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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 27 août 2011 6 27 /08 /Août /2011 08:42
- Publié dans : Fable - Communauté : Le grand n'importe quoi !

Tolérance au Capitolium …


 


 

Toulouse sous la pluie et un vilain ciel gris ! Drôle d'atmosphère en cette fin d'août. Pourtant, en ce vendredi, certains ont la curieuse idée de célébrer union heureuse ou mariage coquin. Les invités, endimanchés, se hâtent entre les gouttes sous des parapluies d'infortunes, fort peu assortis à des tenues, choisies encore la veille alors qu'il faisait si chaud !


On grelotte sous la toile fine de lin, le petit débardeur saillant, la petite tenue affriolante. Les pieds, presque tous nus, se recroquevillent sous la flaque traîtresse dans des escarpins bien trop ajourés. Qu'importe la colère du ciel, la fête ne sera que plus belle !

 


 

Des cortèges se succèdent dans un désordre charmant. Des chants, des musiques, des cris de joie, des concerts de klaxons et même quelques Youyous. Je connais quelques élus pisse-vinaigre qui s'étrangleraient pour moins que ça … Pourtant, dans la ville rose, l'union de deux êtres, n'est pas marquée du sceau de l'austérité. Que ce soit pour un mariage ou bien un pacte civil, les portes sont grandes ouvertes. Même sous les larmes du ciel, l'exubérance et la tolérance ont droit de cité.


Mariées parées de blanc ou de toute autre couleur, époux ou Pacsés bien mis dans leurs tenues d'apparat, l'hôtel de ville offre son Capitolium à ces célébrations païennes. À deux pas de là, Antoine de Saint Exupéry est honoré dans une ville qui doit tant à l'aviation. En trompant l'attente, les futurs unis pour la vie regardent d'un air distrait une exposition qui leur rappelle qu'ils vont prendre un billet pour un long vol dans l'inconnu. 

 


 

Sous les arcades, entre deux groupes aux accents multiples et aux langues mélangées, un petit bonhomme blond habillé de bleu me glisse à l'oreille : «  S'il te plait, dessine moi des gens heureux ! ». Je lui réponds, à peine surpris de le rencontrer ici : « Désolé mon petit, je ne suis capable que de coucher des mots sur le papier ! » Je m'assieds, à l'écart du tumulte pour répondre à sa demande, mais l'enfant est déjà parti, une rose réclame sa présence sur sa planète …

Pendant que chacun pianote sur son portable un petit message pour indiquer le chemin aux retardataires venus de plus loin, naufragés du déluge, englués dans les encombrements ordinaires d'une métropole, j'écris ces quelques lignes, témoins d'une cérémonie à venir. 


Petit à petit, les invités arrivent bien avant les deux héros de la fête, ceux qui vont donner à ce pacte civil de solidarité une dimension solennelle. Jérôme et Laure vont recevoir l'onction de leurs amis et de leurs proches sous la bénédiction bienveillante de notre république. Ils se passeront du ciel …


Les dorures et les lustres de la salle des illustres vont apporter ce décorum qui confère de la gravité à leur engagement. Un homme ceint d'une écharpe tricolore donne importance et considération à ce qui, dans d'autres cités, n'est qu'un simple engagement de papier. Depuis deux ans, à Toulouse, les couples Pacsés peuvent bénéficier de cette cérémonie républicaine depuis l'élection de monsieur Cohen. La célébration prend alors toute sa place et donne aux couples, quels qu'ils soient, un signal fort, d'intégration à la cité.


Ils se sont échangés des baisers après un discours officiel. Des mots simples qui placent leur engagement mutuel dans la vie citoyenne. Ils ont acquiescé à haute voix, devant les leurs, ils se sont embrassés, plusieurs fois pour faire bonne mesure, se sont échangé des présents : lui, lui a offert une bague, elle lui a donné une montre. Monsieur l'adjoint au Maire se tenait là, aimable et souriant. La famille et les amis applaudirent.

 


 

Ce qui avait été signé trois mois auparavant dans l'anonymat d'un tribunal de grande instance, prenait enfin une valeur symbolique forte pour le jeune couple et les leurs. Tout ceci a lieu à Toulouse parce que la municipalité a fait preuve d'intelligence et de tolérance. Ailleurs, ce bonheur simple leur eût été refusé parce que des élus ne sont pas aussi attentifs aux changements de notre temps.

 


 

Cérémonialement leur.

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