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Ma Fille Liger

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La Fille Ligère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

A sa naissance on lui fit

Un berceau d'une gerbe de joncs

Elle aurait grandi au Puy

Avant de rejoindre des garçons

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Ils étaient tous marins

Cœurs gros et mœurs légères

Ils suivirent son chemin

Jusqu'à sa tribu Liger

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

En été elle se prélasse

Alanguie, elle prend tout son temps

C'est sans fin qu'elle rêvasse

S'endormant le long de ses bancs

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

Et en automne, elle forcit

Elle redevient fréquentable

Mais si elle reste dans son lit

C'est pour se faire plus aimable

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Et en hiver elle s'emporte

En roulant sa colère

Tout en se faisant plus accorte

À tous les marins en galère

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

C'est au printemps elle se lâche

Débordant de toutes parts

C'est alors qu'elle se fâche

Et nous refuse le départ

 

 

C'est une fille sauvage

Qui vous conduit dans son lit

C'est une femme rivage

Qui s'écoule à l'infini

 

 

Elle n'est jamais aussi belle

Qu'en notre soleil levant

Lorsque la brume l'éveille

À ses petits matins naissants.

 

 

C'est une Loire volage

Qui roucoule dans son lit

C'est un fleuve visage

Qui coule sans soucis.

 

 

Ligèrement vôtre

IGP6422

Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 06:46
- Publié dans : Carton rouge - Communauté : Secrets d'école
T'as le bonjour d'Alfred.







    Bien qu'il ne s'appelle pas Alfred, notre bon président aurait pu tenir ce propos en venant sans honte ni gène présenter ses vœux au corps enseignant. Voilà bien là la démarche la plus iconoclaste qui soit, entreprise par un individu qui n'a eu de cesse de méthodiquement, systématiquement, méticuleusement briser l'Éducation Nationale afin de préparer sa mise à mort si par malheur il était de nouveau élu.

    Notre Alfred va laisser la grande maison dans un état de délabrement qui n'a aucun précédent dans l'histoire de l'éducation depuis la création de ce vaste projet de cohésion sociale entrepris à partir de la troisième république. À des fins idéologiques qui sont tout sauf humanistes, il a cassé ce bastion de l'ascenseur social, il a dénigré les enseignants, il a installé les conditions d'un effondrement complet de cette institution.

    Jamais il n'y eut autant d'attaques de toutes part contre ce qui était, il y a peu encore un des joyaux de notre République. Il a réduit à néant la bonne opinion qu'avaient jusqu'alors les Français des professeurs et des maîtres. Par un savant dosage d'attaques perfides, de remarques acerbes, de propos déplacés, il a injecté un virus mortel. Les enseignants ne travaillent pas, ils ont trop de privilèges, ils ne font pas correctement leur travail, ils ne sont pas aptes à porter les valeurs morales, ils sont idéologiquement dangereux, ils sont incapables de comprendre la réalité du monde économique, ils sont nuisibles ….

    Puis, le mal dans la place, il a coupé les fruits. Le non remplacement d'un enseignant partant à la retraite sur deux fut le coup de grâce porté à une institution qui subissait de plein fouet les effets conjoints du dénigrement systématique de ses représentants et des dégâts considérables d'une télévision mise entièrement au service de la béatification de masse. Plus ça va, moins ça va dans les classes où des enfants en perte totale de repères et de cadres font à peu près ce qu'ils veulent sous le regard souvent bienveillant de parents découragés et qui ne croient plus en la possibilité de promotion par le savoir. Dans ce contexte, augmenter le nombre d'élèves par classe, c'est s'assurer de l'inefficacité totale du système.

    Car, voyez-vous, les amis d'Alfred ne souhaitent pas avoir en face d'eux de futurs travailleurs éduqués, capables de tenir une discussion ou bien de lire des ouvrages compliqués et tendancieux. Plus le prolétariat de demain sera sous-éduqué, plus les masses seront malléables et taillables à merci. Seule l'éducation des élites doit être une priorité qu'il convient de mener à l'écart des enfants du peuple.

    Alfred, fort de cette mission ségrégative a poursuivi son travail de sape en privant petit à petit les établissement scolaires de moyens de fonctionner. La situation est telle, qu'il n'est plus possible de travailler dans les règles édictées par la nation. Il n'y a plus un livre par élève, tous les cours ne sont pas assurés, les remplacements ne se font plus, les sorties scolaires, les voyages éducatifs sont maintenant réservés à quelques privilégiés. L'école est en asphyxie financière et le pire est encore à venir.

    Pour aller plus avant dans la destruction de l'édifice, les tenants d'une éducation à plusieurs vitesses dont notre ami Alfred est le chef de file, ont dans leurs cartons de bien vilains projets. L'apprentissage dès 14 ans avec la fermeture des lycées professionnels pour confier au seul secteur privé la formation professionnelle de base. La fin des grandes vacances et la création de trois zones l'été pour servir les marchands de vacances (avec une amplitude de plus de trois mois) et anéantir définitivement le baccalauréat bien trop cher.

    Puis Alfred s'en prend au statut même de ceux qu'il veut mettre à genoux. Les enseignants seraient choisis par des chefs d'établissement qui jugeraient les personnels sur leur bonne mine et surtout sur leur conformité idéologique, ne nous y trompons pas. La révolution de l'évaluation s'inscrit dans cette démarche en contraignant les professeurs à valider des compétences que leurs élèves n'ont même pas acquises pour satisfaire à l'illusion d'un travail accompli.

    L'homme qui a fait le moins pour l'école, celui a provoqué la plus grande crise que cette institution ait jamais connu, celui qui a décidé la mort de cette grande et belle idée, viendra benoîtement souhaiter ses bons vœux à ceux qu'il est en train de martyriser avec un sadisme inégalé. Pas de gène, pas d'état d'âme chez ce monsieur. Il gratifiera les quelques personnes présentes ce jour-là de grimaces et de promesses, de paroles de compassion et de propos enflammés célébrants des jours meilleurs grâce à l'effort de tous.

    Il aura le couteau caché derrière son dos et avant la fin du prochain mandat, il frappera le coup de grâce de notre belle et noble école républicaine en disant d'un rire narquois : «  T'as le bonjour d'Alfred ! ». Qu'il sache en tout cas que nous sommes des milliers à ne pas être dupes de ses noirs desseins et que nous lutterons jusqu'au bout de nos forces et dans les marges de la légalité pour sauver ce qui fit l'honneur de notre pays et qu'il veut mettre à mort pour faire de l'éducation un nouvel espace marchand pour le profit de quelques-uns !


    Rebellement sien



Vidéo :
Patrick Topaloff - t'as le bonjour d'alfred (1974) par Leroidukitch

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