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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 07:30
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares - Communauté : Le grand n'importe quoi !

L'Estivada !



Nous étions vingt mille à nous presser sur le mail « de Bouran » à Rodez pour écouter le barde breton dans un festival dédié à l'Occitanie. Il y a parfois des paradoxes qui peuvent échapper aux tenants de la mondialisation, d'une culture unique, préfabriquée, standardisée et insipide. Ici, rien de tout ça, des sonorités anciennes qui se conjuguent aussi avec la fée électricité, quelques notes endiablées pour danser la bourrée, la polka ou la mazurka.


Gilles Servat était comme un poisson de mer dans un ruisseau d'Aveyron. Il frétillait le diable de se retrouver ainsi en pays de résistance à l'impérialisme médiatique. Que l'on chante en breton, occitan ou bien en français, quand la poésie est au rendez-vous, les hommes sont de la même culture, celle qui veut dire « Non ! » au dictat audimat.


Mais ici, point de compromis, pas de faux-semblants. Les gens sont fiers d'une culture qui est encore ancrée en eux, vivante au quotidien, même si tous ne parlent plus la langue d'Oc. À la périphérie de la scène, des stands viennent rappeler qu'il y a une volonté affichée et active de défendre l'héritage.


Une radio émet en langue occitane. Les invités se relaient pour parler du festival, du pays, de la culture. Tous maîtrisent parfaitement une langue qui ne leur vaut plus le piquet des maîtres d'école, les remontrances des autorités. Le fait régional est acquis, des écoles (La Calendreta) permettent comme en Bretagne ou au pays Basque de grandir dans les deux cultures.


Des librairies proposent des livres dans cette belle langue chantante. Des ouvrages de lutte pour les adultes, des bandes dessinées ou des contes pour les enfants. Le choix est vaste, les éditeurs nombreux. La variété est gage de vivacité. Nombreux encore sont ceux qui comprennent le patois et qui n'auraient qu'un petit pas à franchir pour se le remettre en bouche.

C'est justement du côté de la gastronomie que la résistance s'organise. Les tables sont dressées, chacun vient manger en famille pour passer une belle soirée d'un mois de juillet enfin retrouvé. Pas d'odeur exotique ou huileuse dans le carré restauration. L'Aveyron ne se laisse pas prendre par les sirènes lointaines. On s'arcboute sur ses valeurs sans compromission.


Le détail n'est pas anodin. La saucisse aligot supplante la merguez frites. La pomme de terre se pare aussi de sa robe des champs. Le veau du Ségala est l'invité d'honneur. Les cochonnailles attirent les plus pressés. Les salades de pays complètent le plateau. Pour les gourmands, gâteaux à la broche, pascades ou crêpes apportent la touche finale. Le vin de Marcillac est à l'honneur et c'est presque sans modération qu'on y trempe les lèvres.


La résistance passe par la table. Le fait est acquis depuis toujours. L'occitan est une langue vivante associée à une bouche en action. Le lendemain matin, ils seront encore très nombreux à venir petit-déjeuner de tripoux qui feraient grimacer les citadins sans appétence locale. Là, toutes les générations partagent cette envie de se bien nourrir ou de mourir la fourchette à la main pour défendre leurs traditions.

Gilles Servat n'eut pas grand effort à faire pour conquérir ce peuple fier et généreux. Quand la chair est bonne, les cœurs sont murs pour se laisser bercer par les mélodies celtes, les chants irlandais, les poèmes du barde. Sa voix tonne, toujours aussi rocailleuse. Il jubile, quarante années de scène, toujours aussi heureux d'être là.


Nous partageons son bonheur. Il est accompagné de musiciens de talent. La soirée est belle, une cure de jouvence, un bain de passion. Les mots, les notes, toutes les langues d'ici et d'ailleurs pour exprimer des émotions qui ne peuvent se satisfaire de la seule langue de Shakespeare. Ce sont de nos diversités que nous construirons un monde riche de toutes nos différences.


Occitanobretonnement vôtre. 

Vidéo : (version courte) Patric Roux présente l'Estivada... par 365raisons


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