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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Ces grands Chelems qu'on anticipe …

Faire le plein à tout prix

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    En cette période où en politique comme au Rugby, certains ne lorgnent que sur le Grand Chelem en oubliant l'avant dernière étape, il m'appartient de revenir sur un petit soucis qui reflète bien l'état de notre société.

    Dimanche, pendant que les urnes essaieront de se remplir à moitié, ce qui constituerait déjà une belle réussite pour nos commentateurs et une catastrophe pour notre démocratie, la Fédération Française de rugby se devra de remplir ce Grand Stade de France qu'on lui impose pour le tournoi des six nations.

    Les sondages, puisque c'est ainsi qu'on communique dans le monde électoral, jouent les Cassandre et annoncent la victoire des pêcheurs à la ligne. C'est curieux qu'il faille attendre leur disparition des listes pour les voir enfin triompher.

    La vente des billets pour le match France Italie a depuis longtemps affiché un encéphalogramme plat. La télévision se désespère d'une chambrée clairsemée et nos voisins Italiens sentent le vent du camouflet plus sûrement que celui de la défaite.
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    Martine se frotte les mains, oublie un peu vite que la peau de l'ours ne se vend que lorsque la bête est dépouillée. Elle oublie la versatilité de l'électeur, cette espèce en voie de disparition. Elle ignore les difficultés du lendemain lorsqu'il faudra partager les bonnes places et les lauriers et se montrer moins hautain qu'à l'accoutumée.

    Marc se tord les doigts. Lui sait par expérience que rien n'est plus difficile que de gagner un match quand la victoire est donnée pour acquise. Le joueur Français se démobilise aussi vite que l'électeur chafouin. L'italien se sublimera dans la défaite annoncée, ce qui peut parfaitement advenir aussi en politique pour ce camp qu'on dit déjà perdant.

    Les partis appellent à la mobilisation générale, font un dernier tour de marché, pour y trouver quelques produits avariés qui feront nombre malgré tout. La Fédé donnent des places à tour de bras pour remplir le stade avec les gamins des écoles de Rugby.
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    Dans les deux cas, l'intention est louable et c'est ici que cesse ce parallèle aussi tirer par les cheveux qu'improbable. Puisque jamais, au grand jamais, on se mêle de politique dans le Rugby !

    Les gamins n'y suffisant pas, chaque club se voit affublé d'un joli paquet de billets payants. La fédération est gagnante, car vendus ou perdus, elle les encaissera directement dans les caisses de ses inféodés. Le coup est bien joué et constitue un juste retour des choses après le cadeau fait aux enfants de nos écoles de rugby.

    Là où la chose se redonne des airs de politique, c'est pour la dernière levée de ce Grand Chelem escompté. L'Angleterre à la rose viendra défier la France et son coq. Il ne sera cette fois aucun Français qui souhaitera la victoire de la Rose et Martine devrait se méfier de cette fâcheuse coïncidence !

    Pour les places, il en ira alors tout autrement. Ceux qui ne sont bons qu'à remplir le stade pour la venue des transalpins n'ont pas le plus petit espoir de se voir attribuer les mêmes pour les visiteurs d'Outre Manche. Les amis, les coquins, les importants, les décideurs se précipiteront au stade pour l'Angleterre pendant que les Italiens les indiffèrent.

    La France à deux vitesses existent au stade comme à l'école, à l'hôpital comme au travail. Quand on fait appel au menu fretin, c'est que l'heure est grave, qu'il faut boucher les trous ou jouer les utilités. Rassurez-vous quand ça brille, il n'y a plus besoin d'eux pour se partager le gâteau !

    Transalpinnement vôtre.

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