par sa sainteté
Benoît XVI. Il en use avec une telle délectation que les erreurs commises affecteront durablement l'usage de notre langue.
Alors quand notre bon Prince, sans rire et sans plaisanter éradique les modes conditionnels et subjonctifs de sa panoplie de Zorro de l'Europe et de la France réunies, il ne se contente pas
d'afficher son inculture grammaticale, il pause un principe de gouvernance.
Le conditionnel permettrait de suggérer une réaction du pouvoir judiciaire, d'induire des possibilités d'inflexion entre un projet et la loi elle-même après négociation et débat contradictoire,
de fixer des limites à cette parole de majesté écrite en majuscules. Point besoin de toutes ces nuances inopportunes, il manie l'indicatif par courtoisie et l'impératif par envie !
Le subjonctif l'entraînerait dans un monde qui n'est pas le sien. Il n'y a plus d'espace entre ses désirs et la réalité. Il ne redoute rien et n'a pas besoin de nuancer son propos de vaines
hypothèses, de suggestions porteuses de rêves ou d'illusions. Il lui faut du tangible, de l'immédiat et des projets qui se ploient sous sa volonté inflexible.
Il a simplifié la conjugaison française et nous lui en eussions promis une éternelle reconnaissance s'il eût décidé de la chose . Mais encore eut-il fallu qu'il le fît en toute conscience !
Participement vôtre
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