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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Certainement pas de la dernière averse !

Plus sûrement des neiges d'antan.

 


 

L'occasion ne fait pas que le larron, elle peut aussi mettre en valeur le vieux luron sur le retour qui n'avait pas, depuis belle lurette ), traîné ses guêtres sur les cimes enneigées. Un couple d'ami de très longue date, me proposa de partager avec eux les joies d'un appartement en terre d'Abondance.

 

Le retour aux activités hivernales met le corps à rude épreuve. Des muscles longtemps négligés rappellent sournoisement leur existence, le souffle se découvre court, la résistance flageolante. Le poids des ans vient insidieusement se mettre en évidence, il est bien loin le temps de la première averse.

 

Il faut ménager sa monture surtout quand celle-ci est l'âne lui-même. Je devinai que le retour à la case neige ne se ferait pas sans douleur après des années à bouder ce plaisir désormais hors de prix pour un modeste fonctionnaire, tout juste de classe A. N'ayant aucun talent, je ne dispose pas de revenus suffisants pour m'offrir cette débauche de dépenses mirobolantes.

 

Je débutai donc la découverte du dénivelé par la case marche au soleil. Une belle promenade à travers chalets plus rutilants les uns que les autres, certains en construction, d'autres juste achevés, preuve que la crise ne touche pas tout le monde, me voilà rassuré. Je compris bien vite que, bien que sur le déclin, j'avais bien plus de mal à digérer la pente ascendante, les mots sont parfois trompeurs !

 

J'aurais du me pénétrer de cet avertissement discret. Que nenni ! Enthousiasmé par la beauté du décor, j'entrepris le lendemain une escapade en raquettes. C'était nouvelle expérience pour celui qui en la matière est presque néophyte dans toutes les activités des loisirs à la montagne. Le début me fut pénible, la suite plus épouvantable encore. Mon nouveau compagnon, l'asthme, signala sa présence. La respiration me brûlait.

 

Le vieux sportif ne supporte pas le déclin. Je voulais passer par dessus la douleur et faisais le fier en tête de convoi. Les jambes compensaient un peu mais j'avais une forge dans les bronches. Heureusement, le paysage acceptait de porter la responsabilité de ma peine : il était à vous couper le souffle.

 

Bien que m'y prenant comme un manche avec mes raquettes, je ne pouvais que reprendre la balle au bond, je trouvais matière à discourir avec des comparses de rencontres. Cela me rappelait la belle solidarité des marcheurs, la neige n'a pas altéré la noblesse du piéton aventureux. Je fis la rencontre de deux dames allant bon train, habituées sans doute à une pratique nouvelle pour moi.

 

Bénédicte et Viviane terminaient une semaine de vacances. Bon pied et langue liante, elles me dirent que l'une venait du territoire de Belfort et l'autre de Saône et Loire. Elles me vantèrent les beautés des Vosges et tout naturellement la conversation vira sur la gastronomie. Le Français ne peut se refaire, la table demeure son sujet principal de conversation en dehors, naturellement, de la météorologie. Mais ce jour-là, nous n'avions vraiment rien à reprocher au temps.

 

Je retrouvai mes deux marcheuses sur la pente finale au col de la plagne du Mont. Elles firent bien meilleure figure que moi. Une nouvelle crise me cloua sur place quand, la première me doubla comme un cabri. J'en avalai ma fierté et dus accepter le verdict des ans. Je ne verrai pas la vallée de ce panorama magnifique.

 

Pour diversifier les plaisirs, le lendemain je m'essayai à la glisse le long des pentes aménagées. J'avais oublié combien le harnachement du skieur de piste relève de la plus basse torture. Je compris aussi que cette activité réclamait pratique régulière et entraînement conséquent. Je suivis tant bien et plutôt mal mes compagnons aguerris. J'avais un style qui tenait du crapaud et une efficacité proche de la tortue de mer.

 

Au bout d'à peine trois heures, mes cuisses étaient en feu et mes chevilles souffraient martyre. Quand j'ôtai enfin ces chausses moyenâgeuses, je compris la douleur de ceux qui passaient au supplice du brodequin. Il me reste encore à retrouver les souffrances ineffables du ski de fond pour achever le bonhomme. Quand je pense qu'il y en a qui me pensent en vacances !

 

Difficilement vôtre.

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cockpit 11/03/2012 18:21


Oui, mais vous voulez combiner tennis et sport de neige, alors c'est sûr que c'est dur !


Sinon pour les beautés des Vosges je confirme, et pour la gastronomie, il
suffit de se laisser descendre en Alsace.

C'est Nabum 11/03/2012 19:56



Cockpit


 


L'Alsace c'est pour le mois d'Aoüt juste à côté de Colmar.


Quand à la gastronimie, il y aura un billet  TRÈS gourmand prochainement ...


 



nanoub 07/03/2012 14:32


Bonjour Nabum,


 


tu marches, donc tu devrais avoir des muscles aguerris.


ça doit être l'âge


 


Bises

C'est Nabum 08/03/2012 07:36



NanouB


 


Venir me parler de mon âge ici !


Quelle misère ...


Vous me faites marcher ?