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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Aux trois brasseurs.

Un peu de contenu !

 


   
    Vaincre après une série de six défaites suppose quelques entorses avec la raison et la modération. Ils furent en la fâcheuse circonstance une troupe déraisonnable de drilles aussi bruyants que joyeux à imposer notre enthousiasme à de pauvres convives bien tranquilles.

    Les trois Brasseurs furent assez patients pour accepter la horde aux débordements tout autant vocaux que labiaux. L'euphorie victorieuse est un mal bien agréable et échappe à tout contrôle quand les défaites se sont bien trop accumulées. Quand la digue des contrariétés passées finit par céder, un fleuve de bière et de vin coule à flot.

    Le Rugbyman est un homme d'excès. La sagesse n'est pas et ne sera jamais sa compagne. Dès qu'il se trouve en mâle compagnie avec ses collègues de ballon, il peut sortir du cadre et se dévoiler fou furieux ou diablotin paillard.

    Le chant est le corolaire extérieur à l'afflux intérieur de liquides. Il y a là comme une illustration des vases communicants avec ce théorème assez surprenant : « Plus il y a de contenus moins il y a de tenue ! » Les seuls instants de répit auditif pour le pauvre voisin pris en otage par la troupe avinée est justement le temps du verre qui se lève avant que de se vider.

    Trois brasseurs n'étaient pas de trop pour fournir le jus de houblon nécessaire à ces bêtes assoiffées. L'orge n'est pas destinée qu'aux ânes. Bien torréfié il convient tout aussi bien aux mulets et à cela, il n'en faut pas faire qu'en promettre !

 


    Les temps changent, les quantités diminuent pourtant et la peur du gendarme pousse quelques plus sages à choisir le camp de la modération. Les autres acceptent maintenant d'ajouter au liquide quelques matières solides. Bien loin ce temps où les gros bras levaient le coude en proclamant haut et fort stupidement : « Manger c'est tricher ! ».

    Cette fois, ils engloutirent les « flammenkuches » avec d'autant plus d'appétit qu'ils honoraient à chaque bouchée leur pilier droit, alsacien de cœur et de ventre. L'appétit vient en mangeant et la soif arrive bien vite pour relancer la terrible mécanique. Les chevaliers sont ici de la table ovale.

    Il fut enfin le moment où un responsable vint réclamer un peu plus de calme. Les esthètes avaient sans doute à se plaindre de chants qui perdaient tout aspect mélodieux pour sombrer dans la polyphonie dodécaphonique. Je m'avance un peu sur cette appellation sans doute ignorée de beaucoup de nos choristes de foire !

    Le son ne diminua pourtant pas d'un iota même si l'unité n'est sans doute pas la bonne. Il faut dire qu'il y avait belle note à recueillir au sortir de la soirée et que le tenancier peut parfois passer sur les excès de gamme pour obtenir celle qu'il préfère. Ils sortîrent en bon terme avec nos gentils hôtes.

    La fatigue faisait son chemin, les effets de l'alcool ne diluaient plus les outrages du combat pour les uns, de l'âge pour les autres. La nuit avançait et il était temps de redevenir un citoyen ordinaire. Chacun retrouvait calme et famille en se disant qu'on ne l'y reprendrait plus. Mais là, c'est parole bien légère …


    Dithyrambiquement vôtre

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Gérard ! 24/11/2010 13:26



Puisse notre chère Sophie, de la grande maison du peuple face à Lamballe, lire cette chronique pour enfin connaitre les chantres de la convivialité et de l'esprit Rugby ! Ceux là même que l'on
tente de retirer à notre club depuis plus de 10 ans et qui à l'occasion n'oublient jamais de revenir par la fenêtre ! Et tant mieux !


Force et Honneur !


 



BR 24/11/2010 16:14



Gérad


Si une hirondelle ne fait pas le printemps, un seul oiseau de mauvaise augure peut détruire la convivialité à jamais. L'esprit Rugby n'est pas respecté en cet Estanquet et les résultats s'en
ressentent.


 


Mais contre cette décision nous ne pouvons rien faire et nous nous batti-ons contre des moulins à vent.


Bien à toi.


 


Bernard



Patrick 24/11/2010 08:12



bien que peu diététique, puisse la horde poursuivre ces cérémonies pour les memes raisons. Hardis les verts  (ou peut-être verres).


Victorieusement leur


Patrick



BR 24/11/2010 16:11



Patrick


La horde ne fut pas aussi sauvage que j'ai bien voulu l'écrire mais un peu d'exagération fait du bien après cette longue période de disette.


Je vert vidé, n'hésitons pas à remplir nos verres diamnche encore !


 


Bernard