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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 16:16
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares - Communauté : Les rugbymens

De Najac à Cordes

Deux demi-étapes !

 

 

J'abandonnai au petit matin ce monsieur qu'il ne fallait surtout pas déranger. Je partais pour Cordes et comme il se doit, il pleuvait sur la route. Je ne décolérais pas de la mauvaise nuit que me fit passer cet artiste pingre.

 

Je ressassais des pensées vengeresses en mettant un pied devant l'autre, sous une température que je qualifierais de frisquette. La colère est chez moi, source de motivation, j'avais dans la tête un billet à venir. Celui qui se dresse sur ma route hérite assez souvent d'un habit taillé pour l'hiver.

 

La route était pentue, le vent du nord soufflait et la pluie se faisait drue. Je n'avais pas déjeuné, je n'avais pas non plus mis mon billet en ligne, ce que je ressentis comme la plus grande des incorrections !

 

Je ruminais ma vengeance, plat qui se satisfait forcément d'un vent du nord. À Saint Nicolas, je trouvai une bande de marcheurs, tous équipés de capes, qui allaient partir après la photographie de groupe. Je les saluai bien bas mais peu me rendirent mon bonjour et aucun d'entre-eux ne s'enquit de mon parcours. Le groupe est souvent autiste !

 

Je profitai d'une auberge pour user de la Wi-Fi qu'on m'avait refusée à Najac. Je payai fort cher le jus d'orange pour remplir mon programme dans les délais impartis. Je vis de contraintes même durant mes congés et je m'honore de respecter la parole donnée !

 

 

Je terminai ce demi-parcours en solitaire jusqu'à Laguépie. J'avais les abeilles, vous comprendrez pourquoi. Après un peu plus de trois heures de marche, je pris mon clavier et refis le portrait de mon artiste pingre !

 

C'est alors qu'arriva avec un peu de retard, (tradition immuable chez l'Aveyronnais) le cousin Daniel flanqué de son beau-frère Étienne. L'un des deux accompagnera ma route tandis que l'autre servira de chauffeur !

 

De Laguépie à Najac, le chemin conduit le marcheur du plateau au creux de la vallé de l'Aymère, avant que de remonter la vallée pour finalement plonger sur Cordes la magnifique. Daniel était très frais, il allait bon train. Je sentis enfin le poids des kilomètres ou bien l'odeur toute proche de l'écurie.

 

J'avançais à grand peine pour suivre ce cabri qui, dès que la route s'élève, hausse le pas et le ton. Nous discutions,ou plutôt j'acquiesçais à toutes les remarques judicieuses que Daniel avançait.

J'appris ainsi que le piquet d'acacia dure plus de quarante ans lorsqu'il est planté en terre. Je renouvelai une fois encore ma culture ovine et appris tout ce qu'il fallait savoir sur le fil barbelé, un sujet loin d'être barbant !

 

Lorsque nous aperçûmes au loin Cordes en plein ciel, nous posâmes nos besaces et récupérèrent un peu pour arriver dignement dans cette ville touristique. Pour l'un des deux, le contrat fut rempli, mais pour l'autre, la pente pavée lui porta un coup fatal !

 

Je trouvai chambre à mon goût et connexion parfaite pour établir le lien avec tous les marcheurs imaginaires qui sillonnent la route, tous les jours à mes côtés. J'étais au bout du rouleau, je traînais les jambes tout aussi bien que les mains. J'avais sommeil et hâte d'être à ce demain final !

 

 

Cousinadement vôtre

Cette fois je suis à Albi.

J'ai retrouvé Henry au Stadium et j'ai même eu droit au bain d'eau glacée pour récupérer un peu.

Les récits vont continuer encore un peu pour vous déshabituer lentement ...

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