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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

À vous couper le sifflet !

Connacht, son public et monsieur l'arbitre …

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    Je n'ai pu regarder jusqu'au bout la demie-finale du challenge européen : «  Connacht - Toulon ». Pourtant, j'éprouvais une vraie fierté à appartenir à la Principauté d'Ovalie en admirant le comportement exemplaire de ce merveilleux public de la République d'Irlande.

    Un silence de cathédrale lorsque le buteur s'élançait pour tenter un coup de pied. Que ce soit Wilkilson de Toulon ou le buteur local, il y avait un silence qui honore ces supporters et qui fait regretter les sifflets déplacés de nos stades français.

    Alors, ces braves défenseurs de la tradition gaélique méritaient mieux que ce directeur de jeu, raidi dans sa dignité et sa roideur. Il me poussa à abandonner ce spectacle pour ne pas proférer des insanités qui eurent été déplacées devant un écran innocent.

    Ce monsieur est un bon arbitre, c'est là que la forfaiture prend toute sa dimension. Ce n'est pas de l'incompétence, c'est une stratégie murement réfléchie dont chacun peut deviner qu'elle se déroule sous le regard bienveillant des instances arbitrales. Il n'a pas cherché à tricher, il a interprété la règle à l'avantage de ceux de sa communauté linguistique.

    Tout a débuté par l'offrande systématique d'une pénalité à chaque réception de coup de renvoi. Les fautes y étaient certainement ; le tri est la fonction la plus complexe de l'arbitrage au rugby. Mais la systématisation et la promptitude du coup de sifflet punitif permirent de comprendre que l'affaire ne serait pas simple pour les toulonnais.

    Les points marqués par les hommes au muguet leur valaient des trésors d'efforts et de temps passés à pilonner de très courageux irlandais. Tout cela réduit à néant ou presque en quelques secondes et un joli coup de pouce ou de sifflet. Je devinais un nouveau coup de Trafalgar et m'impatientais devant mon petit écran.

    Dans ces cas là, on en appel à l'irrationnel pour justifier l'injustifiable. J'évoquais la maladresse de jouer quelques heures avant le premier mai quand on connait l'emblème du RCT. Je subodorais la volonté de l'ERC de ne pas jouer la finale dans un stade de football (Marseille). Je cherchais vainement une explication acceptable.

    Puis vint l'épisode de la mêlée la plus longue du Monde. Neuf minutes d'atermoiement, de  réitérations grotesques, de parlottes et de grimaces, de fautes et de truquages divers. Nous eûmes droit à une leçon de tricheries et de feintes, de refus et de contournement de la règle avec un arbitre imperturbable et un assesseur parfaitement en phase avec l'artiste.

     Mêlée qui s'effondre, pilier gauche qui glisse, pilier droit qui tombe, gaucher qui s'efface, droitier qui l'imite, impact qui met tout le monde au sol, mêlée qui se tourne ou qui se relève … La scène mérite de figurer dans les annales et qu'importe la façon d'orthographier la chose !

    L'irlandais s'est révélé comédien, les partenaires de nos pauvres piliers jouèrent les vierges effarouchées pour dénoncer la roublardise toulonnaise. Le palabre précédait chaque nouvelle tentative et nulle sanction ne semblait effleurer l'esprit retors de cet arbitre inconscient.

    Car il en faut de l'inconscience pour continuer à imposer un pareil calvaire à ces pauvres joueurs, mâchés par le monstre à seize pattes qui s'opposaient à eux. Les verts s'offrirent le luxe de changer le droitier après une dizaine de mêlée rejouées. La parodie agaçait prodigieusement Philippe Saint André qui sut se tenir et il faut l'en féliciter.

    La libération vint des arrières qui allèrent pointer entre les perches cet essai de pénalité que leur refusa jusqu'au bout du bout ce triste sir. N'en pouvant plus, j'abandonnais alors ce spectacle intolérable à ma conception de l'éthique sportive …

    Cartonrougement vôtre

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