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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Albi s'entraîne

 

Entraînement matinal.


Encore et encore !


Il est un peu plus de sept heures, en ce petit matin agréable. À Albi, les professionnels rugbymen évitent quand c'est possible les rayons ardents d'un soleil de juillet. Sur la pelouse synthétique, depuis bientôt une heure, deux hommes s'affairent à installer le matériel de torture. La séance physique s'annonce rude, elle puisera dans la filière lactique nous dit un connaisseur.


À l'arrivée des joueurs, on se croirait dans un centre médical. Tablette en main, le préparateur physique demande à chacun son niveau de fatigue sur la fameuse échelle de 0 à 10 qui fonctionne ici aussi ! Pendant ce temps, un médecin contrôle les petits bobos. Un garçon se voit dispensé de courir, il soulèvera de la fonte avant d'aller passer une échographie.


 Les gladiateurs sentrent sur le pré les uns après les autres. Des groupes conversent, les joueurs tranquilles attendent le début d'une séance qu'ils savent roborative. Les blessés passent saluer les valides, ils vont soulever des haltères !


À l'ultime seconde, Vincent, bon dernier mais à l'heure arrive en bicyclette. Il salue le chef qui acquiesce d'un geste magnanime. Pourtant, dans le vestiaire est inscrite cette maxime :

« C'est toujours le dernier qui est mordu par le chien !»


Les vingt -deux avants du groupe, allongés sur la pelouse font des étirements. Ça sent encore les vacances, même si bientôt les matches vont débuter. On devine dans l'air cette petite excitation qui annonce la reprise officielle.


Henry tourne à l'écart. Il prépare quelques plots pour marquer la touche. Il râle un peu aussi. La sempiternelle rengaine sur la disparition des ballons. Il faut reconnaître que le phénomène s'aggrave à chaque fois qu'il passe dans un club visité …


 Après une mise en jambes assez tranquille, les avants arrivent sur les boucliers. Les joueurs savent que quand ces derniers sont sortis, l'intensité et la fatigue seront au rendez-vous. C'est l'heure des petites tricheries avec soi-même, une ligne que l'on n' atteint jamais, un geste que l'on galvaude un peu. Notre ami Sud-Africain ne s'amuse pas à ces petits compromis.


Les joueurs soufflent, transpirent, geignent. Ils crachent, éructent et parfois vomissent. La bouteille est le premier réconfort ; le repos se fera debout. Sud-Africain rappelle à l'ordre ceux qui transgressent un peu !


Les joueurs des lignes arrières arrivent ! Ils ont bénéficié d'une heure de repos supplémentaire. Personne ne vient crier à l'injustice : ce que le chef décide n'est pas sujet à controverse au pays d'Ovalie. Les avants se dispersent sur le pré factice pour répéter des gammes. Lancer en touche, saut et prise de balle, remise et passe lointaine. De l'application, sinon ce n'est pas la peine se lamente Henry, qui constate que les bonnes habitudes ne sont pas encore prises.


 Les joueurs s'exécutent après quelques remarques. Une correction, un détail, un rappel au sérieux, une immersion dans le contexte du jeu, tout est prétexte à concentration et souci du geste juste. Si les pianistes font des gammes,ceux qui déménagent le piano les exécutent à leur manière!


On entend le sorcier du Gers encourager de la voix ses ouailles. Il félicite, il pique un peu, il reprend quelques détails et toujours il répète inlassablement : « Encore ! Encore ! » Car, comme dans beaucoup de compétences, cent fois sur l'ouvrage il faut remettre le métier. Le joueur de Rugby n'échappe pas à la règle. Même si c'est un jeu, c'est aussi un art complexe.



Albigeoisement vôtre.

L'aventure continue et je dois avouer qu'il est plus facile de voyager à pied. Vous en saurez d'avantage en poursuivant vos lectures.

 

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