Partager l'article ! De l'art de bien trop siffler !: Le souffle court et la jambe lourde …   ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Tenter l'aventure de décrire le match qui opposait les équipes B de Romorantin et de Fleury relève de l'exploit ou de la maîtrise du morse. La partie fut hachée menue,
découpée, émiettée au gré des coups de sifflets intempestifs d'un virtuose du sifflet à roulette qui exerça son art en privant les joueurs des deux camps du plaisir simple de jouer au rugby.
L'homme n'avait que le sifflet à la bouche et le règlement à la lettre. Tout y passa pour faire de cette partie un pensum insupportable, un hachis de jeu, une bouillie de
rugby de par la volonté ou le manque de condition physique d'un homme bien seul !
Tout y passa dans l'art complexe de brider les intentions, de châtrer le plaisir, de brimer le mouvement. Bien-sûr, pour la plupart des fautes sifflées, il y avait matière à
sanctionner. Mais l'art du directeur de jeu n'est-il pas de se mettre au service de celui-ci, de laisser chanter le cuir et de donner de la vie au jeu.
Au lieu de quoi, nous eûmes droit à un concert de trilles et de trémolos, de variations subtiles de l'art si complexe de bien siffler dans son instrument. L'homme fit
tant et tant, usa à satiété de la petite roulette qui usa notre patience, qu'il n'y a rien d'autre à dire de ce match qui ressembla à une longue succession de pénalités, de coups francs et de
mêlées sans queue ni tête.
En seulement deux fois trente minutes, il souffla 18 fois dans son instrument pour punir les gars de la Sologne et usa bien plus encore du son aigrelet de son instrument pour
arrêter l 'équipe visiteuse. Plus de quarante coups de sifflet, ça vous fatigue plus sûrement les oreilles que les jambes. Tous de s'exaspérer de la part insupportable prise par un homme qui
brima tous les autres.
Peut-on alors parler de jeu ? Je doute que ce mot soit conforme à ce qui se passa ce jour là. L'équipe de Fleury qui pourtant sortit
victorieuse de ce pensum infâme ne fit que 50 passes pour 41 temps de jeu. Rares furent donc les séquences à plus d'une passe et la pauvreté technique des acteurs n'est pas seule en cause.
Nous devons admettre les 9 en-avants, les 6 touches perdues, les dix mêlées dont seulement 3 se terminèrent sans le trémolo du rossignol des prés mais ne pouvons accepter que
le bonhomme se fit plaisir au détriment de tous les autres. Ajoutons qu'il sortit six cartons pour renvoyer sur le banc des garçons plus maladroits que de mauvais esprits et vous comprendrez ma
colère.
Nous ne sommes pas parfaits, nous avons nos limites mais si on vient nous mettre avec délectation bâtons dans les roues et bruit strident dans les oreilles, la partie devient
injouable, le Rugby une corvée et le spectacle si affligeant que les deux camps se retrouvèrent dans la critique d'un seul.
Cette longue plainte n'est pas destinée à stigmatiser un homme mais à pointer du doigt une conception de l'arbitrage qui est sans doute dictée par les oukases d'une compagnie
d'assurance, les incitations d'une hiérarchie arbitrale peu soucieuse des joueurs et par la difficulté qu'il y a à se mettre au service du jeu quand on ne l'apprécie pas soi-même.
Enfin, retenons le score final de 11 à 0 qui comme son nom l'indique mit fin à ce long dimanche de représailles. Nous nous sommes ennuyés comme il n'est pas permis pour un
match qui n'avait aucun enjeu réel et dont le seul objectif était de permettre à des joueurs inexpérimentés d'apprendre ce jeu si complexe.
Je félicite tous les acteurs de cette partie d'avoir su conserver leur calme pour ne pas terminer en pugilat de la faute d'un seul, qui plus est, se permit d'arriver en retard
sans même s'excuser auprès des joueurs ! C'est le seul point positif de la partie.
Insupportablement sien
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