Partager l'article ! Délabrement ...: C'est pas moi, c'est l'autre ! Le myst ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Le mystère des financements est parfois belle occasion de ne rien faire quand le public concerné n'est pas électoralement intéressant. Les grands trésoriers institutionnels
s'attachent souvent aux retombées de leurs bonnes œuvres et négligent parfois des dossiers qui s'imposent quand ils savent qu'ils n'auront pas le bonheur de bénéficier d'un renvoi
d'ascenseur.
Quelque part dans ce pays, un établissement scolaire, partie isolée d'un ensemble plus vaste que l'on nomme collège a le malheur de vivre à l'écart d'un
établissement flambant neuf. Les élus du conseil général n'ont pas cru bon dépenser davantage pour recevoir à plein temps des élèves de seconde zone, des enfants condamnés à la relégation
sociale.
Les murs qui accueillent cet îlot de désespérance scolaire appartiennent à la commune qui comme chacun le sait ici, n'a d'obligation que vis à vis de
l'enseignement primaire. Ainsi, point de travaux pour les pauvres élèves perdus, ces enfants abandonnés entre deux juridictions. Les fenêtres des classes ne ferment plus, les rideaux ont depuis
longtemps cessé de mettre un voile protecteur sur les rayons du soleil.
La toile tendue aux murs donne des signes évidents de fatigue. Le plâtre fait son apparition de ci de là et marque un peu plus la dégradation des lieux. Les
classes ne sont pas connectées au réseau internet en dépit des règles nationales. Impossible donc d'y utiliser un vidéo projecteur relié à un ordinateur pour exploiter les nombreux documents
disponibles aujourd'hui pour presque tous les enfants de ce pays sauf les quelques malheureux d'ici..
Protester ne servirait à rien, bien au contraire. La situation est si paradoxale en regard des obligations des uns et des autres que chacun pourrait, en
toute mauvaise foi, décider de fermer la maison et faire ainsi substantielles économies sur le dos d'élèves dont les parents ne viendront jamais se plaindre.
Alors taisons-nous et acceptons l'indigence quant nos voisins ont tout confort. Faisons semblant de faire notre travail quand nous ne disposons pas des
outils modernes que la technologie a mis à la disposition des enseignants ordinaires. Taisons les difficultés de l'heure, il ne faut pas dénigrer une maison attaquée de toutes parts et surtout il
est préférable d'indisposer des élus si prompts à la colère et si méprisants face au devoir de désobéissance éthique !
Que les portes soient fermées en dehors des heures de rentrée, qu'il n'y ait plus de personnel à l'accueil pour recevoir les élèves en retard ou les coups de
téléphone des parents n'a strictement aucune importance tant qu'il n'arrivera aucun accident. Que l'on impose aux élèves trouvant portail clos de se rendre seuls au collège distant de 1 500
mètres suppose beaucoup de naïveté. Certains ont compris que l'occasion était propice pour faire la belle et vadrouiller librement.
Qu'un centre commercial se trouve à proximité, lieu d'attirance et de perdition par excellence n'a pas été pris en compte par ceux qui nous contraignent à
réduire la voilure. Réduction des personnels, c'est la grande mode du moment. On ferme les yeux sur les dysfonctionnements, on se bouche les oreilles quand les plaintes montent des usagers et des
professionnels.
Mais on réagira fermement au premier fait divers. On s'indignera sur les antennes, on fera la queue aux journaux de TF1 ou France 2 pour annoncer un projet
de loi, des mesures ou des circulaires pour pallier aux défaillances du système. Le grand jeu de l'indignation outragée, le classique du moment. Qu'un élève se fasse renverser ou agresser et ce
sera le coup de projecteur national ! (Mais c'est déjà fait et personne ne l'a su ...)
Alors, je laisse petite trace anodine, misérable récrimination d'un éternel mécontent pour attester le cas échéant qu'ils étaient au courant. Pire même,
qu'ils avaient laissé faire avec la bonne conscience de ceux qui ne savent jamais. Si tout se délabre, au moins qu'il y ait quelques témoins courageux pour dire la vérité, celle qui n'est ni
bonne à dire ni facile à entendre.
Alertement leur.
Le luxe pour les élèves ordinaires :
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