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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 07:09
- Publié dans : A la lumière d'une chandelle.
Le clavier en bandoulière.





    Se mettre à nu, tout dire de soi pour des inconnus : lointains parfois ou des voisins : tous proches et qui n'en disent rien. Se raconter et penser que le sujet en vaut la peine, qu'il suscite intérêt ou simple curiosité. Croire que la face du Monde changera à la lecture de quelques vomissures idéologiques ou narcissiques. Le blogueur s'expose et expose états d'âme et sentiments, images et souvenirs, voyages et détresses.

Seul devant son ordinateur, il se met en quête de confidents, d'amis imaginaires qui viendront glisser un œil compatissant à ses écrits impudiques. Il se projette, traverse l'écran pour aller de par le Monde, prendre par la main des compulsifs de son espèce. Des cartes numériques lui indiquent, par des petits points rouges, les lieux où un autre lui-même a joué de la souris pour entrer dans son trou de soucis.

Il se rêve pourfendeur des puissants, chevalier magnifique allant à l'assaut des moulins à vent que sont devenus nos hommes politiques. Il dénonce, semonce, accuse, abuse, pourfend méchant ! Il se fait chevalier blanc d'une société sombre. Il se débat dans une diatribe que finalement personne ne lit.

Il s'espère metteur en mots. Soigne le texte quand si peu se donne la peine de lire jusqu'au bout sa prose névrose. Il s'exaspère de tant de silence, d'un retour qui ne vient pas, d'enthousiasmes qui se meurent dans l'indifférence générale, de félicitations qui se perdent dans les arcanes d'une toile tentaculaire.

Blogueur maudit, il s'emporte quand son partenaire de site, trouve lectorat quand lui se flétrit dans l'oubli de son talent. Il rumine le succès de l'autre, il fulmine d'un triomphe qui n'est pas sien et qu'en vilain Français on nomme Buzz ! Il se rassure en décidant que ce mot ne peut être pour lui, seul défenseur ici plat de notre bonne vieille langue française.

Chaque jour, il remet le métier sur son clavier. Il est à l'affût du sujet d'actualité qu'il va éclairer de son immense sagacité. Il malaxe, triture, transforme, embellit ou noircit ce qui, sous ses doigts retors, deviendra un jet acide, un billet amer, une bile versée à la connaissance de tous. Puis, une fois encore, ne comprendra pas pourquoi, nul écho ne lui revient.

Il s'enferme dans un espace virtuel, se focalise sur un compteur de visiteurs qui est une illusion parfaite, un attrape conteur, un piège à mouches. Il suit d'un regard crédule, la progression du jour, se croit indispensable, se gonfle d'une importance factice. Un clic n'a jamais été une lecture solide, un partage sincère, un désaccord étayé.

L'assuétude le gagne, le blog le perd. Sa vie se réduit à l'espace virtuel, il ratisse des allées qui ne mènent nulle part. Il poursuit en aveugle sa démarche incertaine, remet à demain son heure de gloire. Il pianote d'autres colères, de nouveaux aveux, des récits magnifiques, des billets bien trop fades pour trouver ce qu'il réclame à cœur et écrit.

Puis un jour il craque et met à plat sa névrose textuelle. Il se sait obsédé, il a choisi un divan planétaire pour sa confession inutile. Il a rempli une fois encore son contrat moral, il a noirci un nouveau billet qu'il enverra dans un océan d'indifférence. Il s'en porte mieux et passera journée nouvelle à guetter le déclic, le sujet à clic, le propos à claques !

Apaisé, il s'en retourne à son habit civil. Derrière le pseudonyme peu savent celui qui se grime derrière l'écran plat de ses nuits franches. Il peut vivre une nouvelle journée anonyme et comme les maquereaux d'antan, viendra relever le compteur en fin de journée ! Mon billet finit en queue de poisson, pouvait-il avoir meilleure fin ?

    Confesionnement vôtre.
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