Partager l'article ! C'est déjà la reprise ?: Le temps de l'innocence … Quand la météorologie se joue de notre cher mois ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Le temps de l'innocence …

Quand la météorologie se joue de notre cher mois de mai comme d'un vulgaire octobre rigoureux, le Cercle, qui ne fait jamais rien comme les autres, ouvre sa saison suivante
avec trois mois d'avance.
Une petite trentaine de joueurs inaugure les nouveaux horaires, le nouveau rythme, la nouvelle composition et la prochaine partition. Tout est nouveau avec de l'ancien, du pas
jeune et un vieux cheval sur le retour qui revient la tête basse dans une écurie qu'il avait désertée un soir de défaite morose.

Rien n'a jamais changé sous le manque de soleil local. La mairie n'est pas encline à offrir ce deuxième terrain pourtant indispensable ni les quelques petits aménagements qui
pourraient palier à ce désagrément. Les horaires ne sont pas ceux qui favorisent la culture de la convivialité chère partout ailleurs aux hommes de l'ovale.
La suspicion et la méfiance caractérisent toujours la relation qui sépare les uns des autres et il faudra faire preuve de beaucoup de patience pour supporter ce que le vieux
bourrin pense être un mépris local pour la chose sportive.
Enfin, les joueurs ne se soucient guère de ces considérations oiseuses et se pressaient sur le pré pour découvrir ou retrouver la baguette du maquignon. À l'heure tapante, la
machine se lança et ne cessa de vitupérer, encourager, tancer ou chose plus rare, féliciter les nouveaux galériens du terrain.
De la jonglerie pour commencer, deux ballons pour trois garçons : le matériel est ici à profusion, ce qui ravit celui qui n'aime rien tant qu'un entraînement avec une orgie de
plots, ballons, obstacles, engins divers. L'envie de multiplier les gestes et les courses, de conseiller sur la posture et d'encourager à l'effort.
Chaque fois, la même folie prend celui qui donne de la voix. Ce bonheur immense, à jamais renouveler de diriger, de façonner, de créer du mouvement dans le désordre
apparent.
Puis vinrent les premiers pas recommencés sur ce terrain qui s'est fait une belle cure de verdure. La municipalité a confié l'arrosage à une société privée, si la démarche
choque mes convictions, force est de constater qu'elle ravit les brins de pelouse qui se sentent ragaillardis par cette procédure.
Donner les premiers repères, ceux qui accompagneront les joueurs pour le long bail qui s'ouvre devant nous : soutien, continuité, jeu debout. Rien de nouveau sous le soleil de
ce printemps qui ne veut pas venir. Rien qui ne soit indispensable de rappeler à chaque fois tant le joueur préfère naturellement les facilités d'un été en solitaire sur une petite plage
déserte.
Inculquer la religion du collectif, sur et en dehors du pré. La ponctualité, le respect de l'engagement et du partenaire, la participation aux activités de l'association, le
débat et la convivialité. Des choses simples et incontournables pour que le Rugby demeure ce sport qui ne ressemblera jamais à aucun autre, ce jeu qui donne la fabuleuse dramaturgie de ce Toulon
– Clermont qui laisse acteurs et spectateurs épuisés et heureux d'avoir vécu ce moment sublime.
Ce que les Grands sont capables de réaliser, je ne doute pas que des joueurs modestes puissent le faire en marchant sur les pas que j'ai simplement évoqués pour cette entrée en
matière et en bonnes manières. Rendez-vous vendredi 21 mai à 19 heures sur la pelouse.
Ponctuellement vôtre
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