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Le monde selon C'est Nabum

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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 07:38
- Publié dans : Carton rouge - Communauté : Le grand n'importe quoi !

L'intrusion numérique.




Nous vivons une époque formidable qui ne cesse de nous apporter son lot quotidien de régression de l'espace de liberté, son potentiel inépuisable de contraintes, soucis et pesanteurs, toutes marqués du sceau des cristaux liquides !

L'ordinateur se fait progressivement ordonnateur de nos existences, contrôleur de nos actions, épieurs de nos loisirs, rapporteur de nos opinions, délateur zélé au service d'un puissance publique qui s'efface de plus en plus derrière les écrans de contrôle.

Celui qui devait émanciper a annihilé toutes formes de liberté. Rien n'échappe à son œil inquisiteur et l'immense mémoire de la bête constitue un éternel dossier à charge. L'individu n'a pas cet espace secret qui le préservait du regard public. Le domicile est investi au même titre que la rue, l'école, l'hôpital, la banque, les commerces, l'entreprise et bientôt tout le reste.

Nous sommes suivis à la trace comme des moutons gardés par des bergers irascibles et impitoyables. Nulle muselière ne viendra jamais entraver leurs dents acérées. Nulle indulgence à attendre de ces bêtes bardées de puces inquisitrices. La toile s'est répandue sur nos vies, elle couvre tout d'une opacité troublante.

Le temps de la science-fiction est arrivé. La pensée virtuelle a pris le contrôle des hommes et des systèmes. Tout est ingéré de façon basique dans des cerveaux exempts du moindre risque d'Alzheimer. L'oubli n'est plus permis, la mémoire éternelle, la trace permanente, c'est du moins ce qu'affirment les contempteurs de cette bête hybride.

Je te fiche, tu me fiches tout sauf la paix. Il se fiche de moi et de tous mes contemporains. La vérité sa fiche, le mensonge cent fiches, le passé en fiches, l'avenir en loques. Plus de possibilité d'échapper à ce fichage de gueule, délit de sale ou de mauvaise gueule de l'emploi. L'image comme les mots se numérisent et se transforment en codes barreaux de nos illusions de liberté.

L'école est le premier camp retranché de cette collection « anthropoméfiche » qui ne laisse rien passer. Date, lieu poids de naissance. Parents, frères, sœurs et petite amie, diplôme, classe fréquentée et manipulateurs rencontrés. Comportement en société, en association, en difficulté. Réactions face à l'échec, à l'autorité, à la sanction. Compétences multiples, socle du commun des mortels de ce nouvel âge cybernétique.

La suite c'est qu'on vous plie à ces fines observations du fond de votre être. Compte en banque, carte de crédit, familles, voyages, suivent de près cette mise en boîte de tous vos faits et gestes. L'informatique traque le moindre élément discordant. Le format chic, le format tic ou le format t'es pris au piège !

Et bientôt le vote sera électronique, poil à gratter les divergences. L'opacité souveraine, le déni de contrôle du citoyen ordinaire, l'impossible regard au cœur d'un réseau inextricable de câbles reliés à l'être suprême qui décidera de garder le pouvoir tant que son disque dure. Le virus démocratique en somme, le bug de la citoyenneté.

L'écran décidait déjà du sort réservé aux différents postulants, l'écran continuera sa sélection impitoyable pour ne retenir que le candidat parfait. Le bourrage des urnes n'aura plus besoin de chaussettes, quelques tuyaux percés, des connections établies et le tour sera dans le sac et l'élection dans la poche.

Big brother porte des talonnettes, c'est sans doute pourquoi il paraît si grand quand sa belle l'appelle « Ma puce ! ».

Numériquement vôtre
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