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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mardi 10 mai 2011 2 10 /05 /Mai /2011 06:19
- Publié dans : A la lumière d'une chandelle. - Communauté : partage

Le trio qui dessoiffe !




Si pas de très loin de chez vous, les amuse-gueules se donnent en spectacle ; osez la découverte d'un trio à nul autre pareil, d'une soirée entre rires et chansons, pantomimes et petits dérapages verbaux. Ne vous offusquez pas de point les avoir vu sur votre chère télévision, elle ne remplit jamais son rôle de découvreuse de talents originaux et sincères. Ne vous étonnez pas du silence des journaux, ils ont oublié depuis longtemps d'être curieux.

Un trio qui se plait à se faire la paire, histoire de tromper son monde, de jouer de la confusion ou de ne jamais se prendre au sérieux. Trois pour le prix de deux à moins que ce ne soit le contraire, cela n'a aucune importance, quand on aime, on ne compte pas !

Ce soir là, le tout Chécy se massait autour de tables rondes, de verre à pied et d'une scène sans microphone. Le trio s'offre à vous sans amplification ni fard, les projecteurs se font discrets et la musique ponctue plus qu'elle ne couvre les délires vocaux de nos amuseurs. Chacun trouve instrument à sa main pour donner la réplique au texte et à ses interprètes : guitare acoustique, accordéon, triangle, valise, tambourin, maracas et un petit clavier pour quelques facéties supplémentaires.

Là n'est pas l'essentiel. Il faut chercher entre voix et grimaces, l'essence même de ce tour de pitre de la chanson française délirante. Ni tout à fait chantées, ni tout à fait interprétées, les chansons sont exécutées en place publique, hautes et longues, drôles et moqueuses. Le public se fait complice d'un massacre feint pour jouir en toute jubilation.

Daniel Prat joue de l'ambiguïté des genres. À mi chemin entre fou du roi ou folle de service, ténor qui s'époumone ou qui s'offusque, grand monsieur ou vilain garnement, ils se donnent le mauvais rôle avec une délectation perverse. Le public est dans sa poche, le clin d'œil fripon ou la colère bougonne !

Aimée Levalleur apporte le piquant de la guêpe fine mouche, l'énergie du volcan en confusion, la folie butineuse et la lave du crapaud. Elle rayonne, s'offre le premier rôle, attitre tous les regards, nous prend par les oreilles, nous guide par le bout du nez et nous accroche le cœur. Elle irradie du bonheur de la scène.

Pascal Barcos se la joue en distance. Il ponctue, souligne, renforce ou corrige. Il accompagne du bout de la main, se fait ciment, complice ou empêcheur de roucouler en rond. Il est le contre-point des deux autres, son ironie décalée se fait complice des spectateurs quand la farce vire à la pantomime.

Trio hystérique qui s'offre une ballade aux personnages improbables. Prince hideux, reine de beauté niaiseuse, bonne coquine, couple qui déchire, couple en nuit de noce allusive, mari trompé, femme adultère, bergère, vacanciers  solitaires, rocker geigneux, … Tout est bon pour se jouer des voix, des dérapages, des décalages.

C'est l'amour sous toutes ses coutures qui est exploré entre chat et loup. Le décor de nos apparences tombe en loque, la farce tombe le voile de la mariée ou de l'hypocrisie bourgeoise. Nous nous laissons prendre par la main, nous nous offusquons parfois de mots gras, rions sous cape et finissons la soirée enthousiasmés par ce spectacle entre chanson et cabaret, théâtre et comédie.

Si vous les avez manqués, n'hésitez pas à passer par les Parcours et Jardins de nos amis d'ABCD, ils ne manqueront pas, de surgir entre deux nains de jardins, un moulin à vent et une catastrophe inévitable. Les amuse-gueules sont un rayon de soleil et il faut les consommer sans aucune modération.



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