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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 06:54
- Publié dans : Compétition et conséquences - Communauté : Le grand n'importe quoi !

Retour sur le pré.


Equipes 0050

    Je savais que la colère n'était pas bonne conseillère mais il est bon parfois de lâcher les vannes de la frustration, de laisser aller la rancœur jusqu'au bout de sa logique mortifère. Laisser aller les mots et les rancunes, aller au bout de ce qui encombre depuis trop longtemps, qui pèse comme une chape de plomb au risque hélas d'hériter de nouvelles querelles.

    Un prétexte, peut-être, une goutte d'eau sans doute, une algarade mineure certes mais si significative d'un état d'esprit général, d'une perte du sens collectif aussi qu'il fallait marquer en indiquant clairement la limite au-delà de laquelle, il n'est plus possible de fonctionner, de ravaler sa fierté, de manger son chapeau et ses convictions.

    Plier pour ne pas être pris pour un bouffon, ne fusse que par un seul comportement déplacé. Gronder pour que chacun comprenne que l'homme face au groupe n'est pas indestructible, que lui aussi prend des coups quand l'équipe va mal, quand le doute envahit le collectif, quand la défaite devient la compagne de chaque dimanche.

    Cela appartient à la loi du sport. J'y suis sans doute passé plus souvent qu'à mon tour. C'est sans doute que je n'ai pas les qualités nécessaires, mais ce n'est pas à un joueur dans sa logique de joueur d'en décider. Il y a le capitaine pour porter une parole à valeur générale. Par contre ce qui échappe totalement à la glorieuse incertitude de la compétition, c'est la trahison, l'abandon, l'évitement au sein du groupe.

    Tous dans la même galère devrait être la règle commune. Dès qu'un individu sort du rang, il met en danger tout le collectif. L'individualisme n'a rien à voir dans ce sport éminemment collectif. C'est quand on oublie cette évidence qu'on se met en danger au point de parfois y perdre son âme. C'est ce que j'ai cru décelé lorsque personne ne s'est élevé devant le manque de respect manifeste d'un seul. C'est ce qui m'a fait exploser quand il a pu ensuite s'autoriser la remarque qui tue.

    Depuis, j'ai reçu quelques marques de soutien, des messages de joueurs qui adoucissent le cuir bien trop endurci d'une vieille carne des bancs de touche. Il ne faut pas se leurrer, ils ne furent pas pléthore même s'ils étaient vraiment sincères. Je n'y ai pas répondus car je voulais que passe le fiel qui coulait dans mes veines. Je n'en pouvais plus et même si ma démarche se voulait pédagogique et constructive, il me fallait laisser couler la bile et l'amertume et ne rien dire tant que tout ne fut pas accepté à défaut d'être évacué.

    Je vais retrouver les garçons, tous ceux qui ne sont pas coupables mais un peu responsables quand même par trop de silence, trop de faiblesse, trop de tentations extérieures. J'espère qu'ils auront compris qu'un engagement demande une implication individuelle dans la régulation collective, que fermer les yeux aux dérapages de ses voisins, c'est mettre en danger le fragile édifice que constitue une association humaine.

    J'ai grande peine à ne voir que les valeurs de partage n'ont plus nécessairement cour dans le milieu du Rugby. L'individualisme sociétal a fait son chemin dans nos rangs aussi et il me faut veiller à ne plus toucher les susceptibilités. On va me demander des comptes de propos qui restent anonymes. C'est bien étrange de donner importance à mes écrits secrets.

    J'ai pris l'habitude de gérer les conflits au travers de la crise. Il y a bien-sûr un risque de mener le combat de trop, de déclencher la foudre qui me clouera au sol, de blesser celui que je voulais seulement tancer. Je ne sais pas encore si ce temps est venu. J'en saurai davantage dans les jours qui vont suivre. Mais la crise n'est utile que s'il en sort des promesses d'avenir, des engagements précis et des actes à tenir. Seul l'avenir dira si je pouvais compter sur-eux ! Mais pour l'heure, les retrouver tous serait un vrai plaisir !


    Caractériellement vôtre.

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