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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 1 janvier 2011 6 01 /01 /Jan /2011 08:45
- Publié dans : Carton rouge - Communauté : Le grand n'importe quoi !

L'An nuit de l'An Neuf …


La tradition se plaît à nous imaginer Anges à la Saint Sylvestre alors que nous ne sommes que Démons le reste de l'année. Embrassades et cotillons pour les douze coups qui inaugurent une année calendaire qui ne changera rien du jour au surlendemain. Promesses vaines et vœux pompeux susurrés par des lèvres pincées entre deux coupes de champagne, le nouveau millésime n'échappera pas à la médiocrité des précédents.

Et surtout mon bon monsieur, ma bonne dame, la Santé ! La prison du même nom pour tous les accapareurs, les agioteurs, les bandits de grand ministère, les carabins et les malandrins de tous pouvoirs ? Chaque année on se souhaite cette santé qui coûte de plus en plus cher pour engraisser les vilains professionnels de la profession qui ont oublié leur serment initial.

La Prospérité est toute aussi importante. Valeur essentielle de ce monde de voyous égoïstes, l'Argent semble l'ultime refuge de la dignité humaine. Celui qui en possède peu, n'est presque rien, il ne vaut pas plus sur le marché de la bien pensance à crédit. Gagnez, gagnez en prenant aux plus humbles pour pouvoir briller dans la société de ceux qui ont réussi !

Le bonheur sur ordonnance ou programme télévisuel. L'injonction suprême à être heureux quoiqu'il arrive, quoiqu'il se passe à côté de vous ou bien un peu plus loin. Consommez, dépensez, voyagez, il vous sera tout pardonné. Exportez votre bonheur de façade, cachez vous derrière les hautes murailles de vos hôtels de luxe, implantés sans vergogne dans des pays où la misère se moque bien du soleil qui l'entoure.

L'insouciance à tous prix, le prix à payer ou à rêver. Des promesses de fortune, des engagements au travailler plus qui reviendront encore dans une année de campagne qui nous fera miroiter tout ce qui n'a pu se faire la dernière fois. Des paris sur l'avenir ou le prochain match de football. Tout est mis au même plan, cette société n'a plus d'autre objectif que la seule satisfaction des besoins matériels.

La Gloire, dernier colifichet de la vitrine. La célébrité remplace la connaissance, la sagesse, la bienfaisance. Il faut se faire un nom, passer à la télévision, porter un maillot ou une étiquette, rentrer dans le petit écran ou sur l'immense scène des niaiseries politiques. Notre Grand si petit homme sera au douze coups de l'an vie, le prince du Monde riche, le petit mètre de la planète et sa gloire rejaillira sur son peuple plus facilement que les mesures qu'il a prises en notre faveur.

Demain ou après demain quand les vapeurs d'alcool seront oubliées, nous découvrirons que les vicissitudes de décembre ne disparaîtront pas en janvier. Nous constaterons que notre niveau de vie ne fait que baisser, que l'ascenseur social ne fonctionne plus depuis bien longtemps, que la justice est une affaire de gros sous, que l'égalité n'est qu'un slogan de façade, que notre école publique se meurt, que le travail a fui notre pays....

La gueule de bois de la réforme des retraites n'était qu'un avant goût des calamités à venir. Le spectacle va continuer, il se peut même qu'il rempile pour cinq autres années. Nous n'avons pas compris et nous allons encore tomber dans les pièges du mensonge et de la faribole que nous proposent les deux camps complices.

Alors, souhaitons nous tout ce qui ressemble à ce dont nous n'aurons bientôt plus accès : Santé, Prospérité, Bonheur, Insouciance et rêves de Gloire ou de réussite individuelle grâce à nos mérites. Nous sommes de grands naïfs et croyons toujours que demain sera meilleur qu'hier, nous avons simplement oublié que nous avançons à reculons.



Sylvestrement vôtre.

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