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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Ça me coûte un bras ...

Jacky, le Gabonais de Loire.

 


 


Jacky, de la classe 58 a une double vie à plus d'un titre d'ailleurs. Je l'ai croisé au Domanial, chez l'ami Jo-Robert. Immédiatement, j'ai compris que l'homme voulait en savoir plus sur ce marcheur des temps pluvieux, ce garçon qui avance au rythme de l'homme qui marche.

 


 

Jacky, c'est tout le contraire, il roule, il prend à bras le corps la vie pour en faire un mouvement perpétuel. Il s'accorde simplement quatre heures de sommeil, le reste du temps, il travaille, il parle, il s'occupe des gens. Jacky n'arrête pas !

 


 

L'homme a un garage qu'il mène avec un compagnon. Il y travaille le jour. La nuit, quand les autres dorment du sommeil de ceux qui doivent récupérer de leur journée de labeur, Jacky devient chauffeur routier. Il circule ainsi sur les routes de France avant que de revenir au petit matin réparer les véhicules qui ne roulent plus.

 


 

Jacky trouve le temps d'élever des moutons pour faire la fête avec les amis. Il lui faut partager, être entouré, vivre à pleines dents cette seconde vie qu'il a décidé de partager avec Clarisse, une belle Gabonaise ! Elle était serveuse chez Jo-Robert et logiquement Jacky tomba sous le charme de sa gazelle.

 


 

Nous sommes en 2005, Jacky et Clarisse partagent le peu de temps que leurs activités chronophages leur laissent. Ils vivent des jours heureux quoiqu'un peu agités quand soudain tout bascule. Nous sommes en 2008, Clarisse comprend bien vite que le nouveau pouvoir Français ne plaisante pas avec les principes humanitaires, elle est expulsée et Jacky se retrouve seul et inconsolable.

 


 

Il fait le siège de son député, un parlementaire UMP qui ne semble pas partager les idées de son patron dans ce domaine. L'homme lui explique ce qu'il faut faire pour retrouver sa belle. Jacky ne se fait pas prier et file au Gabon épouser la dame le 17 décembre 2008. « Et je peux t'assurer que ce n'est pas un mariage blanc ! » ajoute-t-il fier de sa réplique.

 


 

Au Gabon, il tombe sous le charme d'un pays où, il me l'assure, il ira vivre sa retraite. « C'est magnifique, tu verrais les paysages ! La région de Franceville est une pure merveille, c'est là que je finirai mes jours ». Il est adopté par une famille à laquelle, depuis, il ne cesse d'envoyer des cadeaux : « Ça me coûte un bras, mais ça me fait plaisir ! »

 


 

Depuis Jacky aurait tout pour être heureux mais il y a quelque chose qui le chiffonne. Clarisse a deux enfants au pays. Ils sont grands mais ils ont besoin de leur mère. Ils veulent venir travailler et vivre en France. Alors, il est retourné voir son député préféré. Le conseil n'a pas changé.

 


 

Jacky a tout organisé. Les enfants vont bientôt venir au pays. Le Garçon, 22 ans a déjà un travail chez un ami. La fille poursuivra ses études ici. Elle veut faire du commerce. Jacky me sort une fois encore sa phrase ritournelle : «  Ça me coûte un bras mais j'y arriverai ! Ils vivront en France auprès de nous. Je ne compte pas, pour moi, ce sont mes enfants ... »

 


 

Je ne puis vous en dire plus. Jacky a un plan, il a tout organisé, il est certain d'arriver à ses fins. Il est obstiné le bougre comme ce jour de pluie où il a décrété que je n'aurais pas à marcher et qu'il me conduirait à destination. Il fallait obéir au risque de le fâcher. Le temps d'un petit trajet, il m'a confié son histoire, m'a donné son numéro de téléphone, m'a fait promettre de l'appeler à mon arrivée pour avoir des nouvelles de ses enfants du Gabon.

 


 

Jacky ne fait pas de politique, ne milite à rien, n'a pas de conviction particulière. Il travaille et veut vivre entouré des siens. Jacky agit comme il vit, sans chercher de signification profonde à ses actions. Il est ainsi. Il aime sa Clarisse !


Garsbonnement vôtre

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Le ch'timi 31/07/2011 23:24



-----Cher Bernard,



"Un caillou, un bout de bois, un morceau de ficelle ... Il écrit tout ça sur une feuille de papier qu'il faut bien dire d'une blancheur impressionnante. Il ajoute un chien mouillé aussi ; un verre vide,
une calebasse emplie de citrons posée sur un coin de la table de marbre ... Moins
blanche la page maintenant. Déjà noircie au tiers (l'écriture est généreuse) par
ces mots, si simples.
 

 


Alors levant les yeux vers les yeux de celui qui lisait, intrigué,
par-dessus son épaule, il dit humblement : "ça n'est que ça, la poésie." Et
l'autre, surpris, lui parle alors d'où il vient : un pays de cailloux. Lui parle
de bouts de bois et morceaux de ficelle avec lesquels il fabriquait, jadis, les jouets de son enfance ...


 


Les verres ne restent pas vides longtemps quand on cause ainsi des
choses de tous les jours. Tout le monde a aimé aussi un chien mouillé, une fois
au moins dans sa vie. Mais certains, par pudeur, n'en disent rien. C'est pour
ceux-là -- qu'ils osent enfin parler ! -- que le poète écrit parfois un petit poème. Très simplement. Pour des gens comme lui en somme, simples.


 


"Patron ! Remettez-nous ça !"


Pierre Autin-Grenier - Simple in Jours
anciens


amitiés


Patrick



BR 01/08/2011 07:51



Patrick


 


Les gens simples sont souvent bien plus grands (commentaire précédent) que nos grands de ce monde.


Alors, prenons le temps de leur rendre hommage.


C'est nécessaire devant la bassesse des puissants, des importants, des méchants.


 


Gentiment leur



BCT 26/07/2011 07:50



Je n'ai qu'un mot "Magnifique" et respect pour cette famille lumineuse. Quel contraste avec cette politique nauséabonde et sclérosée. Merci, mille fois merci. Ce matin j'ai la pêche !



BR 26/07/2011 09:20



BCT


 


Et oui, il y a des résistances dans ce pays et auprès de gens simples pour lesquels la politique n'a aucun sens.


C'est une raison de penser qu'il faut espérer un changement tant l'exaspération est grande !


 


Merci de me suivre