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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

C'est fini ! Le bilan des Carnutes aux Cathares

Il n'y a que le dernier pas qui coûte.


La marche dans le rétroviseur.

 


Depuis que j'ai franchi le dernier pas qui m'a conduit jusqu'au stadium d'Albi, nombreux sont ceux qui m'ont interrogé sur le but recherché. Ainsi, je devrais répondre que j'ai atteint mes objectifs, rempli ma feuille de route et comblé le questionnement intérieur.

Dans ce monde gouverné par les gestionnaires, il faut pouvoir satisfaire aux obligations de rentabilité, aux visions cartésiennes de nos concitoyens. J'ai beau répondre que je ne suis pas plus avancé et que ces 630 kilomètres ne m'ont pas permis de comprendre ce qui m'avait mis en chemin, l'attente est forte et la déception d'autant plus grande.

Le geste gratuit n'est plus de ce monde. Il faut admettre que de gratuit, il est loin de mériter le titre tant l'expédition me fut onéreuse : hôtels, chambres d'hôtes et petits restaurants ne se privant guère de détrousser ma bourse.

Je voulais découvrir ma France, ce pays intérieur qui se vide de ses gens. J'y trouvé quelques phares sublimes, des êtres lumineux qui ont éclairé ma démarche. J'ai croisé davantage hélas, de sombres passants qui fuyaient mon regard. La peur de l'autre a fait son œuvre malfaisante, les gens se cachent en leur demeure et tremblent devant celui qu'ils ne connaissent pas.

L'automobiliste ne ralentit pas quand il me croise, le passant ne renvoie pas mon salut, l'habitant refuse parfois de me donner à boire et presque toujours de m'ouvrir sa porte. La télévision a semé la terreur dans les esprits des pauvres gens : « Avec tout ce qu'on voit, monsieur, on a bien raison de se méfier de tout ! »

L'hospitalité est devenue fond de commerce, espoir illusoire de promotion sociale, de gains formidables. Partout s'ouvrent des chambres d'hôtes qui guettent le passant pour leur proposer des prix supérieurs à nos petits hôtels. Ceux-là sont de moins en moins nombreux au cœur du pays, les nouvelles directives européennes rêvent de ne voir que des grands groupes sur tout le territoire, proposant des produits aseptisés et standardisés pour être certain d'avoir le confort Canal plus.

On devine ainsi la volonté farouche de tout transformer en source de revenu. L'homme de passage perd son statut de semblable pour ne devenir qu'une vache à lait, un filon qu'il faut exploiter jusqu'au dernier denier.

Dans cet univers impitoyable gouverné par le dieu Argent, j'ai pourtant découvert des trésors sublimes qui m'ont exonéré de toutes mes peines, toutes mes désillusions. Ce sont eux qui justifient la peine que je me suis infligée. J'espère que de votre petite lucarne, vous avez bénéficié de leur aura magnifique !

Vous fûtes aussi ma raison de persévérer, le rendez-vous quotidien qui me redonnait forces et courage. J'avais dans mes souliers quelques amis inconnus qui ont tracé la route à mes côtés tout le long du chemin. Un petit mot chaque soir, un encouragement, un émerveillement, un poème ou un conseil. De petits rien qui dans ma grande solitude furent des trésors merveilleux.

Et puis il y avait ces deux billets quotidiens, ce récit qu'il fallait vous livrer. La recherche de l'angle d'attaque, la formule qui fait mouche, l'anecdote qui peut être développée. En marchant, de longues heures durant, je refaisais dans ma tête ces textes que je vous devais.

Étrange pratique épistolaire, discipline d'écriture qui au bout du conte que je vous ai livré, est sans doute la véritable signification de ma route ! Vous avez été mes guides et mes amis, j'espère que vous le resterez longtemps encore.

Lettrouvertement vôtre


Ainsi s'achève votre feuilleton de l'été. Merci à ceux qui ont pris le temps de me donner la main sur ce long chemin de pas et de mots.

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Circé 07/08/2010 19:30



Pas d'intérêt dites-vous ?


On voit bien que votre vessie en la matière n'est pas une lanterne...


Alors là, les besoins des damùes passeraient-ils parès ceux de ces messieurs, pas d'intérêt, pas d'intérêt, vous me la baillez belle, Monseigneur, et à part cela, on fait comment si on est de la
gente féminine ?



BR 08/08/2010 07:39



Circé


 


J'ai touché du doigt une zone bien sensible.


Pardonnez ce geste déplacé, voilà un mot de travers qui s'inscrira sur mon ardoise dans la colonne débit, cela va de soi !



Circé 07/08/2010 14:35



Sans doute par souci d'équité, et pour faire le "pendant" à votre histoire de tinettes, en gare d'Orléans, ce sont celles des femmes qui ne sont plus accessibles depuis fort longtemps.


Seuls demeurent quelques urinoirs à l'attention de ces messieurs...Un nouveau surnom pour Cenabum : La ville réservée à ceux qui pissent debout ?


Quoique fort récemment j'ai indiqué à l'une de mes petites filles - au grand désarroi de sa maman d'ailleurs - tous les moyens pour en faire de même. Cependant, avouez tout de même que la
situation risquerait d'être incorfortable pour les femmes non initiées à ce genre d'exercices ?


Et en gare d'Orléans, notamment au niveau de la concentration pour la chose, du basculage de bassin en avant pour être sure de faire pipi dans le trou, sans goutte vagabonde au long des jambes,
etc...etc...


Et je ne parle même pas ici du retroussage de jupe, robe ou bien des pantalons qui devraient être baissés, voire enlevés...


Il y aurait sans aucun doute, force spectateurs en ces lieux d'aisance (?)...


Pour tous les autres, celles et ceux qui ne sont pas adeptes des mélanges de genre, doit-on ici leur conseiller d'attendre les gares adéquates pour des besoins...urgents ?


Au fait, c'était quoi les problèmes techniques ?



BR 07/08/2010 19:27



Circé


 


Voilà exposé un problème de type technique : comment basculer le bassin pour une femme qui veut uriner en garde d'Orléans. La chose n'a cependant guère d'intérêt, la gare a coûté fort cher pour
ne mener nulle part. Il semble que le café de la gare reste encore fermé et que la jolie structure de verre ne serve qu'à faire plaisir à l'égo du maire.


Mais voila la solution pour votre vessie, demandez au premier magistrat, avec lui ce sera "Tout à l'égo !"


Urinairement vôtre