Partager l'article ! Amer Apprentissage Aptère *: Seul le bout de bois s'envola ! Un brouillard épais se leva sur les pr ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Seul le bout de bois s'envola !
Un brouillard épais se leva sur les premiers pas des acteurs de nos finales régionales. Pour le jeune club de Saint Jean de Braye, le ciel bas, l'enjeu, l'humidité ambiante, la
peur de bien faire et l'inexpérience de ce genre d'évènement coupèrent les ailes* des petits hommes en bleu et rouge.
Sur le terrain d'honneur de Montargis qui accueillit si souvent les grands exploits de nos clubs fédéraux, ce sont les Petits Poucets de la quatrième série qui ouvraient le
bal. D'entrée de jeu, les troupes de Nicolas M. oublièrent toutes les recommandations dont ils avaient été abreuvés.
Une réception incertaine, un regroupement fébrile, un coup de pied directement en touche ; le ton était donné ! En face, les berrichons de Lunery allaient imposer leur
puissance et ce jeu groupé qui ne provoque ni surprise ni désagrément un jour comme celui-ci.
Mêlées perdues, touches égarées, en-avants et ballons rendus : toute la panoplie de l'équipe qui est tétanisée par l'importance de la rencontre. Ce qui devait arrivé arriva
tout naturellement au bout de quinze minutes de siège, avec un essai collectif et en force de la troupe en jaune et noir.
Puis, pas grand chose encore à se mettre sous le dent pour retrouver le moral. Bien au contraire. Des blessures, des coups qui font plus mal que d'habitude et des dégagements
qui vous reviennent sans cesse sur le nez. La maison bleue était en ordre dispersée !
Il fallut attendre la fin de cette mi-temps pour qu'il y eu une belle réaction, un retour à ce jeu débridé qui avait été promis, cette recherche de la vitesse et de
l'évitement qui avaient été exigés.
Une pénalité vite jouée, un essai sous les poteaux qui ne fut pas accordé et la messe venait d'être dite.
La suite sera une lente souffrance pour ceux qui cherchaient désespérément à donner des conseils. Ils n'arrivaient pas jusqu'à des oreilles déjà bien échaudées pour des garçons
incapables de renverser la situation malgré des efforts incontestables mais souvent désorganisés.
Le coup de sifflet final fut le coup de massue redouté. L'adversaire exultant alors que les Hommes du Jas s'effondraient et découvraient qu'un rugbyman peut parfois pleurer sur
un terrain. Cette fois, ils venaient de faire cet apprentissage que seule l'expérience permet de comprendre.
Une finale n'a rien à voir avec un autre jour, ce n'est pas un jour d'improvisation. Ils reviendront plus forts l'année prochaine en équipe de Rugby. C'est la seule leçon
retenue de cette expérience douloureuse mais indispensable.
La journée n'est pas la même qu'on soit du côté des gagnants ou des perdants. Pour ajouter à la peine, les amis de l'USO subissaient peu de temps après le même sort avec les
mêmes ingrédients. Alors, les déçus du jour se réfugièrent près de la buvette pour refaire le monde ovale.
C'est fou ce qu'il peut y avoir à dire pour quatre-vingt minutes d'efforts. Le verbe est bien le plus beau compagnon de notre Rugby ! Longtemps après son dernier match, l'homme
qui a joué a toujours quelque chose à raconter de cette aventure qui le distingue des autres, ceux qui n'ont jamais connu ce sport étrange.
Le jus de houblon ravive la mémoire et les anecdotes fusent jusqu'à tard dans la soirée. Les vainqueurs chantent, les perdants palabrent avec un petit coup dans cette aile*
retrouvée...
Aptèrement vôtre.
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