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La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
La force de la position dominante.
Ce vendredi avec ma classe, je menais une activité de lecture sur la place publique. Des enfants lisaient leurs textes sur un marché, dans un quartier populaire. Rien d'exceptionnel, juste de
quoi sortir de l'ordinaire, d'aller vers le monde réel, de montrer que l'école peut encore ouvrir de nouveaux horizons.
Un journaliste passe, il interroge les organisateurs de l'activité qui s'inscrit dans le cadre du salon des écrits de jeunesse. Il prend des clichés. C'est
sans doute le quotidien d'une profession qui va chercher l'information là où elle se trouve quand elle n'a pas son content de nouvelles fraîches avec les dépêches d'agences
officielles.
Le samedi, une photographie et un petit article. Je ne vous donnerai pas la teneur de l'article, depuis plus de dix ans, je me refuse de cautionner par ma simple lecture un organe de presse qui,
comme ses confrères locaux, ne respecte pas les règles déontologiques de la profession. Position hégémonique, habitudes immuables, servilité vis à vis des
gens en place, irrespect des petites gens, absence de vérification des faits sont autant de griefs que je porte à ce journal qui n'est ni pire ni meilleur que l'ensemble de ses
homologues.
C'est la loi du genre, un système qui laisse peu la place à la contradiction, aux débats et aux idées minoritaires. Les lois du commerce, le besoin de vendre entraînent ces marchands de papier
vers des contrées souvent fort médiocres. Le raccourci, le résumé incomplet, le manque d'analyse, une vison unique des choses ... On me dit
que de jeunes journalistes cherchent à sortir de cette malédiction du chien écrasé, mais bien vite, ils sont remis dans le rang.
Mais revenons au factuel ce fond de commerce de cette république centrale. Une élève prise en photographie, sans m'avoir demandé s'il était possible de le faire, si la famille avait donné
l'autorisation. Respecter la loi, ne serait-ce pas la moindre des choses quand on pratique profession publique ? Même si le droit à l'image
est une entrave, il s'impose à tous, fut-on grand reporter d'un petit journal local (à moins que ce ne soit l'inverse).
L'homme ne sait sans doute pas poser la question. Son journal nous accorde l'immense privilège de quelques lignes, nous devrions lui en être
reconnaissant. Que de petits vermisseaux demandent à être consultés sur leurs droits, quelle prétention ! J'avais pourtant prévenu que je ne voulais pas voir apparaître mon état
sur ce papier, l'homme aurait du se méfier et mettre en vielle son système de vigilance.
Que nenni. La toute puissance de la position dominante, la certitude de rendre un service, l'orgueil et la fatuité sont autant de petits
défauts qui éloignent le correspondant local de la prudence indispensable. Souvent dans ce genre de circonstances, si on me demande mon avis, j'exige que les élèves soient pris de
dos. La belle aventure que voilà, de dos, leurs parents n'iront pas acheter le numéro souvenir ! Quel gâchis !
Mais qu'attend-on d'un enseignant ? Qu'il applique les règles contraignantes que la loi lui a fixées ? Qu'il rentre dans les canons de la communication au mépris des principes déontologiques ?
Que puis-je faire maintenant ? Le journal ne retirera pas la photographie. Si la famille est mécontente, c'est contre moi qu'elle se tournera
!
Quand j'ai grondé en voyant ce forfait, on m'a dit que j'exagérai, que je devais cesser ce combat impossible contre un pouvoir jamais remis en cause. Le quatrième pouvoir est tout puissant,
hélas, au plan local, il galvaude cette puissance qu'il met au service des gens en place. Il n'y a rien à attendre d'eux et je vais une fois encore me confronter à un mur de mépris et de
suffisance.
Et pendant ce temps, Libé-Orléans est condamné au silence, ceux qui soutiennent ce combat recoivent de bien vilains coups. Pour les libé-chiens, il n'y a pas
qu'un âne qui s'appelle Martin et ce grand journal de papier n'en dit toujours rien ... Alors, riez avec nous de cet autre comabt inutile mais si nécessaire !
Arrêt-publiquement vôtre
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