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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Début du retour plus compliqué qu'à pied ...

 

Le rendez-vous manqué.


Le naufragé du Tarn.


Il y a parfois des incompréhensions notables, des petits glissements de sens qui entraînent de grandes complications quand la victime est, pour toujours il me semble, un détracteur actif et indéboulonnable de notre ami le téléphone portable.


Partir à l'aventure sur les routes de France sans ce petit Saint Christophe du marcheur solitaire étonne encore plus d'un de mes semblables. L'incompréhension se le dispute à l'angoisse ou la crainte que l'on soit ami ou bien de la famille. L'aventure que je vais vous narrer ne serait pas arrivée avec ce petit engin. Mais le charme de l'anecdote en fut tout aussitôt rompu et rien que de très banal me serait advenu tout le long du chemin.


Voici le message qu'un jour je reçus : « Salut Bernard,

Bravo pour ce périple. Tu es enfin arrivé dans Mon Département, le plus beau du Monde. J'espère que tu seras très bien reçu sinon je ne reconnaitrais pas mes Frères. Si tu passes à Rabastens, arrêtes toi au café de la renaissance.

A bientôt. Bernard »


L'envie de retrouver ami de fortune, le désir de connaître enfin ce village dont j'entendais parler depuis tant et tant d'années, je compris un peu vite que l'ami Bernard, comme à son habitude passait ses vacances en son pays natal. Rien dans ce message ne confirme l'hypothèse mais l'esprit humain est ainsi fait qu'il ne comprend que ce qui lui fait plaisir.


Je me fis déposer dans ce café Renaissance pensant trouver-là le plus bavard des tarnais et sans doute de tous nos concitoyens. Que nenni, il y avait bien partie de belote, accent rocailleux et tronches ovales, mais de Bernard point en ce lieu. Je m'enquis de sa présence, le message me semblait indiquer une fréquentation assidue.


Le patron ne voyait pas à qui je faisais allusion, les beloteurs non-plus. Il était 8h30, j'étais à pied au milieu de nulle part, il me fallait trouver une solution. J'entrepris de mener l'enquête et partis à la mairie toute proche où l'adjoint au sport : Christian joueur dans les années 70, se fit un plaisir de s'occuper de moi.


Il usa de son influence et de son répertoire pour découvrir qui pouvait être ce personnage ayant joué au Rugby ici il y a fort longtemps de cela. Il appela la mémoire ovale du pays, un dénommé Atché, un nom d'Ovalie. Celui-ci indiqua une piste, un autre personnage qui en savait plus long que lui.


Pendant ce temps, tous les patronymes homonymes du pays reçurent un coup de fil pour savoir si le brave Bernard était de leur famille. Les hasards de la généalogie ne tournèrent pas en ma faveur, personne n'était ici, du même sang que lui. Je tombais pourtant sur un Guy, qui en ce jour du 29 juillet fêtait son anniversaire.


Tous les anciens du grand club de Rabastens se mirent à la recherche de notre ami commun. Le téléphone crépita et finalement un certain Jeannot nous indiqua le numéro de téléphone de celui que je cherchais. Il était resté dans son Loiret d'adoption.


Me voilà bien avancé dans un pays sans gare ni compagnie routière pour me sortir de là. On me convia à manger dans ce café Renaissance et je dus trouver bon Samaritain pas loin pour me remettre en selle.


N'ayant pas de portable, je n'avais pas de répertoire non plus et je fus bien embêté pour trouver chauffeur à mon pied. Les cabines locales, abandonnées là-aussi à l'oubli de nos amis de France Télécom, ne m'étaient que d'un faible secours. Mais finalement, de proche en proche, je réussis à trouver sauveur automobiliste pour me sortir de là.


Télécommunicativement vôtre


L'aventure continue alors que je suis transporté. Dans ce pays, pour aller d'une ville à l'autre de notre province, la difficulté est grande et le temps peu compté. L'argent est aussi au rendez-vous bien plus qu'un développement durable qui ne sert qu'à afficher de louables intentions.

On ferme les lignes de train, on privatise, on confie à la route ce que le rail faisait bien avant ... Deux 2H30 et 15 euros pour faire Montauban Rieupeyroux, ce Ruban Bleu tient le pompon !

Je ne dis rien encore du Villefranche de Rouergue - Orléans qui m'attend de près de 11 heures avec car- attente-  train- attente- train.

Tout pour la Capitale et ce maudit TGV qui élimine tout le reste autour de lui !


 

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