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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 07:33
- Publié dans : Y'a pas que le rugby dans la vie


À ces marcheurs opiniâtres ...


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    D'aussi longtemps qu'il m'en souvienne, je n'ai jamais goûté ces longs serpents bigarrés qui déambulent dans les rues de nos villes au rythme de phrases toutes faites, à la poésie douteuse et à la scansion si peu mélodieuse.

    Mon vieux fonds de misanthropie, s'il me permet de coucher quelques billets acides, m'interdit de naviguer à mon aise dans une foule qui revendique une colère légitime que je partage mais que j'exprime différemment.

    En ce premier mai d'exaspération, j'ai souhaité mettre mes actes en conformité avec mes écrits et me suis approché de cette place de Loire où se rassemblaient toutes les composantes de notre colère locale.
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    L'attente me fut agréable ; conversations amicales, poignées de main chaleureuses, saluts discrets d'une connivence qui fait du bien, petit brin de muguet et tract intégré. Puis, la partie clanique repris le dessus. Les drapeaux se déroulaient et se rassemblaient dans un souci de cohérence chromatique. L'entre-soi est une règle qu'il faut respecter par les truchements de ces couleurs identificatrices.

    Le rouge se distingue plus que partout ailleurs. Il se décline dans toutes ses composantes plurielles. Il se pare de sigles ou de symboles forts qui se suffisent à eux-mêmes. Il se joue des différentes nuances de la palette et s'essaie aussi à l'orange. Le bleu fait un peu tache. Une recherche d'originalité qui marque une indépendance de vue. Les drapeaux semblent plus récents … Une minuscule tache verte atteste qu'une idée qui fait son chemin n'emprunte pas nécessairement le chemin du défilé classique.
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    L'oriflamme vole au vent de Galerne. À Cenabum on n'aime rien autant que brandir l'étendard : un atavisme local que je ne partagerai jamais. Même dans un stade, cet affichage des couleurs m'insupporte. Tout ce petit monde s'organise sous la sympathique onction des forces de l'ordre républicain.

    Le cortège s'ébroue, les incontournables sonos se règlent et déversent déjà des décibels qui compenseront les absents qu'on ne compte plus. Les couleurs s'avancent en paquets homogènes. Elles prennent soin de maintenir un espace de sureté entre elles avec des banderoles :  parapets idéologiques. Il faut se garder de cette unité qui diluerait les différences !
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    Le P.S., certain que prochainement tout ce petit monde finira par le rejoindre pour porter l'estocade finale, ferme la marche. Il démontre une curieuse conception du rapprochement !

    Les animateurs patentés sortent leurs fiches pour entamer la danse des microphones. Les slogans du jour sont scandés sur des rythmes peu différents de ceux de nos stades. Ce « Tous Ensemble – Tous Ensemble ! » pourrait parfaitement venir d'une association dissoute.
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    Le serpent est parti à un train de déambulateur. Je n'ai pu me résoudre à partager sa lente reptation urbaine. Je n'ai pas de couleurs à brandir ni l'envie de répéter quelques stances si maladroites dans la forme. C'est trop sage, c'est trop policé, c'est trop organisé. C'est sans doute anachronique ; je ne vois pas beaucoup de jeunes dans cette manifestation rituelle.

    La foule demeure une barrière infranchissable, je m'en retourne à mon clavier déverser ma bile et mon amertume de ne pas me reconnaître dans cette forme de contestation pourtant si utile à en croire ceux que j'ai croisés. Il faudrait pourtant que ce monde change au plus vite !

   
    Agoraphobiquement vôtre

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