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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Samedi 31 juillet 2010 6 31 /07 /Juil /2010 15:55
- Publié dans : Des Carnutes aux Cathares

Et maintenant !

Que vais-je faire ?

 

 

Je sors totalement assommé d'une sieste longue comme un jour sans marche. La bouche pâteuse d'un ivrogne qui n'a pas trouvé vin à sa soif, je me suis levé tel un gaulois ayant reçu dolmen sur la tête. Le retour à la vie ordinaire ne se fera pas sans peine. L'atterrissage est délicat pour le marcheur solitaire.

 

La première nuit ne fut pas différente des autres. Nuit courte, sommeil agité, jambes lourdes et textes plein la tête. L'ordinateur à mes côtés, compagnon étrange et silencieux qui me fut si précieux durant tout ce voyage.

 

À cinq heures comme les autres jours, je prenais des nouvelles de ceux qui eurent la délicatesse de jalonner mon chemin de petits cailloux blancs qu'ici on nomme commentaires. Ils furent pour moi une invitation sublime à poursuivre ma route, un cadeau merveilleux, un rendez-vous attendu.

 

Vous êtes quelques-uns qui avez partagé le plus souvent possible ma condition errante. Je dois ici vous confier que c'est grâce à vous que je suis allé au bout de mes souffrances. Cette histoire est aussi la vôtre et je vous en remercie.

 

À sept heures j'étais sur le terrain, je ne savais plus que faire de mes jambes inactives. Ce sont les joueurs qui usaient leurs forces et moi pour une fois qui n'était que simple spectateur. Je suis resté debout pour ne pas passer d'un extrême à l'autre. Le soleil d'Albi se fit alors un malin plaisir à brûler des pieds qui jusque là étaient toujours dans leurs chaussures de marche.

 

À treize heures, Chantal nous attendait, elle avait préparé une belle salade faite avec les produits de son jardin : laitue, tomates cerise, haricots beurre, poivron. Elle agrémenta tout ça de petits cœurs de canards, farcis au foie gras ; on ne vient impunément de Lombez Samatan !

 

Il y avait grand bonheur à manger autre chose que ces barres de céréales et ces maudits fruits secs qui étaient mes compagnons d'une longue moitié de journée. Le soir à l'étape, je courais après mon indispensable plat de pâtes. J'avais perdu l'habitude de manger sainement.

 

Le retour à la vie ordinaire ne s'annonce pas si facile. Je suis encore une tortue qui n'a que son sac à dos. J'ai bien peu de vêtements et ils ne sont plus très propres. Je vis en short et en tee shirt usés jusqu'à la corde. Si je ne vous devais pas la vérité, je vous tairai l'état de ma lingerie intime. La marche est abrasive et ce ne sont pas, contrairement au poète, mes semelles qui sont trouées.

 

Je sors ainsi de cette sieste assommante. Elle m'a donné le goût de vous livrer ces fragments inodores d'une journée trop fixe. Il faudra réapprendre la vie sédentaire, me passer de vous livrer ma vie sans pudeur et sans gène sur cette toile étrange. Redevenir un quidam anonyme !

 

J'attends l'ami Henry pour découvrir la ville. On m'a tant dit qu'il fallait visiter la cathédrale Sainte Sophie et rendre hommage à Monsieur Toulouse Lautrec. Les jambes me mèneront bien un peu à la découverte de cette belle ville rose, lovée au bord du Tarn entre histoire, religion et art.

 

Demain, je vous promets de ne plus vous importuner avec mes états d'âme. Je reprendrai les habits d'homme fixe, mes idées du même acabit et pourfendrai encore les travers des puissants, les fantaisies de la vie, les pieds de nez de la gloire sans désormais ni Carnutes ni Cathares !

 

 

Retoursurterrement vôtre.

 

Je pensais alors que la série s'achèverait ici. Je sais maintenant que le récit continuera longtemps encore et de bien d'autres manières....

Le chemin ne s'arrête jamais et ce soir, à la nuit, une marche nocturne me tend encore les pas ...

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