Partager l'article ! Baloche tragique au Palais: Il n'est pire aveugle que le sourd à la réalité … Mercredi soir, les flonfl ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Il n'est pire aveugle que le sourd à la réalité …
Mercredi soir, les flonflons du palais étaient de sortie avec les guirlandes et les colifichets. Le Tout Paris de l'intelligence et des paillettes était présent
pour une de ces cérémonies dont les puissants ont le secret pour attiser la haine et la jalousie. Le maître de cérémonie en personne allait ouvrir le bal des faux-culs et des ramasse-miettes, des
inutiles et des profiteurs en tous genres de cette société de l'iniquité organisée.
À l'heure d'une rigueur qui ne veut pas dire son nom, d'une chasse au gaspillage et aux emplois de fonctionnaires, d'une réduction drastique des moyens accordés au service public, nos princes se
rassemblent en tenue d'apparat, mobilisent quelques huissiers et garde-républicains pour célébrer l'honneur de la nation.
Il y avait du beau linge sous les dorures et les lustres d'une époque révolue. La nuit du 4 août est depuis belle lurette révolue, et le 14 juillet est tombé dans les oubliettes de notre
histoire. C'est maintenant le fait du Prince qui décrète la distinction et le mérite et gloire à ceux qui sont de ses amis.
Les larrons du jour pouvaient danser, la belle Yvette, la nouvelle va vous souffler, était des heureux récipiendaires. J'aimerais que l'on me dise ce qu'elle a fait pour mériter la médaille de
l'honneur au nom de la Nation et donc en notre nom tout autant. Appuyer sur des touches d'accordéon et être perchée sur la galerie d'une automobile pendant le tour de France amuse celle-ci et le
bon peuple et est sans doute supérieur à l'action quotidienne et mésestimée de nos infirmières.
Cependant, vous n'avez pas tout vu et lui non plus d'ailleurs. Gilbert Montagné lui-même trouva grâce aux yeux du petit prince et se trouva épinglé par l'amateur de chansonnette sornette.
Voilà encore un charmant monsieur qui a œuvré pour le bien de la nation. Son rôle est certainement prépondérant pour la bonne marche du pays et place bien loin le sacrifice silencieux de nos
sapeurs-pompiers.
Il se peut que l'on s'étonne de la présence de Claude Lanzmann dans ce parterre de gens considérables. Pour tout médaille devant l'éternel, il présenter Shoah, l'œuvre d'une vie qui vaut bien
plus que toutes les accolades hypocrites et baveuses, fussent-elles d'un si merveilleux grimacier. Qu'il ternisse son action en s'honorant de ce qui a si peu de valeur, me chagrine au plus haut
point et me donne presque envie d'arrêter de lire son « Lièvre de Patagonie ».
Mais revenons aux héros de la Nation, aux vrais, aux grands hommes. Pierre Tchernia, la vieillesse est un douloureux naufrage, venait à son tour faire le Mickey au palais de l'Élysée. C'est
certainement pour avoir présenté des extraits des films de Walt Dysney au petit Nicolas, il y a bien longtemps de cela, qu'il mérite d'avoir un ruban accroché à son veston. Encore un qui a rendu
bien plus de service que tous les enseignants réunis et il est normal qu'il reçoive le fruit de ses mérites.
Poursuivons les délires de cette vie de château avec l'immense Robert Castel. Ce charmant comédien, gentil garçon parfaitement lisse au talent qui ne laissera guère de trace dans l'histoire du
septième art, aura maintenant une petite anfractuosité sur le devant de son torse. Lui aussi a rendu à la nation tant et tant et bien plus, il faut le reconnaître en toute impartialité que tous
nos policiers si décriés.
Il est grand temps que cette mascarade des récompenses entre soi, ce bal ridicule des vanités et égos de nos personnalités du microcosme de la vacuité, cesse de
façon définitive. Nous nous ridiculisons dans ces cérémonies factices et c'est une tâche à notre honneur collectif que ces breloques distribuées par légion à des gens qui ne font que briller au
firmament de la médiocrité. Regardez la photographie qui immortalise cette cérémonie indispensable et vous ressentirez l'urgence de changer de République !
Honorablement leur.
vidéo :
ACCORDEON (YVETTE HORNER) - Les Millions D'... par hasankefeli
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