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Chroniques au Val

Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Délabrement ...

C'est pas moi, c'est l'autre !





    Le mystère des financements est parfois belle occasion de ne rien faire quand le public concerné n'est pas électoralement intéressant. Les grands trésoriers institutionnels s'attachent souvent aux retombées de leurs bonnes œuvres et négligent parfois des dossiers qui s'imposent quand ils savent qu'ils n'auront pas le bonheur de bénéficier d'un renvoi d'ascenseur.

        Quelque part dans ce pays, un établissement scolaire, partie isolée d'un ensemble plus vaste que l'on nomme collège a le malheur de vivre à l'écart d'un établissement flambant neuf. Les élus du conseil général n'ont pas cru bon dépenser davantage pour recevoir à plein temps des élèves de seconde zone, des enfants condamnés à la relégation sociale.

        Les murs qui accueillent cet îlot de désespérance scolaire appartiennent à la commune qui comme chacun le sait ici, n'a d'obligation que vis à vis de l'enseignement primaire. Ainsi, point de travaux pour les pauvres élèves perdus, ces enfants abandonnés entre deux juridictions. Les fenêtres des classes ne ferment plus, les rideaux ont depuis longtemps cessé de mettre un voile protecteur sur les rayons du soleil.

        La toile tendue aux murs donne des signes évidents de fatigue. Le plâtre fait son apparition de ci de là et marque un peu plus la dégradation des lieux. Les classes ne sont pas connectées au réseau internet en dépit des règles nationales. Impossible donc d'y utiliser un vidéo projecteur relié à un ordinateur pour exploiter les nombreux documents disponibles aujourd'hui pour presque tous les enfants de ce pays sauf les quelques malheureux d'ici..

        Protester ne servirait à rien, bien au contraire. La situation est si paradoxale en regard des obligations des uns et des autres que chacun pourrait, en toute mauvaise foi, décider de fermer la maison et faire ainsi substantielles économies sur le dos d'élèves dont les parents ne viendront jamais se plaindre.

        Alors taisons-nous et acceptons l'indigence quant nos voisins ont tout confort. Faisons semblant de faire notre travail quand nous ne disposons pas des outils modernes que la technologie a mis à la disposition des enseignants ordinaires. Taisons les difficultés de l'heure, il ne faut pas dénigrer une maison attaquée de toutes parts et surtout il est préférable d'indisposer des élus si prompts à la colère et si méprisants face au devoir de désobéissance éthique !

        Que les portes soient fermées en dehors des heures de rentrée, qu'il n'y ait plus de personnel à l'accueil pour recevoir les élèves en retard ou les coups de téléphone des parents n'a strictement aucune importance tant qu'il n'arrivera aucun accident. Que l'on impose aux élèves trouvant portail clos de se rendre seuls au collège distant de 1 500 mètres suppose beaucoup de naïveté. Certains ont compris que l'occasion était propice pour faire la belle et vadrouiller librement.

        Qu'un centre commercial se trouve à proximité, lieu d'attirance et de perdition par excellence n'a pas été pris en compte par ceux qui nous contraignent à réduire la voilure. Réduction des personnels, c'est la grande mode du moment. On ferme les yeux sur les dysfonctionnements, on se bouche les oreilles quand les plaintes montent des usagers et des professionnels.

        Mais on réagira fermement au premier fait divers. On s'indignera sur les antennes, on fera la queue aux journaux de TF1 ou France 2 pour annoncer un projet de loi, des mesures ou des circulaires pour pallier aux défaillances du système. Le grand jeu de l'indignation outragée, le classique du moment. Qu'un élève se fasse renverser ou agresser et ce sera le coup de projecteur national ! (Mais c'est déjà fait et personne ne l'a su ...)

        Alors, je laisse petite trace anodine, misérable récrimination d'un éternel mécontent pour attester le cas échéant qu'ils étaient au courant. Pire même, qu'ils avaient laissé faire avec la bonne conscience de ceux qui ne savent jamais. Si tout se délabre, au moins qu'il y ait quelques témoins courageux pour dire la vérité, celle qui n'est ni bonne à dire ni facile à entendre.
       
    Alertement leur.

Le luxe pour les élèves ordinaires :
Rentrée scolaire 2011 : le Loiret fête ses... par loiret

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