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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 07:28
- Publié dans : A la lumière d'une chandelle.

Mémoire d'avant tombe …


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Daniel Pennac a ouvert la voie, il faut que le corps s'exprime, dise enfin à haute et intelligible voix les mille et un tracas du quotidien d'une enveloppe corporelle qui se paie le luxe d'écrire un journal intime. Mon corps ne peut suivre au pied de la lettre la prouesse du maître, il va se contenter de lui suivre le train, de lui coller aux basques.

 

Un corps qui regrette sa peau lisse et ce temps bienheureux où il ne se distinguait pas en gras. Faute de caractère adéquat, il finit par trébucher sur ce clavier qui reçoit sa confession, le fond supplantera une forme, défaillante depuis si longtemps. Avant que d'offrir son corps à l'absence, il se retourne sur lui pour se raconter sans pudeur, se mettre à nu, ce qui va de soi !

 

Un corps qui pousse et repousse chaque jour les limites de l'impossible. Un corps qui s'envole, qui ne cesse de croître. Il grimpe comme une mauvaise herbe, il se découvre, s'étonne et détonne. Il agace et se tracasse. Il expérimente, il arpente, il s'oriente, se perd souvent et avance tant bien que mal pour finir par se libérer des corps qui lui avait donné la vie.

 

Un corps qui se vautre dans la luxure, les abus, les excès de toutes sortes. Un corps de déraisons, un corps fou de lui et des autres. Il exulte, il dévore, il court, il s'enflamme, il se disperse, il se moque de lui pour attirer les autres. Il s'offre sans compter et ne compte jamais ni ses efforts ni ses offrandes.

 

Puis un corps qui s'essouffle et qui se reproduit. Un corps qui se pose mais ne se reposera jamais, un corps qui s'unit à un autre qui recueillera le meilleur de ce qui lui reste et le pire de ce qui reste à faire. La fin d'un temps échevelé, le début des chutes capillaires, des bobos et des tracas. Il n'en a cure, le temps est encore à venir, il va de l'avant.

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Un corps qui s'aperçoit que ses bourgeons ont quitté le nid. Il se retrouve seul avec lui même à voir poindre le début de la fin. Il refuse cet épilogue, il se fait surprendre par le démon de midi, belle illusion quand le temps commence à lui être compté. Le corps se moque des avertissements, il n'a pas la possibilité de s'écouter un peu. Il ne se ménage pas, déménage et se saccage.

 

Un corps à la recherche d'un alter égo pour un corps à corps final, bataille ultime des derniers soubresauts d'une vieille mécanique qui lui donna tant de plaisir au prix de bien plus de désagréments. Le corps aurait pu avoir encore sa raison, mais sa raison l'ignore, lui tourne le dos et lui fait la tête. La bête à deux dos devient alors un vague souvenir, une perte de soi-même et de sa virilité passée.

 

Le corps opine à l'évocation de ce merveilleux souvenir. Il s'alanguit sur ses souvenirs quand le diable avait pris possession de lui. Il trouve bien triste ce crépuscule austère et dégradant, cet abandon des victoires enfantines quand il avait su maîtriser ses fonctions intimes. Aujourd'hui il se répand, se laisse couler comme une épave en devenir lui qu'il l'est déjà.

 

Le corps en lambeaux, le corps médicalisé, le corps maintenu artificiellement en état de corps vacillant, il se décharne, se desquame, se vide, s'esquarre, se dévitalise, se décrépit dans un drame sourd. Il n'est plus que l'ombre de ce qu'il fut, ombre étrange privée à jamais de lumière et condamnée aux ténèbres.

 

Ce corps s'en ira à la tombe quand il ne sera plus du nombre. Il laissera derrière cette trace illusoire, ce reflet de mots dans le miroir de ses vanités d'alors. Il deviendra cendres, poussières de mots qui s'effacent dans les mémoires des autres. Il s'en ira bien après poser son point final à ce billet sans consistance, lui qui n'est désormais qu'un spectre !

 

Corporellement sien.

Que Monsieur Pennac me pardonne cette variation très personnelle.

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Commentaires

Voilà un billet qui ne fleure guére l'optimisme ....je sais , je sais , il parle vrai mais par un samedi aprés-midi maussade , ce dur rappel de la réalité me pousse à  m'éloigner de tout ce qui ressemble à un miroir chez moi !

  Peut-être que je vais boire un coup pour ...oublier !

  Bon samedi quand même !

Commentaire n°1 posté par marie-cerise le 11/02/2012 à 16h20

Cerise

 

Il est purement romancé. J'ai cherché à reproduire ce que je comprenais de la tentative de Pennac. J'ai écrit ce billet tout en écoutant un entretien chez Busnel.

Je sais qu'une personne qui m'est chère a vu dans ce texte un siugne de malaise alors que je n'ai cherché qu'à rendre compte de la fin du corps.

 

Pardon si je vous ai mise chaffouine !

Réponse de BR le 11/02/2012 à 18h28
Par BR
 
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