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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 06:39
- Publié dans : Fable - Communauté : Le grand n'importe quoi !

3 : Sur la belle Cosnoise

 



Il est un bateau de bois, immobile, sur les quais d'Orléans et à nul autre pareil. Si la voile est hissée, c'est pour servir de parasol. S'il a une cabane, c'est pour y faire la cuisine. Sur le pont, deux grandes tables sont dressées, et à toutes heures, le temps est aux couverts !

Quant aux drôles de mariniers qui ont jeté l'ancre en ces lieux, ils sont bien plus souvent assis qu'à la barre et seul le maître queux s'aventure encore à user pour gouvernail d'une grande pelle de bois. « La tambouille plutôt que la patouille ! » est la devise sur cette toue cuisinière qui ne risque jamais la cale sèche.

La vie est belle sur la Cosnoise tout autant que le vin bon et abondant, la chair succulente et la compagnie accueillante. Rien ne peut perturber l'équipage quand l'heure est venue de manger. Point n'est besoin de définir de tour de quart, nul ne manque à bord quand la cloche a sonné.

 


La troupe a le pied marin et l'estomac solide, le coup de fourchette plus sûr que le coup de bourde mais comment leur en tenir rigueur ? S'ils viennent à écoper, c'est à grands coups de coude ; le verre ne reste jamais bien longtemps au bord des lèvres à moins qu'une chansonnette ait pris, provisoirement la place.

La manœuvre la plus mal commode est quand il faut quitter la table. Il y a tant de monde sur le pont qu'il faut regarder où l'on met les pieds. Pour le reste, n'ayez crainte, le cœur est à bord et la joie éclaire tous les visages !



4 : Si loin de la foule


Un soleil rasant annonce la fin de la soirée, la foule se presse déjà, elle se fera bientôt multitude pour assister, à la nuit,  au clou du spectacle, une féérie d'artifices. Une petite bise nous donne envie de hisser la voile, de prendre le large pour fuir le bruit de la foule.

Plus loin, à l'écart d'une petite plage, des gens attendent heureux et tranquilles. Nous venons poser le bateau tout près d'eux. Ils demandent si nous pouvons les monter à bord, le règlement est formel, nous le contournons en leur leur proposant ballade immobile en chansons et en histoires de Loire. La lumière mordorée éclaire la scène, lui confère une merveilleuse magie.

La guitare de maître Jacques emporte les cœurs, les notes s'envolent au gré du courant. L'auditoire se fait silencieux, le murmure lointain ne nous concerne plus. La voix du marinier conteur prend alors par la main ce si petit auditoire.

Au bord du fleuve, il n'est plus question de spectacle ou de marchands. Les yeux se ferment, la Loire emmène la troupe qui reste sur le sable. Un voyage immobile entre texte et chanson, entre Loire et poésie, loin d'ici et pourtant si près, derrière le pont et le canal quand la ville laisse place à une nature sauvage et sublime.

C'est un moment magique, une parenthèse enchantée pour tous ceux qui profitèrent de cet entre-deux merveilleux. Puis il fallut remettre en route, retourner sur le quai. Nous voulions profiter encore de la paix du moment passé. Nous ne mîmes pas le moteur et c'est à grand coups de bourdes qui nous restions accrochés à la magie de ce qui venait d'avoir lieu.



Éparpillement vôtre

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