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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Celui qui a rendu son paletot

L'amnésie sélective des gens privés d'histoire.

À S. A. le dernier banni.
À S. H. le dernier des Mohicans …
À tous les autres, qui durent, un jour, quitter ces lieux !


"Les bons souvenirs durent longtemps.

 Les mauvais plus encore !"

    Il était une fois un jeune garçon plein de promesses rugbystiques qui brillait dans la sélection Taddéï de sa région. C'est là qu'un éducateur prédateur alla le chercher pour l'attirer dans les bras accueillants, à l'époque, d'un club qui se voulait ambitieux.
    Le jeune menuisier ailier quitta la plus belle cathédrale de France pour s'installer à l'ombre de celle, que Charles Péguy, un jour de dépit, a qualifié de plus laide. Il trouva un travail et s'installa pour de longues années au bord de notre belle Loire.


    Il retrouva six autres compagnons de son équipe régionale qui avaient accepté de vivre une nouvelle aventure en venant dans ce club qui savait alors attirer les meilleurs d'alentours. Avec leurs camarades autochtones, ils allaient créer la première équipe 'Reichel' de la Région Centre. Tous savaient que le défi serait de taille, que les défaites seraient plus fréquentes que les succès et que l'apprentissage serait rude.

    Comme promis, les débuts furent douloureux. Les lourds échecs se succédaient face à des équipes huppées et aguerries. Il est vrai que face au Racing, Montferrand, Brive, Bourgoin, Grenoble, Rumilly , Lyon, … les représentants de Cénabum n'avait que leur courage à opposer à l'expérience et au passé. C'est dans ces revers que le groupe se constitua, se forgea un mental et progressivement un niveau de jeu digne de celui de ces glorieux opposants.
    En fin d'année sportive, les premiers succès annoncèrent des lendemains qui chantent. Les Pauvres misères avaient vécu et les redoutables Gaziers allaient briller sur les grands terrains de France. La suite fut glorieuse et notre ailier pointait fréquemment à dame des actions d'envergure.

    Il fut remarqué par un entraîneur ambitieux qui allait se tailler un joli palmarès. Le menuisier aux semelles ailées allait intégrer l'équipe fanion qui n'en finissait pas elle non plus de gravir les échelons de la pyramide française.

    Un jour pourtant, tout failli s'arrêter pour l'ami Stéphane. Un choc violent, une langue avalée, l'angoisse, la panique, un hélicoptère et un traumatisme long à oublier. Il saura néanmoins surmonté l'épreuve, retrouver l'équipe première qu'il ne quittera plus pendant 11 années de bons et toujours loyaux services. Il refusa par deux fois les sirènes de la pro D2 mais qui s'en soucie aujourd'hui !


    Treize années  de fidélité dans le succès comme dans les épreuves. Il a connu le départ de tous ses copains des années dorées. Il a pris l'habitude de jouer avec des garçons qui ne parlent pas sa langue. Il est resté sous ce maillot qui lui collait au cœur.

    Pourtant, la semaine dernière, de dépit, de colère, de honte peut-être, Stéphane a rendu son maillot à ces dirigeants sans mémoire qui lui ont refusé de terminer sa carrière dans un club voisin pour y retrouver le dernier survivant de ces belles années que je vous ai comptées.

    Stéphane ne pardonnera jamais l'ingratitude et l'insulte qui lui ont été infligées par des gens qui ignorent sans doute tout de cette histoire. C'est ainsi, les clubs se passent assez bien de la mémoire quand ils s'appuient sur des ambitions marquées par l'impatience.
    Il rentre ainsi dans la longue liste des proscrits, des bannis, des rejetés de ce lieu qui n'offre pas plus de place au passé qu'aux supporters et aux voisins. Ce texte n'arrangera sûrement pas les affaires de votre serviteur. Puisse au moins qu'il permette à ces décideurs amnésiques de satisfaire la volonté d'un des plus fidèles serviteurs de leur si cher club !

    Mémorialement vôtre.

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pascal 20/10/2009 22:25


Superbe texte qui helas nous montre la mentalité actuelle du rugby,courage a stephane qui meritait bien mieux que si peu de consideration,amicalement


BR 21/10/2009 07:50


Merci pour le texte.

Continuez à lire les chroniques.
Celle du jour donne une leçon aux maîtres de la pyramide


AG 20/10/2009 19:58


je ne sais pas qui est l'auteur de cette chronique ms elle est pleine de sens, tres touchante qd on connait S.A... elle ne fera aucun effet aux sans coeurs et sansans valeurs pseudo dirigeants de
ce fichu club qui les accumulen en ces temps mais au moins elle fait du bien à ceux qui apprecient S.A BRAVO!!


BR 21/10/2009 07:49


L'auteur n'est pas un inconnu mais les coups qu'il va recevoir pour cette chronique ne seront qu'un ajout à une longue liste de gentillesses accordées par ces messieurs de la Pyramide.

Pour me soutenir, un seul geste, lire les chroniques.

PS : Stéphane m'a donné son aval pour ce texte.


boutard philippe 20/10/2009 19:05


c'est souvent la cruauté de ce sport quand vous decider d'arreter de jouer malheureusement vous ne faite plus partie de la famille j'ai connu ça,
pour Stéphane le problème a l'air différent mais pas étonnant il se retrouve face à la stupidité et la "connerie magistrale" de ces dirigeant et connaissant ce club je ne suis pas surpris je
constate encore une fois après toutes ses années que ce club n'a pas sur évoluer
critiquement votre.
Philippe Boutard


BR 21/10/2009 07:47


Les valeurs du Rugby …

Ils en ont tous plein la bouche et ils les écrivent parfois sur les murs des tribunes !
La chronique du jour rappelle que ce n'est pas si simple


Mat 20/10/2009 16:02


Nous aurions peut-être du créer le RC Gaziers à l'époque. Aucune amnésie ni ingratitude dans nos rangs et pourtant l'histoire commence à dater!
Salut à Steph et à tous les autres.


BR 21/10/2009 07:46


Si cette histoire date, celle des départs successifs et contraints n'est pas nouvelle du côté de la Pyramide. Stéphane n'est que le dernier avatar de cette politique d'exclusion.