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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Lundi 23 mai 2011 1 23 /05 /Mai /2011 06:47
- Publié dans : Compétition et conséquences - Communauté : Les rugbymens

Si près, si loin..


Rêve ou cauchemar.

 

 


    Albi, terme de ma longue randonnée solitaire de cet été pour retrouver l'ami Henry, dispute le match du bonheur possible. Je dois bien ce billet à mes amis Cathares qui me firent si bon accueil après mes trois semaines de marche vers eux.

    C'est à Agen que se déroule la cloture de la saison marathon de la pro D2. C'est la Finale d'accession, la rencontre qui ouvre les portes du paradis ou de l'enfer. La saison suivante, le vainqueur aura la terrible tâche de s'accrocher tant bien que mal dans l'élite. Il y a plus de chutes que de montées pérennes.

    L'ami Henry est revenu dans le stade Armandie. Il y a connu des bons et des mauvais moments. Quelle sera l'issue cette fois pour celui que les journalistes aiment appeler « Le sorcier du Gers » ? Il a trouvé à Albi, une terre de lutte et de courage comme il les aime. Face à lui, Bordeaux la bourgeoise associé à Bègles la laborieuse.



    Albi est le club le plus habitué à effectuer l'aller retour avec l'étage supérieur mais les temps sont délicats pour les villes moyennes. Bordeaux Bègles veut renouer avec un passé glorieux et réparer une anomalie économique. C'est David contre Goliath, c'est un match au couteau, c'est le rugby que nous aimons !

    D'entrée, Bordeaux transperce la défense des abeilles. En avant, première alerte et première mêlée, le secteur clef : elle ne pourra se jouer et sur le coup franc vite joué, Albi hérite d'une bonne pénalité que Manca passa 3 à 0. C'est aux cinquante mètres que Bègles à son tour a l'opportunité d'ouvrir son compteur : d'un rien c'est fait 3 à 3.

    Albi impose son style en début de partie. Des blocs d'avants pour fixer puis le ballon file au large quand il est libéré vite. À ce jeu, la bataille du sol est terrible, le ballon change de main et monsieur Bernos siffle une nouvelle faute béglaise. 6 à 3, avantage mérité. Albi tente beaucoup dans cette alternance séduisante.

    La première vraie mêlée annonce la couleur, ça va être une affaire de costauds. Personne ne lâche, ça monte, ça tombe, ça coince. Les poètes de la fonte s'expriment avec leurs arguments. Nouvelle mêlée, ça tangue encore et monsieur Bernos punit les albigeois : 6 0 6.

    Très belle attaque en première main d'Albi qui échappe la balle à l'aile. C'est le contre assassin qui aurait dû filer à dame sans un en-avant sujet à controverse. Il faut un peu de réussite pour gagner ce genre de match et les supporters Cathares qui le sentent, donnent de la voix. Nouvelle grosse bataille des paquets, nouveau coup de sifflet et Bègles sans prendre le jeu à son compte peut passer devant. 6 à 9, c'est bien payé.

    Henry évoque à l'antenne le souvenir de Jacques Fourroux. Ce sont les deux personnages qui ont le plus compté pour moi et que j'ai croisés à maintes reprises. Souvenirs d'un temps où j'avais quelques prétentions d'entraîner dans une région où c'est plus que difficile. Un ange passe, il faut revenir au jeu !

    À la demi-heure, il y a une grosse intensité. Gitoune le petit gars de Vierzon explose sur un plaquage. Dans la continuité, le ballon change de main et la balle fille à l'aile pour Bordeaux. Sans jouer, ils attendent et contrent avec une redoutable efficacité. Albi s'essaie aux mauls pour trouver des solutions, au sol, la balle est trop ralentie. C'est sur un ballon freiné que Solla tente le drop qui est contré mais notre vierzonnais crève l'écran et la défense pour libérer finalement un ballon qui ira à dame sur l'aile droite avec deux avants à la fête : 11 à 9.

    Vainqueur aimerait bien porté son nom ce soir mais pour l'heure, il commet belle et grosse bêtise que sanctionne monsieur Bernos. Premier échec du buteur bèglais à la sirène : c'est l'heure des réglages et des citrons pour un match parfaitement indécis.
    Nouvelle mêlée, nouveau coup de sifflet, la reprise n'a pas modifié le problème albigeois. Je devine la tempête sous la casquette de monsieur Broncan. Heureusement, le canonnier blanc n'a pas réglé la mire. Alors, il faut répondre par du combat quand un secteur clef ne fonctionne pas et Albi s'y emploie.

    Les deux piliers jaunes et noirs sortent, sera-ce le renouveau du monstre à seize pattes ? Manifestement les kilos qui arrivent font un bien fou et monsieur Bernos pénalise cette fois la mêlée bèglaise. Échec de Manca, c'eut été pourtant des points décisifs au niveau du mental. Albi domine, la mêlée va mieux mais il faut marquer et ne pas laisser filer les occasions comme ce drop qui passe nettement à côté …

    Ça chauffe d'ailleurs immédiatement de l'autre côté. Bègle reprend l'avantage en marquant un essai sur une action qui a balayé le terrain des deux côtés après une mêlée. La transformation très difficile passe et les mouches changent d'âne : 11 à 16. Albi est encore sanctionné, c'est un moment délicat pour les hommes en noir et jaune ...

    Les minutes qui arrivent vont être décisives. Bègles qui subissait est en pleine euphorie. Le jeu est à leur initiative, il y a du mouvement et de la vitesse pour les blancs qui échouent au pied d'un poteau albigeois. Ça craque ou ça repart ! C'est chaud brûlant et pour l'instant Albi respire un peu en se dégageant au pied mais Bordeaux remet le couvert.

    Albi passe un sale quart d'heure et Bordeaux renait. C'est le rugby avec des phases contradictoires. La dimension mentale est prépondérante et celui qui est en tête va toujours mieux. À l'heure de jeu, on ne donne plus très cher des chances des abeilles. Qu'en sera-t-il dans vingt minutes ? C'est la noble incertitude du sport !

    C'est panique à bord d'un côté et joyeuse euphorie de l'autre mais cette fois c'est Bègles qui oublie de marquer. Il y aura-t-il un nouveau basculement ? Manifestement pas, Bègles enfonce le clou devant des albigeois à l'agonie. La balle vole de main en main pour envoyer l'arrière Lilo marquer son treizième essai, celui du bonheur ? 11 à 21.

    Albi récupère une pénalité pour sa première incursion en terres bordelaises depuis bien longtemps. Il ne faut pas la manquer : 14 à 21, Albi revient à portée d'essai. Les dix dernières minutes seront décisives et ce n'est pas le moment de se débarrasser du ballon comme sur ce drop parfaitement inutile et manqué !

    Nous approchons de l'épilogue. C'est Bordeaux qui tire les marrons du feu pour l'instant. Les en-avants sont l'œuvre de ceux qui doutent et à chaque fois, il y a tout le terrain à remonter. Bègles oublie de taper le drop du breack. La dernière cartouche sera pour les tarnais. Quatre minutes à jouer et cinquante mètres à faire.

    Il faut prendre la touche et jouer calmement. Elle devient mêlée avec le même contexte mais le temps file inexorablement. Elle se transforme en coup franc et in ne reste plus que deux minutes.
Gitoune perce mais perd le ballon et Bègles n'a plus qu'à jouer à cache-ballon. Ils oublient de le garder et cette fois, c'est la dernière chance pour Albi.


    Peur d'un côté, crainte de l'autre, c'est là que tout peut basculer. Mêlée à la vie ou à la mort. Albi à la balle à la sirène, c'est le ballon à ne pas perdre. Tas, petit tas et ballon perdu sur faute. Pénalité de la délivrance d'un côté, de la fin d'une belle histoire de l'autre. Le cinquième de la saison ordinaire remonte en top quatorze et Albi devra reconstruire une nouvelle équipe pour une seconde année en D2.

    Le terrain est envahi par un peuple heureux. Les tarnais restent dans la tribune avec leur chagrin. C'est beau le sport quand il offre ces moments de liesse sans les débordements de nos voisins. Bordeaux et Lyon en Top quatorze, les grandes villes pointent leur nez. Est-ce la fin d'un certain Rugby ?

    Catharement leur.   

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