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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Après la colère.

Retour sur le pré.


Equipes 0050

    Je savais que la colère n'était pas bonne conseillère mais il est bon parfois de lâcher les vannes de la frustration, de laisser aller la rancœur jusqu'au bout de sa logique mortifère. Laisser aller les mots et les rancunes, aller au bout de ce qui encombre depuis trop longtemps, qui pèse comme une chape de plomb au risque hélas d'hériter de nouvelles querelles.

    Un prétexte, peut-être, une goutte d'eau sans doute, une algarade mineure certes mais si significative d'un état d'esprit général, d'une perte du sens collectif aussi qu'il fallait marquer en indiquant clairement la limite au-delà de laquelle, il n'est plus possible de fonctionner, de ravaler sa fierté, de manger son chapeau et ses convictions.

    Plier pour ne pas être pris pour un bouffon, ne fusse que par un seul comportement déplacé. Gronder pour que chacun comprenne que l'homme face au groupe n'est pas indestructible, que lui aussi prend des coups quand l'équipe va mal, quand le doute envahit le collectif, quand la défaite devient la compagne de chaque dimanche.

    Cela appartient à la loi du sport. J'y suis sans doute passé plus souvent qu'à mon tour. C'est sans doute que je n'ai pas les qualités nécessaires, mais ce n'est pas à un joueur dans sa logique de joueur d'en décider. Il y a le capitaine pour porter une parole à valeur générale. Par contre ce qui échappe totalement à la glorieuse incertitude de la compétition, c'est la trahison, l'abandon, l'évitement au sein du groupe.

    Tous dans la même galère devrait être la règle commune. Dès qu'un individu sort du rang, il met en danger tout le collectif. L'individualisme n'a rien à voir dans ce sport éminemment collectif. C'est quand on oublie cette évidence qu'on se met en danger au point de parfois y perdre son âme. C'est ce que j'ai cru décelé lorsque personne ne s'est élevé devant le manque de respect manifeste d'un seul. C'est ce qui m'a fait exploser quand il a pu ensuite s'autoriser la remarque qui tue.

    Depuis, j'ai reçu quelques marques de soutien, des messages de joueurs qui adoucissent le cuir bien trop endurci d'une vieille carne des bancs de touche. Il ne faut pas se leurrer, ils ne furent pas pléthore même s'ils étaient vraiment sincères. Je n'y ai pas répondus car je voulais que passe le fiel qui coulait dans mes veines. Je n'en pouvais plus et même si ma démarche se voulait pédagogique et constructive, il me fallait laisser couler la bile et l'amertume et ne rien dire tant que tout ne fut pas accepté à défaut d'être évacué.

    Je vais retrouver les garçons, tous ceux qui ne sont pas coupables mais un peu responsables quand même par trop de silence, trop de faiblesse, trop de tentations extérieures. J'espère qu'ils auront compris qu'un engagement demande une implication individuelle dans la régulation collective, que fermer les yeux aux dérapages de ses voisins, c'est mettre en danger le fragile édifice que constitue une association humaine.

    J'ai grande peine à ne voir que les valeurs de partage n'ont plus nécessairement cour dans le milieu du Rugby. L'individualisme sociétal a fait son chemin dans nos rangs aussi et il me faut veiller à ne plus toucher les susceptibilités. On va me demander des comptes de propos qui restent anonymes. C'est bien étrange de donner importance à mes écrits secrets.

    J'ai pris l'habitude de gérer les conflits au travers de la crise. Il y a bien-sûr un risque de mener le combat de trop, de déclencher la foudre qui me clouera au sol, de blesser celui que je voulais seulement tancer. Je ne sais pas encore si ce temps est venu. J'en saurai davantage dans les jours qui vont suivre. Mais la crise n'est utile que s'il en sort des promesses d'avenir, des engagements précis et des actes à tenir. Seul l'avenir dira si je pouvais compter sur-eux ! Mais pour l'heure, les retrouver tous serait un vrai plaisir !


    Caractériellement vôtre.

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Patrick 14/03/2011 17:43



Mon Ami,
les deux dernières phrases de ton propos dominical me laissent croire que demain sera meilleur.
Il y a toujours un niveau au-dessous duquel on ne peut plus descendre. Ou tu tapes au fond de la piscine pour remonter et repartir, ou tu te laisses emporter sans aucun espoir.
Tu n'es pas du genre second.
Ce groupe que nous étions en ce morne dimanche m'a fait penser à une représentation de tout comportement normal à l'intérieur d'un collectif.


Là, c'était dans le domaine sportif, dans un jeu qui se dit et se veut collectif. Dans un groupe, quand tout va bien, on ne voit pas les petites failles qui existent quand meme. Les rires, les
chansons, les boissons et les retrouvailles renforcent l'esprit de camaraderie ou d'amitiè.
Pour nous, en ces temps, c'est la période des vaches maigres. Comme pour le monde, nous sommes en crise, triste et abattus. Tout le monde y va de ses propos, de ses jugements, de ses
condamnations, en toute franchise et sans intention pourtant de faire mal aux autres membres.
Il y a ceux qui parlent, ceux qui se taisent mais pensent, il y a ceux qui sont tristes, ceux qui s'intérrogent. Il y a les leaders, les soldats, ceux qui se battent encore, ceux qui sont
résignés.
Il y a ceux . . . je pourrais continuer


Personne n'est insensible à ce qui se passe.
Trouvons la force et les outils pour finir tant bien que mal  cette saison usante et démobilisante.
Les juniors arrivent. Les anciens vont avoir la saison prochaine une mission d'encadrement et d'accompagnement des jeunes.
IL FAUT CROIRE AUX LENDEMAINS MEILLEURS.


MOI J'Y CROIS



BR 14/03/2011 18:57



Patrick


 


Il y a les mots qu'on écrit et qui parfois font des dégats et puis il y a la réalité du terrain qui elle, en fait à chaque match. La défaite pour unnique issue, la colère des uns, la fuite des
autres, le silence de certains, les larmes ou les coups de gueule et le danger immense de se perdre après avoir perdu !


Quand entendrons nous des chants et des rires dans ce club ?


Quand l'amitié aura retrouvé lle chemin ?


Quand le bonheur sera-t-il sur notre pré ?


Je desespère de tout et d'abord de moi-même. C'est ce qui me fait parfois sortir du cadre. Pourtant je crois toujours en l'homme si parfois il me désespère, je crois au travail même si souvent il
est fait sans conviction, je crois à la technique même si l'idée de faire des progrès n'est pas dominante.


Le seul plaisir du Rugby c'est la victoire et non le gentil entraînement du vendredi.


Comment leur faire comprendre que les chants se gagnent dans les efforts ...


J'enrage mais demain, j'y croirai encore.


 


Bernard


 



Le ch'timi 13/03/2011 23:50



Cher Bernard,



Hymne à la vie, la naissance
Les premiers pas d’un enfant, ses souvenirs
Ses découvertes, ses jeux, l’amour des parents,
Etre accepté et aimé, ce n’est pas toujours vrai !
Puis vient l’école, notre village, l’Eglise
L’éducation, les bonnes manières, l’apprentissage
La propreté, le besoin de s’affirmer,
Celui de s’exprimer, parfois on l’en empêche
La protection et l’amour de ce petit être
Pour qui tout est neuf au quotidien
Lui donneront tout ce qu’il attend
En recevant le meilleur soutien de ses parents.

L’adolescence

L’adolescence est une période perturbante
Les hautes écoles ne sont guère toujours faciles
C’est le moment où l’on se cherche
Notre corps se transforme, il s’épanouit
Premier baiser, premier amour, les pièges de la vie
Orientation du travail, il faut savoir choisir
On cherche la tendresse, la sensualité
La liberté aussi, on veut se débrouiller seul
La mode nous interpelle, on devient « moi », on s’affirme
On trouve au contact de l’autre les premiers émois
Période transitoire entre l’enfant et l’adulte
Où corps et cœur sont envahis d’émotions.

L’adulte

L’âge adulte est celui des responsabilités
Passion d’un amour, désirs brûlants et ardents
Où corps et cœurs se confondent et cherchent l’avenir
Besoin d’un travail pour affronter les problèmes
Jusqu’à ce que l’on soit prêt pour fonder une famille
Et à son tour transmettre à ses chers enfants
L’éducation, le bonheur reçu de nos parents.

La vieillesse

Après une vie bien remplie
De joies, de peines et d’amour
Il ne reste que les souvenirs brûlants
Enfouis en nos cœurs et en notre mémoire vive.
Et si nous avons maîtrisé et réalisé en toutes ces années
Nos souhaits, nos désirs, nos plus folles espérances
Il faut être heureux des jours accordés.
Respect des cheveux blancs et riches d’expériences
Accordons-leur l’écoute et un peu de patience
Jusqu’à ce que le glas nous emmène
Vers un monde que l’on ne connaît pas
Et que la mort nous escorte
Main dans la main vers l’au-delà ………….

Josiane


 


amitiés de nuit


Patrick



BR 14/03/2011 06:26



Merci Ch'timi mais cette année, il y a vraiment rien à faire.


 


Nouvelle défaite alors que nous avions le match en main.


le groupe explose, des mots font mal, des larmes coulent.


 


Ce n'est que du sport mais perde tous les dimanches, c'est un calvaire.


Nous n'en pouvons plus, nous nous interrogeons sur nous-même, sur les autres, sur les raisons de continuer. C'est terrible alors que ça devrait être un loisir !


 


Amicalement