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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 07:04
- Publié dans : Y'a pas que le rugby dans la vie - Communauté : Secrets d'école

La langue pâteuse …

 


Le sens de l'imitation, l'imprégnation par la médiocrité, l'envie de singer les grands hommes ou les bêtes de médias provoquent une excroissance déplaisante de notre lexique de truismes, maladresses syntaxiques et autres inepties qui ne valent que parce qu'elles sont répétées d'un bout à l'autre de cette francophobie de la médiocrité.

Parmi les expressions les plus laides et les plus inutiles, ce « au jour d'aujourd'hui » est une formidable caisse de dé-résonance, une ouverture vers le précipice des idées reçues, des évidences à la petite semaine, des arguments tout droits sortis de la boîte du bon-sens près de chez vous.

Méfiez vous comme de la peste qu'il annonce, de ce monsieur qui vous joue la redondance des temps présents. Il va vous assener une vérité de super-marché, une facilité qui lui épargne réflexion et distance et qui lui confère une autorité morale factice par l'usage de cette docte formule de l'immédiateté répétée.

Collectionneur d'énervements multiples au sujet de la langue, j'aime à épingler ces absurdités qui font des ricochets de bouche en bouche bien plus vite que les mots délicats, les termes complexes, les pensées rares. Je mettrai au premier plan de ces expressions vides de sens, la magnifique et inégalée « feuille de route » qui s'envole au premier coup de vent et se froisse pour un rien. Elle peut se parer d'un doute qui lui eut donné corps et profondeur plutôt que de cette chaussée faite d'une immense platitude.

Le « parcours du combattant » est d'autant plus employé que ces contempteurs sont des êtres maigrichons, aussi peu sportifs que peut l'être sans doute le poulpe ou la méduse et qui attribuent aux arcanes de l'administration souveraine des chausse-trappes et des pièges bien au-delà de son habituel « pouvoir de nuisance ».

Tiens voilà que moi aussi, je sacrifie à cette langue pâteuse, qui se satisfait de peu pour prendre l'apparence d'une distinction qu'elle ne parviendra jamais à atteindre. Le risque est grand de sombrer dans cet usage immodéré de la langue de salons dorés. Je ferais mieux de mettre un « point barre » sur ce billet en confondant comme beaucoup le final et la barre espace si proche qui se contente de mettre un peu d'espace à nos problèmes de ponctuation sans les « solutionner » vraiment.

Diantre me voici encore tombé dans le bois exotique, celui qui transforme la complexité d'un verbe du troisième groupe, résoudre en l'occurrence, en un vilain raccourci du premier, celui qui se conjugue à tous les temps de la facilité. « Visiblement » je ferais bien mieux de cesser ce jeu idiot, toutes les stupidités me tombent sur le clavier avec une facilité déconcertante. Le lisible est à porté de risible sans que la voyance y soit pour grand chose …

« Vous voyez ce que je veux dire ? ». Non seulement j'efface « d'un trait de plume » la richesse de l'inversion sujet verbe dans la forme interrogative, mais je sombre une nouvelle fois dans cette « Visibilité » indispensable dans un monde voué à la seule apparence.

Je devine que je vais encore « réceptionner » quelques commentaires agacés des chantres de la modernité qui trouveront que je mène encore un « combat d'arrière -garde ». J'aurais pu tout aussi bien recevoir des remarques courroucées pour mes positions passéistes, mais voyez-vous, la formule n'aurait pas cette saveur inimitable de la nouvelle langue de bois.

Je vous laisse « faire du peu feu » de ce billet sans queue ni quête. J'use à loisir de la » langue de chez nous » pour déblatérer à plaisir quand je n'ai plus rien à écrire et qu'il me faut faire un billet « à l'arrache ! ».

Copeauxieusement vôtre

 

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