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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 09:07
- Publié dans : Fable - Communauté : Les chroniques de la meute
Expédition au pôle de la mort lente …

À tous ceux qui ne comptent plus
Surtout dans les statistiques officielles !



    Corinne a perdu son emploi, quoi de plus tristement banal dans le contexte calamiteux que traversent tous ces gens de peu qui rentrent, les uns après les autres, dans la foule immense de cette variable d'ajustement qu'un monde égoïste laisse au bord du chemin.

    Corinne est devenue un de ces numéros qu'il faut gérer en moins de quinze minutes dans des pôles emplois qui sont devenus des lieux d'inhumanité et de chagrin. Un manager zélé, thuriféraire d'un pouvoir hautain, impose la cadence à des fonctionnaires désemparés qui ont perdu de vue leur mission de service public.

    Corinne n'est plus Corinne, elle est une référence à indiquer à chaque convocation. Elle s'efface devant la statistique, elle disparaît dans des catégories, elle se dilue dans cette foule anonyme des condamnés.
    Elle pensait trouver de l'écoute et de la compréhension, des partenaires d'un temps pour retrouver le chemin du travail et de la dignité. Hélas, sans emploi, toute fierté est niée par par un administration de sévisse collectif chargée de radier, d'expurger, de décourager des candidats à l'indemnisation légitime.

    Elle se retrouve avec tous ses compagnons de misère dans une situation de négation de son humanité. Faire la queue, ne plus être libre de son temps et de ses désirs, s'effacer devant les injonctions administratives. Tous les ingrédients de la machine à broyer, les individus sont réunis dans ce pôle de la désespérance.
    Elle découvre les journées vides qui n'en finissent pas de lui rappeler son état d'indignité : « Elle est sans emploi ! » Elle multiplie les démarches, les lettres à l'amer qui restent toujours sans réponse, les candidatures spontanées qu'on accueille avec cette ironie insupportable des nantis. Elle espère ses premières indemnités, une avance sur un dû qui exige courbettes et humiliations.

    Corinne ne touche plus rien depuis 3 mois, elle n'est pas la seule dans ce cas, ils sont des milliers à se retrouver du jour en lendemain sans cet apport mensuel qui permet d'assumer l'essentiel et les impératifs incontournables. Elle est contrainte au miracle, il faut payer à l'état et ses sbires ce que l'état et ses supplétifs ne lui versent pas en temps et en heure.
    Corinne fulmine, la banque ne lui fera aucun cadeau, les mensualités sont sacrées et aucun retard ne sera accepté par une officine qui oublie qu'elle a été sauvée du naufrage par l'argent de tous, il y a si peu !

    Elle n'a que ses yeux pour pleurer et nul endroit pour exprimer cette rage devant tant de mépris et de bassesse. Heureusement pour elle, elle a trouvé une épaule sur laquelle s'appuyer. Une association lui ouvre son cœur et lui reconnaît cette dignité dont on voudrait la déposséder.
    C'est là, lors d'un concert du festival de Travers qu'elle m'a confié son désarroi et ses mots de révolte qu'elle aimerait ouvrir à l'espace public. Je me suis permis de lui servir de truchement pour que ses cris de rage prennent leur envol et s'en aillent sur la vague toucher quelques consciences.

    Ce sont bien les consciences qu'il faut convoquer dans cette société de la honte et des inégalités, de l'égoïsme et des profiteurs. Monsieur Jean Paul Agon de L'Oréal touchera 14,22 millions d'euros cette année tandis que Corinne et tant d'autres ne toucheront rien pour ce mois de novembre. Honte à lui et à tous ces grands patrons qui ne s'embarrassent plus d'ouvriers et d'employés. Que la malédiction des humbles puisse un jour les frapper !


    Damnationgrandpatronalement vôtre.
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Commentaires

Bonjour ! Je suis de passage sur le blog. Je passe rarement mais je ne vous oublie pas car vous êtes dans mes Liens ! Je viens de lire l'article. Beaucoup de tristesse actuellement dans cette période. Nul n'est à l'abri : réduction d'activité, licenciements... La consommation ne décole pas : les gens sont inquients. Il n'est pas rare que dans une maison, il n'y ait pas quelqu'un touché par cette crise. On ne peut que subir malheureusement car c'est mondial. Je saute du coq à l'âne, malgré mes rares visites, je suis toujours fan d'ovalie. Bonne continuation : j'admire vos articles ! Je vous souhaite de bien débuter la semaine et à bientôt.
Commentaire n°1 posté par Thierry-alias-Jean-Philippe le 08/11/2009 à 21h02
Merci de vos vistes.

Il est certain que le contexte est délicat, l'économie chancelante, la conjecture morose, …

J'entends tout ça !

Le Rugby est mon cœur de cible, ses valeurs sont au centre de mes préoccupations.

Notre société se détourne des valeurs de loyauté, d'humanité, de solidarité qui font la valeur de notre sport. C'est cette perte du sens de l'humain que je voulais mettre en avant dans ce texte qui n'est pas tout à fait ovale !

Merci
Réponse de BR le 09/11/2009 à 13h03
Je connais tant et tant de Corinne, Brigitte, Fatima, Suzanne....

Elles ont 30, 40, 25, 87 ans et la vie ne les épargne pas.
L'Etat non plus, et elles sont mises au ban de la société.

Sans travail, bonnes à rien, incapables de "réussir", des assistées à qui on ne verse même pas leur dû, mais des délinquantes bien entendu puisqu'elles creusent les "déficits" alors que les Stés côtées au CAC 40 ont retrouvé plus que des couleurs et font des bénéfices encore plus faramineux que ceux d'avant crise.

L'une d'entre elle est victime de violences conjugales, mais elle est étrangère, alors...
Dénoncée par son s... de mari qui la jette à sa façon en pértendant qu'elle a quitté le domicile conjugal, la Préfecture du Loiret fait donc tout pour l'expulser malgré ses dépôts de plainte et témoignages.
Le mari a parlé le premier, elle a eu le tort d'avoir peur, de ne rien connaître à la loi, et en plus d'avoir honte d'avoir subi...

Suzanne a 87 ans, elle vit dans une petite ville du côté de Montargis.
Depuis plus d'un mois maintenant, elle n'a plus de chauffage, parce qu'on lui a coupé le gaz.
Pas d'eau chaude, pas de quoi cuisiner, se chauffer.
Une voisine lui a prếté une petite plaque électrique ainsi qu'un chauffage d'appoint.
Si elle fait la cuisine, elle ne peut se chauffer, et elle a tant peur de mettre le feu avec son radiateur d'appoint qu'elle ne se chauffe pas la nuit.
A la mairie, on lui a dit que c'était normal qu'elle n'avait qu'à payer ses factures.
Ah, au fait Suzanne a encore à charge l'une de ses filles qui est handicapée.

Il y a deux ans, à Orléans une couple de personnes âgées à préférer donner la mort à leur fils et se suicider ensuite plutôt que d'avoir à vivre la séparation d'avec un enfant de près de 60 ans, lui aussi handicapé.

De toutes ces femmes, parle-t-on de leurs enfants ?
Car la plupart en ont.

Sûr que l'on parlera d'elle si d'aventure l'un de leurs enfants venait à commettre un délit.
Et la société appuiera bien là où cela fait mal, bien sur la tête pour noyer ces inconséquentes :
- " Comment, mais vous n'avez pas de travail, vous êtes au chômage, quel exemple avez-vous donné à votre/vos enfant(s) ?

La boucle est bouclée, ce sont les pauvres, les malades, les vieilles et vieux qui sont responsables de leur éat.
Eradiquons cette engeance, nous dira bientôt l'un de ces zélés zélateurs, ils appauvrissent et abâtardissent la France.

Mon pays à moi, celui dont mes grands-parents, mes parents me disaient que je lui appartenais n'avait aucune de ces "présumées valeurs" qui font une non-identité nationale.
J'ai envie parfois de tout foutre en l'air, de hurler, de revenir à une révolution qui avait pris le nom de française.

Et puis, parce que sans doute mes parents et grands-parents m'ont inculqué de vraies valeurs de solidarité, de Liberté, d'Egalité, de Fraternité,  je m'enferme dans ma chambre, je pleure de rage un bon coup, et dès le lendemain je repars en résistance...

Corinne, Brigitte, Fatima, Suzanne...tant et tant d'autres noms de femmes, mais aussi d'hommes et d'enfants, toute une société mise au ban de la Société Sarkozyste...
Et jusqu'à quand ?
Commentaire n°2 posté par Circé le 08/11/2009 à 21h00
J'ai croisé cette Corinne à un spectacle du festival de travers. Elle avait envie que j'écrive un texte sur sa situation de "cliente" du Pôle Emploi.

Délicate demande car il faut toucher, émouvoir, rendre compte et donner à réfléchir en un lieu où la politique n'est pas spontanéement attenue. (Je ne veux pas me laisser enfermer par le Rugby mais il faut profiter d'un public qui n'est pas acquis pour avancer des idées. Tout celà exige de la mesure alors que ceux d'en face sont dans la démesure …)

J'espère avoir réussi à toucher, à la fois les cœurs et des sportifs sans opinions.

Je comprends votre engagement, je l'admire aussi sans être capable d'une telle démarche.
J'espère que, par quelques touches, de coi de là, dans ce blog sportif, j'ouvre des consciences et œuvre à ma manière à ce grand dessein qui est le vötre : "faire tomber la bête immonde qui a pris le pouvoir avec la complicité bêlante de tant d'hommes et de femmes dans la détresse"

Nous pourrions l'évoquer un jour mais le Nain a  été élu par des femmes qui ne supportaient pas la candidate PS. Que n'ai-je entendu sur le marché sur Ségolène, des réflexions dénuées de toutes remarques politiques, des attaques sur la femme par des femmes...

Stupide, absurde, affligeant, les pauvres ont plus fait reculer la cause féministe avec le petit hôte du palais qu'avec cette candidate à la démarche politique bien ambiguë, il faut l'admettre.

Je m'égare mais une femme au pouvoir ne permettrait pas de telles horreurs !
enfin j'ose l'espérer ……

Réponse de BR le 09/11/2009 à 12h59
voilà une chouette initiative... salvatrice... à developper!... chris
Commentaire n°3 posté par chris spé le 08/11/2009 à 18h50
Merci mais il faut préciser pourquoi ?
Réponse de BR le 08/11/2009 à 19h30
Par BR
 
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