Partager l'article ! C'est enfin la reprise.: À vos marques ! Prêts ? … Pas vraiment. ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
À vos marques !
Prêts ? …
Pas vraiment.

D'année en année je ne cesse de m'étonner du rapport désastreux que beaucoup de rugbymen entretiennent (si ce vocable à un sens physique pour eux) avec l'activité sportive. Ils
ne se trouvent investis que pour le seul match et négligent au-delà du raisonnable la nécessaire préparation qu'il est prudent de mener sérieusement pour aborder ce sport.
J'ai déjà traité l'épineux problème administratif. Pour jouer, chacun doit avoir rempli sa licence, ce sésame indispensable qui exige, oh que c'est compliqué, un certificat
médical (et je vous fais grâce du paiement de la cotisation …). La plupart des impétrants diffèrent avec jouissance semble-t-il cette échéance jusqu'à l'ultime minute. Ainsi, il est impossible de
prévoir des matches amicaux et les futurs joueurs n'auront pas de préparation pour aborder le début du championnat.
Ce qui serait inconcevable dans beaucoup d'autres sports est presque devenu un principe de fonctionnement dans nombre de nos clubs régionaux pour une grand part de leurs
membres. Nous sommes à la limite du grotesque en lançant dans la compétition des garçons absolument pas prêts physiquement. Au-delà de la défaite probable ce qui n'est qu'un risque mineur, il y a
le risque énorme de blessure et cette fois, c'est bien plus grave.
Ce qui pèse de plus en plus sur l'esprit associatif c'est une conception libérale de la société de loisirs.Fais ce qui te plaît quand ça te chante et ne te soucie pas des
autres, ni de toi même ! Des garçons viennent quand ils veulent et déstabilisent grandement la mise en place nécessaire pour un sport aussi complexe. Ils pénalisent leur club, c'est assez
ennuyeux et surtout leurs camarades qui eux s'investissent sérieusement et sont souvent découragés par un tel manque de respect.
À moins de quatre jours de la date fatidique : le premier match de championnat contre Vendôme, nous sommes dans le flou le plus total. Je ne sais pas encore si nous pourrons
aligner deux équipes malgré le passage de plus de soixante dix garçons sur le pré depuis la reprise des entraînements. Je suis certain que le jeu ne sera pas en place et que nous devrons aligner
des joueurs qui ne savent rien des formes de jeu, des combinaisons et des principes attendus.
Leur plaisir prévaut à celui du groupe, l'individu est premier dans ce monde d'égoïsme. Vendredi pourtant, il y aura certainement foule à l'entraînement pour récolter une
récompense pour laquelle jusque là, certains n'auront pas fourni beaucoup d'efforts. C'est ainsi et il faut s'y faire et je tiens à le leur dire : « Je ne peux pas fonctionner ainsi ! »
Je ne tolère pas cette attitude dilettante et irrespectueuse. Je n'accepte pas ce mépris pour leurs camarades, leur club et ceux qui y travaillent bénévolement. Je se supporte
pas des joueurs qui rentrent sur une pelouse sans se soucier de savoir ce qu'on attend d'eux. Je n'admettrai jamais ce désintérêt complet pour les valeurs collectives qui fondent totalement ce
jeu de Rugby !
Je déplore depuis notre reprise à la mi-août, des petites blessures trop nombreuses qui au-delà de la malchance, viennent souvent illustrer une défaillance dans la préparation
physique et technique. Jouer au Rugby est un engagement sérieux, exigeant, contraignant. Autant de valeurs qui n'ont plus cours aujourd'hui mais que je continuerai de défendre de toute mon
âme.
J'espère que ces quelques lignes trouveront échos et réactions en eux. J'ose encore croire que tout n'est pas perdu et que l'envie de gagner, le désir de bien jouer, le bonheur
de retrouver leurs camarades, le plaisir de se sentir bien dans leur activité reprendront le dessus sur des facilités que j'espère bien naïvement provisoires. Dimanche, il sera trop tard pour
avoir des regrets ….
Moralisateurement leur.
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