Partager l'article ! Des Carnutes aux Cathares à Treignac en Corrèze: Le miracle de la Saint Eustache Croix de bois – Croix de pierre ...
La Fille Ligère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
A sa naissance on lui fit
Un berceau d'une gerbe de joncs
Elle aurait grandi au Puy
Avant de rejoindre des garçons
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Ils étaient tous marins
Cœurs gros et mœurs légères
Ils suivirent son chemin
Jusqu'à sa tribu Liger
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
En été elle se prélasse
Alanguie, elle prend tout son temps
C'est sans fin qu'elle rêvasse
S'endormant le long de ses bancs
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en automne, elle forcit
Elle redevient fréquentable
Mais si elle reste dans son lit
C'est pour se faire plus aimable
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Et en hiver elle s'emporte
En roulant sa colère
Tout en se faisant plus accorte
À tous les marins en galère
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
C'est au printemps elle se lâche
Débordant de toutes parts
C'est alors qu'elle se fâche
Et nous refuse le départ
C'est une fille sauvage
Qui vous conduit dans son lit
C'est une femme rivage
Qui s'écoule à l'infini
Elle n'est jamais aussi belle
Qu'en notre soleil levant
Lorsque la brume l'éveille
À ses petits matins naissants.
C'est une Loire volage
Qui roucoule dans son lit
C'est un fleuve visage
Qui coule sans soucis.
Ligèrement vôtre
Le miracle de la Saint Eustache
Croix de bois – Croix de pierre
Il est des jours où le destin bascule pour de petits riens, des broutilles qui tournent dans le bon sens. Aujourd'hui, le premier tournant fut cette envie étrange de consulter mes mails avant que de partir sur cette route de solitude.
Six heures, Jacques le marinier a laissé un message sur mes chroniques du Val. Il m'invite, si le cœur m'en dit et les jambes m'y portent, à Treignac en Corrèze chez son frère où il va passer dans la journée. Jacques a beau être un artiste, il ne maîtrise pas la communication pour autant. Je n'avais d'autre information que ces lignes laconiques.
Six heures et quart, je tiens un conciliabule avec moi-même et change immédiatement mon fusil d'épaule. Meymac, la destination prévue pour quérir des chaussures était à près de 40 kilomètres, Treignac avec seulement 30, joue les enjôleuses.
Je ne résiste pas à un argument pareil et je me lance à l'assaut de ce magnifique village de Corrèze qui appartient au gratin des cités touristiques d'exception. Six heures trente, le petit matin se pare de brume et de fraîcheur. J'avance alors d'un bon pas …
Sur la route, deux heures plus tard, je croise un autre voyageur solitaire. Il vient de Nantes, descend vers le Massif Central pour aller découvrir le Mont Gerbier de Joncs. Ensuite, il remontera le cours majestueux de la fille Ligère, le plus beau fleuve du Monde ! Il réalise ce périple au moyen d' une bicyclette, transportant tout son barda avec un équilibre parfait.
Il m'accompagnera deux ou trois kilomètres et fut ainsi mon premier compagnon de route. Nous discourûmes de nos épreuves personnelles, des avantages du véhicule à deux roues sur celui à deux chaussures. Puis hélas, il montra la supériorité de son engin en filant loin de moi.
La suite fut un long chemin de croix. Croix de bois toutes neuves pour dynamiser cet itinéraire bis de Compostelle qui manque d'adeptes pour l'heure. Croix de Pierre qui rappellent un passé où le pèlerin n'allait pas systématiquement en train au Puy en Velzy. A chaque station de ce chemin de croix, je chantonnais : « Croix de bois, croix de fer, je vis un bel enfer ! , Croix de bois, croix de fer, que suis-venu faire dans cette galère ! »
Pourtant, tout finit par arriver à celui qui surmonte sa souffrance. J'atteignis Treignac paré du maigre message cité en introduction. Comment trouver un frère dans une botte de foin ? L'annuaire fut évidemment ma première idée, mais le diable d'homme se refuse à la publicité et à la célébrité.
Une bonne samaritaine flanquée de son mari se mit en demeure de m'aider à découvrir mon inconnu. Nous allâmes dans le bistrot de la ville, pensant que le cadet avait les mêmes mœurs que son aîné.
L'homme est tempérant et inconnu des bistrotiers. Nous avions dans notre poche, un petit atout de plus, l'accent lorrain ne doit pas passer inaperçu chez les gens de cet oc naissant.
Nous errions dans le village à la recherche d'un indice quand il nous vint à l'idée d'aborder un beau ténébreux roulant cigarette et pointe de sa barbichette, tailleur de pierre de son état. Il y a des arcanes de la pensée qu'il est parfois préférable de ne pas chercher à comprendre.( Alexandre connaît Paul le frère du sus-nommé marinier. Catherine, son épouse fraîchement remerciée de la boulangerie locale, se fit un plaisir de m'y conduire pour boire le café et tailler une bavette avec son collègue. J'arrivai ainsi avant ceux qui m'avaient recommandé, forts surpris de me trouver là.
Ainsi, ce soir, je suis logé, lavé, rincé, blanchi et habillé. Le lorrain est accueillant et ne se formalise pas de ne pas avoir été prévenu par le grand frère artiste.
Lorrainecorrèzement vôtre.
Ce samedi soir, je suis à Aubazine.
Demain dimanche j'envisage Collomges La Rouge ou Meyssac.
Si vous connaissez quelqu'un qui connait quelqu'un... qui pourrait me recevoir !
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