Partager l'article ! Ce silence assourdissant de nos Urnes: ou : Le brouhaha des politiques. Les prévisionnistes l'a ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
ou : Le brouhaha des politiques.
Les prévisionnistes l'avaient redouté, le petit peuple des pêcheurs à la ligne, des désespérés de la vie quotidienne, des exaspérés de la duperie permanente l'a
fait ! Cinquante trois pour cent de nos concitoyens (si ce vocable a encore un sens …) ont oublié que voter est un droit extraordinaire et non un devoir insupportable. Il a été obtenu de haute
lutte par de glorieux ainés qui l'ont parfois payé de leur vie. Il est envié dans des nations privées de cette liberté qu'on méprise …
Ce silence assourdissant de nos urnes régionales n'a pas pour autant laissé sans voix ceux qui en furent si cruellement privés. Nos sublimes bateleurs intarissables
sont venus parader encore une fois sur les plateaux télévisuels, des formules préfabriquées en poche. Ces professionnels du
bulletin de vote ou de son analyse se sont réunis pour, dans une confondante fraternité, pérorer encore et toujours sur les résultats de ce désastre collectif.
Et là, stupeur, après les quelques formules d'usage pour regretter ce désamour, cette faiblesse de la mobilisation, cette absence de clarté du scrutin, ce désintérêt de la politique régionale, ce
manque d'enjeu, … , ils se sont remis à pratiquer leur sport favori : la polémique politicienne !
Les uns se félicitent, les autres trouvent des raisons d'espérer. Les premiers crient déjà victoire, les seconds passent à un sursaut républicain. Les mieux lotis
font les comptes de tous leurs possibles, les plus chafouins investissent sur les absents.
Pendant ce temps, des comparses d'hier accèdent à des rôles moins subalternes alors que d'autres sont rayés de l'histoire du jour. Les figurants de toujours gonflent le torse et veulent se faire
entendre. Les vedettes du quoi qu'il arrive finissent par parler à leur place, comme ils le font systématiquement avec nous d'ailleurs !
Chacun se rengorge de pourcentages fictifs. Les lois de la mathématique statisticienne donnent une grosse part aux meilleurs quand les quantités ont diminué. Il faudrait évoquer le nombre réel de
voix obtenues, constater le reflux inquiétant de l'esprit civique, la décrue des soutiens portés vers les deux grands partis. Au mieux, cette opposition arrogante gouvernera 22 régions avec
l'approbation seulement d'un huitième du corps électoral et ce parti méprisant d'un président sourd gérera encore la France
avec la même representativité.
Les ténors de la chose publique et leurs amis les journalistes vedettes s'entendent pourtant comme larrons en foire pour couper la parole à qui veut dire quelque chose, s'approprier des mérites
qui expliquent le succès d'une sensibilité qui pointe le bout de son nez, accuser l'autre d'avoir favorisé le succès de ceux qu'on méprise de concert.
Le ministre de l'environnement affirme que la
victoire de l'écologie c'est à lui qu'on la doit. Le chef de file de la majorité attaque ses meilleurs ennemis sans aucun regard introspectif. Un ancien premier ministre de gauche parle de gain de la
première mi-temps, il se fiche de savoir si les gradins sont vides.
Ils se coupent la parole; sont inaudibles, passent leur temps à affirmer outrés : « Je ne vous ai pas interrompu ! ». Ils parlent, parlent à nous saouler, parlent pour
oublier cette réalité quotidienne qui est évacuée de leurs propos. On évoque les alliances à réaliser pour emporter la bataille, on se moque des accords de circonstances, des mésalliances, des
mauvaises intentions de son voisin.
Ils se déchirent, se traitent de menteur, couvrent les propos du voisin et ils voudraient que ceux qui n'ont pas coupé ce spectacle pitoyable aient envie de se rendre aux urnes pour eux. Les
pauvres, s'ils se voyaient ! J'irai voter pour exercer cet honneur républicain mais j'attends autre chose pour porter ma voix à des idées nouvelles et non à des pantins obséquieux.
Audessusdelamêlement votre
Une insulte pour moi, grandi par une autre insulte à lui tout seul et qui pourtant gouverne la france.
Nous sommes dans le monde des jurons et obscénités.
Et j'ai besoin de plus que des discussions ou vaines promesses.
Toutes choses qui retombent aux oubliettes une fois le scrutin passé.
Taire la colère, le ras-le-bol, l'impatience et les solutions faciles n'est pas la meilleure des solutions. Nous devons d'abord du respect à ces électeurs de la désespérance.
Puis nous leur devons aussi un changement significatif des conditions de vie dans ce pays.
Alors, tant que les menteurs et profiteurs d'un bord succédderont aux menteurs et hyôcrites de l'autre bord, nous continuerons à désespérer ces braves gens.
Ne jeter la pierre qu'à la créature, c'est faire fi de ses créateurs et malheureusement encore une fois il y a doublon dans la responsabilité.
Je suis d'accord avec vous, il y a du boulot et peu de confiance pour ce coup-là encore !
Agacement vôtre