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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 07:17
- Publié dans : Carton rouge - Communauté : Les chroniques de la meute
L'amnésie sélective des gens privés d'histoire.

À S. A. le dernier banni.
À S. H. le dernier des Mohicans …
À tous les autres, qui durent, un jour, quitter ces lieux !


"Les bons souvenirs durent longtemps.

 Les mauvais plus encore !"

    Il était une fois un jeune garçon plein de promesses rugbystiques qui brillait dans la sélection Taddéï de sa région. C'est là qu'un éducateur prédateur alla le chercher pour l'attirer dans les bras accueillants, à l'époque, d'un club qui se voulait ambitieux.
    Le jeune menuisier ailier quitta la plus belle cathédrale de France pour s'installer à l'ombre de celle, que Charles Péguy, un jour de dépit, a qualifié de plus laide. Il trouva un travail et s'installa pour de longues années au bord de notre belle Loire.


    Il retrouva six autres compagnons de son équipe régionale qui avaient accepté de vivre une nouvelle aventure en venant dans ce club qui savait alors attirer les meilleurs d'alentours. Avec leurs camarades autochtones, ils allaient créer la première équipe 'Reichel' de la Région Centre. Tous savaient que le défi serait de taille, que les défaites seraient plus fréquentes que les succès et que l'apprentissage serait rude.

    Comme promis, les débuts furent douloureux. Les lourds échecs se succédaient face à des équipes huppées et aguerries. Il est vrai que face au Racing, Montferrand, Brive, Bourgoin, Grenoble, Rumilly , Lyon, … les représentants de Cénabum n'avait que leur courage à opposer à l'expérience et au passé. C'est dans ces revers que le groupe se constitua, se forgea un mental et progressivement un niveau de jeu digne de celui de ces glorieux opposants.
    En fin d'année sportive, les premiers succès annoncèrent des lendemains qui chantent. Les Pauvres misères avaient vécu et les redoutables Gaziers allaient briller sur les grands terrains de France. La suite fut glorieuse et notre ailier pointait fréquemment à dame des actions d'envergure.

    Il fut remarqué par un entraîneur ambitieux qui allait se tailler un joli palmarès. Le menuisier aux semelles ailées allait intégrer l'équipe fanion qui n'en finissait pas elle non plus de gravir les échelons de la pyramide française.

    Un jour pourtant, tout failli s'arrêter pour l'ami Stéphane. Un choc violent, une langue avalée, l'angoisse, la panique, un hélicoptère et un traumatisme long à oublier. Il saura néanmoins surmonté l'épreuve, retrouver l'équipe première qu'il ne quittera plus pendant 11 années de bons et toujours loyaux services. Il refusa par deux fois les sirènes de la pro D2 mais qui s'en soucie aujourd'hui !


    Treize années  de fidélité dans le succès comme dans les épreuves. Il a connu le départ de tous ses copains des années dorées. Il a pris l'habitude de jouer avec des garçons qui ne parlent pas sa langue. Il est resté sous ce maillot qui lui collait au cœur.

    Pourtant, la semaine dernière, de dépit, de colère, de honte peut-être, Stéphane a rendu son maillot à ces dirigeants sans mémoire qui lui ont refusé de terminer sa carrière dans un club voisin pour y retrouver le dernier survivant de ces belles années que je vous ai comptées.

    Stéphane ne pardonnera jamais l'ingratitude et l'insulte qui lui ont été infligées par des gens qui ignorent sans doute tout de cette histoire. C'est ainsi, les clubs se passent assez bien de la mémoire quand ils s'appuient sur des ambitions marquées par l'impatience.
    Il rentre ainsi dans la longue liste des proscrits, des bannis, des rejetés de ce lieu qui n'offre pas plus de place au passé qu'aux supporters et aux voisins. Ce texte n'arrangera sûrement pas les affaires de votre serviteur. Puisse au moins qu'il permette à ces décideurs amnésiques de satisfaire la volonté d'un des plus fidèles serviteurs de leur si cher club !

    Mémorialement vôtre.

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