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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Cette formation qu'ils ont manquée !

 Le peu d'appétence pour le savoir technique.


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    Trente-six éducateurs dans mon club et quatre seulement qui ont répondu présents à une petite matinée de réflexion et de formation interne sur l'art difficile de l'animation sportive. Comme il avait déjà fallu repousser cette proposition faute de candidats, j'en viens à me désespérer de la volonté de chacun de se parfaire dans l'activité qu'il a choisie.

    Alors, puisque les absents ont souvent raison, je viens leur confirmer cet adage en déposant à leurs pieds ce qu'ils n'ont pas daigné venir chercher. Qu'ils en fassent grand profit si les efforts de la lecture et de la compréhension ne sont pas trop ardus pour eux !

    Animer une séance de rugby suppose d'utiliser (et de maîtriser) l'art complexe de l'exercice sportif. Une séance attractive devrait être constituée de nombreuses situations variées et formatrices ; qu'on les nomme atelier ou bien jeu.

    Je voulais m'attarder sur la façon d'envisager un jeu et qui bien souvent d'après ce que j'ai pu observer, s'apparente à la pâle copie systématique du match. C'est d'ailleurs l'occasion de lister ce qui détermine un match de rugby : Le terrain – le ballon – l'arbitre – le règlement – les buts du jeu – la marque – les équipes.

    De cette liste, tirons la substantifique moelle des variations possibles que nous mettrons en place pour rendre nos joueurs intelligents, adaptatifs et joyeux lors de séances variées, de qualité. Chaque élément peut devenir objet de modification pour poser des problèmes aux enfants, attendre des réponses appropriées et mettre en place des stratégies pertinentes. C'est par un mouvement de questionnement que l'enfant construira alors ses réponses.

    Nous appellerons cela les variables de l'exercice, des éléments que l'on doit cesser de penser immuables pour donner à chaque situation proposée des perspectives nouvelles, des axes d'interrogation puis de progrès. Ainsi, il faut cesser de penser l'opposition comme immuablement un rapport équilibré de deux équipes. Le déséquilibre numérique est porteur de difficultés qui peuvent améliorer la dimension mentale ou mettre en difficulté les meilleurs éléments.

    La dualité doit aussi être cassée. Trois équipes peuvent s'affronter dans une alternance porteuse de désordre et de repères à découvrir. Quatre équipes imposent une lecture de l'espace qui fait souvent défaut à nos jeunes rugbymen. La symétrie n'est pas une obligation permanente. La règle n'est pas forcément la même pour les équipes en présence. Cette différence de droit force la maîtrise et impose le respect de l'arbitrage.

     L'arbitre, quand on monte en âge, peut lui aussi devenir une variable qui se travaille à l'entraînement. Un traitement différent, une préférence affichée pour tel ou tel aspect du règlement et les joueurs doivent s'adapter à la situation qui naît de cette difficulté supplémentaire.

    Le terrain n'est pas pour toutes les séances un rectangle. Il peut prendre des formes variées qui modifieront les rapports de force, les stratégies et les gestes appropriés. La zone de marque peut elle aussi être modifiée, doublée, transformée et une fois encore imposer réflexion et observation.

    Les buts du jeu sont également sujets à surprise. La marque a ou à modifications avec attribution de points pour des plaquages ou des gestes sollicités. En jouant sur tous ces paramètres, l'éducateur inventif diversifie à l'infini ses propositions de jeu. Il ne lasse pas ses joueurs et leur ouvre l'esprit. Il aborde des situations qui demandent des réactions adaptées, il rend intelligent les enfants qui lui sont confiés. Il forme alors vraiment le futur joueur de demain.

    C'est de tout ça que j'aurais aimé vous parler et vous permettre d'expérimenter. Vous ne l'avez pas souhaité, j'en suis profondément navré.

    Curieusement vôtre

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