Tempête dans un verre d'eau.
À HUBERT ET SA TROUPE !
À Fleury-Les-Aubrais, bonne fille, la mairie avait finalement levé pour un week-end son interdiction et la rencontre entre le club local et les amis de Lamotte-Beuvron put
avoir lieu contre vents et marées.
Le vent de Galerne soufflait tel un forcené. Il soulevait les zingueries du gymnase voisin et devant ces frais supplémentaires et forcément non budgétisés, le pauvre joueur de
rugby voyait ses espoirs de disposer d'un autre terrain repoussé aux calandes grecques …
La marée s'offrit plusieurs habits de pluie. Du petit 'aquadio' qui ne rebute personne à la vilaine secouée qui vous pousse vers la buvette, de la pluie cinglante à
l'averse de grêle, il en fallu bien du courage pour rester jusqu'au bout fin transi de la tête aux pieds.
Sur le terrain retourné comme au cul de la charrue, trente pauvres thermalismes en cure, profitaient des bienfaits de ce bain de boue revigorant pour soigner leurs futurs
rhumatismes. Ceux qu'ils ne manqueront pas de récolter après cette séance d'un autre temps.
Le vent décoiffait les rares spectateurs qui se pressaient encore contre la rambarde. Les mieux coiffés préférant le haut-vent de la buvette pour préserver un dandynisme un peu
déplacé compte tenu des circonstances et des boissons ingurgitées pour maintenir une température corporelle acceptable !
Revenons à nos tâcherons … Point de Rugby champagne ce jour-là. Personne ne pouvait échapper à la guerre de tranchées, un combat âpre et désordonné, une collection
d'inévitables maladresses et de glissades qui rappelaient les exploits Français à Vancouver.
Mis ici, point de Ministre pour profiter de l'aubaine des caméras. L'arbitre venait de Flandres et ne paraissait pas perturber par la colère céleste. C'est du moins l'impression
qu'il donna une heure durant, semblant maîtriser malgré son très jeune âge, des joueurs tous plus vieux que lui.
Mais il ne tint pas la distance et se perdit au bout d'une heure dans des considérations dolosives vis à vis des visiteurs solognots. Un mauvais geste tout autant imputable aux
conditions qu'à la faiblesse des hommes alluma une première mèche. Le jeune jugea nécessaire de sortir un carton rouge pour éteindre immédiatement l'incendie.
Dix minutes plus tard, un autre hoquet connu le même épilogue. Second carton rouge et un sentiment justifié de jugement partisan. Les gars de Lamotte à treize contre quinze se
lancèrent, avec l'appui du vent et une volonté farouche, à l'assaut de la ligne de Fleury. Ils obtinrent une juste récompense à l'ultime minute mais la transformation passa à côté et les priva d'un
nul mérité.
Le score de 14 à 12 eut pu clore les débats sans autre forme de procès. Mais voilà, le jeune arbitre décida de qualifier la rencontre de match heurté du fait de la seule
formation adverse. De ma place, je ne vis qu'un match rugueux car boueux. Il eut dû, me semble-t-il, en tenir compte !
Les représentants du Loir et Cher s'en retournaient déçus du résultat et marris de cette accumulation excessive de décisions administratives qui allaient consommer un vingtième
de leur subvention par l'impétuosité ou le rigorisme d'un jeune garçon qui ne se souciait pas de considérations si bassement matérielles.
Il faudrait parfois raison gardée et ne pas compromettre le travail de bénévoles par des sanctions financières qui n'apportent rien à la dimension sportive. Il y avait quelque
chose relevant de l'iniquité et du mélange des genres et je me devais de le déplorer.
Ce jour-là cinq Julots ont eu le bonheur de goûter à la compétition des plus grands. Les trois Fleuryssois ont évolué en réserve d'Honneur, les deux Abraysiens en quatrième série
et tous les cinq marquèrent au moins un essai chacun. Bravo à eux, la relève arrive !
Ventrejaunement vôtre
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