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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Au jardin de l'éméché ...

À l'abattoir !

 

 




Fin juin en notre bonne ville d'Orléans, le festival de Jazz s'offre au grand public dans sa version gratuite. C'est au jardin de l'évêché que se déroule pendant les beaux jours de notre début d'été, les soirées mémorables qui nous conduisent tranquillement vers les vacances scolaires. Le temps est  l'insouciance, la vie se plie au rythme à venir, celui qui ne se soucie guère de savoir quelle heure il se fait !

La troupe des bénévoles d'ABCD a planté quelques tentes pour agrémenter les concerts de plaisirs gustatifs. C'est l'empire des sens.  Monseigneur l'évêque doit se pincer, à la vue d'une telle débauche de plaisirs épicuriens. La musique, le vin et la bonne chair !  Le péché de gourmandise  tombe dans les travers de la volupté. Combien d'âmes perdues en ces longues soirées musicales ?

Je ne suis pas un spécialiste du jazz. Je laisse en arrière plan ce que d'autres goûtent avec délectation devant la scène. C'est aussi le charme de ce lieu que de mêler les plaisirs dans le respect de chacun. Sous les arbres, les promeneurs viennent tout autant retrouver des amis perdus de vue tout au long de l'année, que s'offrir une pause festival.

C'est au pied de l'abattoir qui se retrouvent les parleurs debout. Ils se reconnaissent aisément, ils ont besoin d'un verre à la main pour refaire à n'en plus finir un monde qui va toujours de guingois. Plus la soirée s'allonge et plus les choses sont à redresser. C'est le charme des discussions de comptoir que de ne jamais compter sa salive.

Quelques petits vins de pays entretiennent la bourse de l'association pour le prochain festival de Travers, tout en abreuvant modérément ces discoureurs du clair de lune. La musique entraîne les parleurs vers des contrées inexplorées. Elle donne le « la » et le premier commentaire ; il faut rendre au festival ce plaisir qu'il nous offre !

Puis c'est la loterie des palabres vinicoles. Rien n'arrête le virtuose du verre à pied. On pérore, on disserte, on s'emporte, on se raconte, on se confie, on se découvre. Le vin est bon, la nuit est douce, la musique bourdonne en arrière plan. C'est ainsi que tous les soirs, le monde est refait de fond en comble, que la politique de la ville est revue et rectifiée quand celle du pays est totalement chamboulée.

Sur la scène l'improvisation est la règle, le principe fondateur d'une musique instinctive. Qu'elle soit jubilatoire ou cérébrale, elle lâche la bride, elle libère tous les possibles. Sur le comptoir, l'approximation est de mise, le fil conducteur en état d'ivresse. C'est une conversation vindicative. Qu'elle soit expiatoire ou bancale, elle « bâche » plus souvent qu'à son tour et concerne tous les fossiles.

La preuve vient d'être donnée que l'abattoir a une étrange influence sur ceux qui fréquentent assidument ce lieu de perdition. Mais, rassurez-vous l'été approche, ces quelques instants de folie douce sont vite oublié. Chacun vivra son train dans la sobriété retrouvée. Alors pour ces quelques jours d'insouciance, on ferme les yeux en ouvrant grand oreilles et bouche.

Partout dans nos villes, il existe des havres de paix et de concorde. Ils sont tenus par des bénévoles, des gens qui donnent du temps d'un côté, d'autres qui donnent beaucoup d'eux-mêmes de l'autre pour qu'une association remplisse ses caisses. C'est le principe des vases communicants, c'est une loi de la physique élémentaire que nous mettons en application avec  zèle et répétition.

Au jardin de l'évêché, nous ne sommes pas vraiment éméchés même si nous avons le clair de Lune comme témoin éclairant. Nous buvons quelques verres, nous  profitons de la musique et de la nuit. La vie est belle sous les étoiles !



Bacchanalement vôtre.

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Miguel 25/06/2011 14:46



Je rectifie une info qui est fausse et je dis qu'il faut se méfier des préjugés.C'est pas parce qu'un homme est Evèque, qu'il est par nature coincé. Si cette figure de style est commune, elle est
aussi facile... et amène à une mauvaise conclusion dans ce cas précis.


Mais je ne défends rien ici, Je sais que la cause est perdue d'avance :)



BR 25/06/2011 17:07



Miguel

Décidément, votre sérieux en toute chose me désarme. J'entends votre envie de rétablir l'honneur de monseigneur. Je vous le concède car je devine une souffrance à voir sali bien futilement
l'image de ce saint homme.

Que le diocèse accepte les excuses d'un mécréant indécrottable, je bats ma coulpe et demande votre pardon.



Miguel 25/06/2011 01:26



Pour info, l'Evèque n'habite pas à proximité du jardin de l'évèché. L'évèché se trouve place St Aignan :) Par ailleurs, le nouivel Evèque a l'air moins coincé que tu ne sembles le croire. ça te
surprendrait...



BR 25/06/2011 08:37



Miguel


 


Voilà une information utile à qui défend la thérie de la calotte altière ! Qaunt à moi, je ne me soucie guère de l'exactitude en la circonstance et use de la  parabole païenne.


Merci pour la vidéo, rendons à César ce qui lui revient de droit.