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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 06:32
- Publié dans : Fable - Communauté : Le grand n'importe quoi !
1 : Le panetier marinier.

 


 

 


        Gens de bouche et de grand appétit, gens de goût et des bords de Loire, gens qui ne se complaisent pas dans la mollesse et la fadeur, venez sur les quais admirer le boulanger marinier. Venu de Gien avec son four à bois, c'est dès mâtines qu'il se met au pétrin. Pour vous, chalands de notre fleuve, il met les mains à la pâte, pétrit la boule de toute son âme. Il va donner sous vos yeux ébahis, corps à sa mie, consistance à sa croute.

        C'est du bois de chez nous que se chauffe son four. Ainsi son pain prometteur aura saveur et couleur comme nous autres, les gars de la Loire. Point ici n'est besoin de robot et de minuterie, c'est l'homme seul qui veille au grain et tient le cap. Bavard, il risque parfois de perdre la boule jusqu'à ce qu'un bout coup de baquette lui évite la bourde et le ramène à sa cuisson.

        Son périple ne s'arrête pas là. Quand le pain est bon, il faut m'en croire, un petit coup de vin de chez nous fait toujours bon mariage. Homme de l'art et des délices, il se met au supplice avec un coteau du giennois qu'il savoure sans modération. S'il vénère la vigne tout autant que le blé, c'est que notre ami boulanger est un épicurien marin.

        Vous comprendrez mieux la triste mine farinée de ce sieur, qui au péril de sa réputation, pour vous et pour le Festival, se dépense sans compter. Approchez braves gens et oyez l'histoire de notre marinier scarificateur !


2 : Compagnons de Galarne.


 

 



    Pour eux, point n'est besoin d'une scène imposante, d'une sonorisation assourdissante. Un carré de plancher ou le pont d'un fûtreau et les voilà en musique, eux les gars de Loire et de la chanson à la goule de bois. Dans ce Festival où tout est régenté, organisé, formaté, quand ils décrètent  de pousser la complainte, rien ni personne ne peut s'opposer à leur gaité.

    Trois guitares, un accordéon et un équipage fort d'une vingtaine de gaillards d'avant, nous prennent par l'oreille et la chansonnette. La foule se presse pour le bonheur simple d'une complainte, le plaisir de la mélodie et d'un texte qui file au courant de la Loire.

    Ils peuvent nous pousser beugleries marinières, préfèrent tout autant les douces ballades ligériennes. Ils aiment le contre pied et vont à contre courant de nos batailles navales. C'est le plaisir des mots et la poésie qui les guident. Avec eux, l'émotion s'invite, improviste à la fête.

    Ils redeviennent vite paillards et grivois quand une dame marinière leur apporte entre deux chansons, bon et précieux flacon de vin de chez eux. Les moustaches se mouillent, les yeux pétillent et les voix retrouvent force et vigueur quand, le verre à la main, ils reprennent leur souffle.

    Fils de Galarne, ils reprendront à gorge déployée les flots de la chanson comme du bon vin de Poupat. Sur le parquet, ils sont repartis pour de nouvelles chansons, ils continueront ainsi jusqu'à plus soif, ce qui, il faut l'avouer, n'est pas près d'arriver !

à suivrement vôtre

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