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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Banalisation de la haine ordinaire

La presse régionale ne prend pas parti.


 


 


« Depuis le temps qu'ils se cherchent, s'épient, se renseignent les uns sur les autres, vont fureter sur leurs sites respectifs, militants en faveur des Logements et des papiers pour tous et de l'association identitaire Vox Populi ont fini par se rencontrer hier soir sur la place de la Préfecture. 
Avec, entre eux, un cordon de policiers. Les premiers étaient venus car une charte était signée au conseil général avec des associations que le collectif pour les logements voulait sensibiliser aux familles de migrants. 
Des militants du Réseau Éducation sans frontières étaient aussi présents, mobilisés depuis la veille suite à l'interpellation d'un lycéen, demandeur d'asile débouté. Moins nombreux mais plus bruyants, une quinzaine de militants de Vox Populi est arrivée avec porte-voix et pancartes pour demander des « Expulsions pour le RESF »« Clandestins dehors » et clamer « les nôtres avant les autres ». D'autres disaient jadis « La Corrèze avant le Zambèze ».
 Devant les grilles de la préfecture, ils acclamaient le nouveau préfet car il cache à peine sa détermination à expulser les déboutés du droit d'asile. Dans le même registre de provocations que lorsqu'ils avaient braillé au cercle de silence, ils ont jeté du papier toilette pour ceux qui réclament des papiers... 
En face, la quarantaine de militants les traitait de fachos, de « chiens de garde de Sarkozy ». Les deux groupes se sont séparés accompagnés par la police. Ils finiront et régleront leurs comptes entre eux, discrètement. »


Voici comment la Nouvelle République du Centre Ouest traite une rixe entre deux bandes rivales. Car c'est ainsi qu'il faut comprendre l'affaire. D'un côté, des militants des droits humains, des membres du réseau RESF, qui comme chacun sait quand on lit ce genre de publication, ne font rien que transgresser les lois de notre République pour soustraire à la justice nationale, des déboutés du droit d'asile ; des dangereux lycéens, d'affreux collégiens, de terribles écoliers qui viennent tous voler le savoir dans nos écoles. De l'autre, juste un peu plus braillards, des militants « identitaires ». Voilà belle formule pour nommer la peste brune, la gangrène raciste, du repli sur soi, de la ségrégation et de la haine.


Non content de banaliser, le journaliste donne tribune à des slogans d'une rare distinction, la rime en « èze » n'est d'ailleurs pas neutre et vise un candidat à la présidentielle. Nous devinons que les prochains mois seront terribles pour l'unité nationale et cela d'autant plus que les brigades haineuses trouveront échos à leurs vomissures dans des journaux de la sorte.


Pire que tout encore, on découvre la convergence entre ces tenants d'un ordre brun et le représentant de l'état. Applaudissements pour le garant de l'unité nationale en sa province venant des gros bras des futures sections d'assaut de la France pure. Monsieur Le préfet est apprécié chez ces gens-là, monsieur le préfet aime expulser l'indésirable. Les jeunes nasillons en herbe n'en seraient pas dans sa lecture très personnelle de la loi …


Pour comble d'ignominie, notre plumitif tourangeau semble confirmer que les les militants de RESF ne valent pas mieux que les hordes nationalistes. Ils osent riposter avec des répliques choquantes, des propos déplacés pour notre cher chef de l'état qui n'a jamais rien dit ni fait pour provoquer ce genre d'algarade.


La police, sur laquelle tout bon citoyen français dans son droit peut compter, ne sépare pas le bon grain de l'ivraie. Pour les forces d'un ordre républicain à la mode Guéant, il s'agit de ne pas distinguer entre ces deux visions du monde même si sa préférence intime irait vers ce qui ne peut se dire. La fusion entre la droite et son extrême se prépare tranquillement !


Pour achever cette brève bien trop longue déjà pour pouvoir la supporter, le journal a coupé bien hâtivement la fin. Laissons les voyous des deux camps régler leurs sympathiques différents entre eux. Les uns ne valent pas mieux que les autres, nous vous avons prévenu. Faisons l'économie de ces mauvais sujets et accordons-nous la facilité de deux verbes définitifs à la suite. On ne se relit pas dans cette presse là !


Discrètement comme ils disent, les idées vont leur chemin et ce qui était jadis « délit » se banalise. La France de Sarkozy penche de plus en plus vers un passé qu'on pensait ne plus jamais connaître. Les leçons de l'histoire ne sont que de peu d'utilité et la presse régionale retrouve avec plaisir le ton des grands anciens. « Je suis partout » et je ne me positionne nulle part. Nous vivons une époque remarquable !


Neutrement leur.


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